Courtes Notes sur l’Épître de Paul à Tite
Smith Hamilton [ajouts bibliquest entre crochets]
Traduction d’après l’anglais de Stem Publishing
Sur fond grisé, texte Biblique selon la version J.N.Darby
Table des matières :
Le grand sujet de l’épître à Tite est le maintien de la piété qui sied aux chrétiens, dans leurs vies individuelles, leurs relations sur la terre et leur attitude face au monde.
Dans cette épître, l’apôtre ne présente pas l’ordre et le comportement qui devrait nous caractériser quand nous nous rassemblons en assemblée comme dans la première épître aux Corinthiens, mais il nous instruit sur la conduite qu’il nous convient de mener dans nos vies privées. C’est sûrement de la première importance, car il est possible de veiller beaucoup sur notre comportement extérieur lorsque nous nous trouvons rassemblés, et d’être pourtant négligents à l’intérieur du cercle familial, avec nos relations d’affaires et devant le monde. La négligence dans la vie privée nous mènera certainement à l’hypocrisie qui présente un beau témoignage en public pour camoufler une marche de bas niveau en privé. Beaucoup de la faiblesse qui marque les assemblées de Dieu, y compris celles qui s’assemblent selon l’Écriture, ne provient-elle pas de cette négligence dans la vie privée ?
Au cours de cet épître, l’apôtre insiste beaucoup sur le lien entre la vérité et la piété. Si la vérité n’est pas maintenue, la piété échouera immanquablement; et si la piété n’est pas maintenue, la vérité sera discréditée. Néanmoins, l’apôtre ne présente ni la doctrine ni le maintien de la saine doctrine comme sujet principal, comme dans les épîtres à Timothée. Il met l’accent surtout sur l’importance du bon comportement qui est cohérent avec la doctrine vraie.
Dès le premier chapitre, nous apprenons quelles sont les qualités qui devraient caractériser les personnes qui s’occupent des soins des enfant de Dieu, tenir ferme la vérité et reprendre ceux qui sont dans le désordre.
Le second chapitre nous présente le comportement qui nous convient comme individus dans les différentes sphères de la vie et qui est cohérent avec la grâce de Dieu par laquelle nous avons été si richement bénis.
Nous apprenons du ch. 3 quelle est la bonne attitude, en tant que chrétiens à l’égard du monde, qui soit cohérente avec la bonté et l’amour de Dieu à l’égard des hommes.
1 Paul, esclave de Dieu, et apôtre de Jésus Christ selon la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité qui est selon la piété, 2 dans l’espérance de la vie éternelle que Dieu, qui ne peut mentir, a promise avant les temps des siècles… ; 3 mais il a manifesté, au temps propre, sa parole, dans la prédication qui m’a été confiée à moi selon le commandement de notre Dieu sauveur, 4 — à Tite, mon véritable enfant selon la commune foi : Grâce et paix, de la part de Dieu le Père et du christ Jésus notre Sauveur !
Les versets d’introduction sont d’une importance très profonde car l’apôtre y fait brièvement allusion aux grandes vérités fondamentales du christianisme qui sont la base de notre marche pratique comme croyants, et qui gouvernent nos vies individuelles devant Dieu tout comme dans nos relations les uns avec les autres et notre attitude à l’égard du monde.
L’apôtre parle des croyants en tant qu’« élus de Dieu ». L’élection de Dieu inclut tous ses élus, qu’ils soient Juifs ou Gentils, ce qui nous emmène en dehors du judaïsme qui ne reconnaît que la descendance juive. Puis, suit un résumé frappant des caractéristiques marquantes des élus de Dieu :
1. Premièrement, ces élus sont marqués par leur « foi » (1:1a) qui est la porte d’accès à toutes les bénédictions (Actes 14:27) et qui met le croyant à l’abri de l’œuvre de Christ et en relation avec Dieu. Elle fait contraste avec une religion professante qui consiste en cérémonies et en soumission à des ordonnances accessibles même à ceux qui ne sont pas régénérés par la foi en Dieu ;
2. Deuxièmement, « la foi » des élus de Dieu conduit à reconnaître la vérité (1:1b) en contraste avec les simples spéculations et raisonnements des hommes naturels au sujet de la vérité, « qui ne peuvent jamais parvenir à la connaissance de la vérité » mais qui « résistent à la vérité » et deviennent « réprouvés quant à la foi » (2 Tim. 3:7-8) ;
3. Troisièmement, l’apôtre nous rappelle que la vérité conduira toujours à une vie de piété (1:1c) en contraste avec l’erreur qui mène à l’impiété. En écrivant à Timothée, l’apôtre l’avertit contre ceux parmi les chrétiens « qui se sont écartés de la vérité », dont il dit qu’ils « iront plus avant dans l’impiété » et qu’ils « renversent la foi de quelques-uns » (2 Tim. 2:16-18). Dans ce passage de Tite, nous trouvons la « foi », la « vérité » et la « piété » liées ensemble, tandis qu’en Timothée, ce sont le renversement de la foi, l’erreur et l’impiété qui sont liés ensemble ;
4. Quatrièmement, la piété, ou « la persévérance à faire le bien » de l’élu le mènera vers l’« espérance » sûre et certaine « de la vie éternelle » (1:2), lorsque la piété recevra sa récompense brillante. Pensons, en contraste, à la portion des incroyants qui, par l’injustice, passeront à l’indignation et à la colère (Romains 2:6-8). Les espérances des Juifs ou des gens de ce monde, sont restreintes à la vie dans ce monde, et centrées sur des possessions terrestres, et sur les aises et la prospérité dans ce monde. L’espérance chrétienne est connectée avec une vie qui ne dépend ni des choses temporelles ni de ce monde. La vie éternelle a été promise avant « les temps des siècles » et elle relie le croyant avec les conseils de Dieu pour l’éternité. Tandis que nous traversons le monde, elle nous rend capables d’entrer en communion avec Dieu en tant que Père, et avec Son Fils Jésus Christ (1 Jean 1:3), et toute sa plénitude ne pourra être appréciée qu’au domicile de la vie éternelle. Ainsi donc, tout en ayant cette vie comme une possession présente, elle peut être aussi placée devant nous comme notre espérance ;
5. Cinquièmement, la vérité selon la piété et notre espérance ont été manifestées par la parole de Dieu (1:3a). Les croyants ne sont pas abandonnés à suivre des traditions ou les raisonnements de leurs propres pensées, mais ils ont l’autorité de la parole de Dieu dépourvue d’erreur, qui donne l’assurance des vérités qu’ils croient ;
6. Sixièmement, la vérité manifestée dans la Parole nous a été donnée à connaître par la « prédication » de l’apôtre qui lui avait été spécialement confiée (1:3b), avec toute l’autorité de Dieu, pour les Gentils et, comme nous le savons, pour être transmise par des « hommes fidèles qui soient capables d’instruire aussi les autres » (2 Tim. 2:2).
7. Et enfin (1:4), septièmement, la salutation de l’apôtre indique que si nous avons + à reconnaître la vérité, + à marcher selon la piété cohérente avec elle, + à avoir les yeux fixés sur l’espérance bénie vers laquelle elle conduit, + à comprendre la Parole qui déploie la vérité et + à la proclamer à d’autres, — nous avons tous besoin, comme Tite, de « grâce, miséricorde et paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Sauveur ».
5 Je t’ai laissé en Crète dans ce but, que tu mettes en bon ordre les choses qui restent [à régler], et que, dans chaque ville, tu établisses des anciens, suivant que moi je t’ai ordonné :
Après nous avoir présenté les vérités marquantes de la foi chrétienne, l’apôtre donne les raisons qui l’ont amené à écrire cette épître. Tite avait été laissé en Crête dans un double but : premièrement, mettre de l’ordre dans certaines choses qui faisaient défaut dans les assemblées de Crète ; secondement, nommer des anciens pour maintenir l’ordre. Pour mener à bien ce service, Paul écrit à Tite pour lui donner des directives précises afin qu’il puisse agir avec l’autorité de l’apôtre selon ces instructions.
Aujourd’hui, nous n’avons plus d’apôtres, ni de délégués d’apôtres qui puisse nommer des anciens. Pour n’importe qui, prétendre avoir cette autorité relèverait d’une simple prétention. On a remarqué qu’aucune épître adressée à des assemblées ne donne de directives dans ce sens, ce qui indique clairement qu’aucune autorité n’a jamais été donnée à des assemblées pour nommer des anciens ou pour choisir ses propres conducteurs. Néanmoins, nous pouvons profiter de ces directives pour apprendre quelles sont les qualités qui prouvent qu’un frère particulier soit propre à veiller aux intérêts du Seigneur, et à guider les autres dans le maintien de l’ordre et de la piété dans les assemblées locales.
On notera que ce n’est pas la possession d’un don remarquable qui rend un croyant apte à un tel service, mais ce sont plutôt des qualifications morales. Il doit être irréprochable, non seulement quant à sa conduite personnelle, mais également dans les circonstances de la vie au sein de sa famille et dans ses relations avec les autres. Quelqu’un (WK) a dit : « Si nous honorons les évangélistes et les docteurs (ou enseignants), nous devrions également apprécier ceux qui se dévouent jour après jour, de manière similaire mais plus discrète, pour fortifier les liens d’affection et réprimer les sources de désordre, lesquelles, nous le savons bien, surgissent continuellement dans les assemblées chrétiennes ».
6 si quelqu’un est irréprochable, mari d’une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient pas accusés de dissipation, ou insubordonnés.
Celui qui voudrait chercher à maintenir l’ordre dans la maison de Dieu, doit premièrement démontrer qu’il maintient l’ordre dans sa propre maison. Il doit être irréprochable dans ses relations familiales : mari d’une seule femme, son foyer ne doit pas être sujet à des accusations de disputes ou d’insubordination.
7 Car il faut que le surveillant soit irréprochable comme administrateur de Dieu, non adonné à son sens [sans confiance excessive en soi], non colère, non adonné au vin, non batteur, non avide d’un gain honteux, 8 mais hospitalier, aimant le bien, sage, juste, pieux, continent [maître de soi, ou tempérant],
De plus, celui qui encourage la piété chez les autres, doit lui-même en être caractérisé. L’apôtre met en contraste l’impiété de la chair caractérisée par la volonté propre, la passion, la violence et la convoitise — avec la piété marquée par le fait d’être hospitalier, d’aimer le bien, être sobre, juste, saint et maître de soi.
9 tenant ferme la fidèle parole selon la doctrine, afin qu’il soit capable, tant d’exhorter par un sain enseignement, que de réfuter les contredisants.
Celui qui enseigne les autres dans la Parole doit lui-même tenir ferme « la fidèle Parole » qu’il a apprise par des « hommes fidèles » (2 Tim. 2:1-2). « Tenant ferme la fidèle parole » permettra d’un côté, d’encourager les enfants de Dieu par la saine doctrine, et de l’autre, de « réfuter les contredisants ». Ce n’est pas la connaissance de l’erreur qui nous en rend capable, mais la connaissance de la vérité – « tenant ferme la fidèle parole ». Nous avons besoin d’être « sages quant au bien, et simples quant au mal » (Romains 16:19).
10 Car il y a beaucoup d’insubordonnés vains discoureurs et séducteurs, principalement ceux qui sont de la circoncision [c’est-à-dire : des Juifs], 11 auxquels il faut fermer la bouche, qui renversent des maisons entières, enseignant ce qui ne convient pas, pour un gain honteux.
En contraste à ceux qui tenaient fermes à la vérité révélée par la « fidèle parole » qui mène à la piété, il y avait des hommes, dans ces premiers jours, qui étaient de « vains discoureurs », qui enseignaient l’erreur et trompaient ainsi les auditeurs, menant les enfants de Dieu vers l’impiété et renversant des maisons entières. De telles personnes étaient motivés par un gain honteux. Ces faux enseignants se trouvaient particulièrement parmi les Juifs qui s’opposaient à la vérité en cherchant à ramener les chrétiens à une religion de rituels et de cérémonies célébrées dans des temples, tout ce qui fait appel à la chair. Lorsqu’Il était ici-bas, le Seigneur a dénoncé les chefs d’un judaïsme corrompu comme étant des hypocrites qui honoraient Dieu de leurs lèvres, mais dont le cœur était éloigné de Lui. Ils avaient transformé la Maison de Dieu en une caverne de voleurs. La chair ne change pas, et ainsi, les assemblées chrétiennes sont en danger de relier une profession chrétienne aux formes extérieures de la circoncision, et cela se terminent en utilisant une profession religieuse comme source de gain.
12 Quelqu’un d’entre eux, leur propre prophète, a dit : «Les Crétois sont toujours menteurs, de méchantes bêtes, des ventres paresseux». 13 Ce témoignage est vrai ; c’est pourquoi reprends-les vertement, 14 afin qu’ils soient sains dans la foi, ne s’attachant pas aux fables judaïques et aux commandements des hommes qui se détournent de la vérité.
Nous apprenons ensuite qu’en cherchant à maintenir l’ordre et la piété dans les assemblées chrétiennes, nous avons à prendre en compte les différentes caractéristiques des gens selon leurs circonstances particulières et leurs origines nationales, ce qui peut faire que la chair se manifeste par des vilénies particulières. Les circonstances des Crétois les poussaient spécialement à la tromperie, la paresse et la gloutonnerie – des caractères sur lesquels même leur propre prophète avait attiré l’attention. De telles manifestations de la chair, si contraires à la piété, exigeaient des réprimandes sévères afin qu’ils puissent être « sains dans la foi » et être ainsi préservés des fables judaïques et des commandements des hommes qui se détournent de la vérité.
15 Toutes choses sont pures pour ceux qui sont purs ; mais, pour ceux qui sont souillés et incrédules, rien n’est pur, mais leur entendement [manière de penser] et leur conscience sont souillés. 16 Ils professent de connaître Dieu, mais par leurs œuvres ils le renient, étant abominables et désobéissants, et, à l’égard de toute bonne œuvre, réprouvés.
Retourner aux faux enseignements et utiliser une profession religieuse pour obtenir des gains honteux, c’est ouvrir la porte à toutes les tendances naturelles de la chair, et de là, courir à l’impiété. Les âmes deviennent ainsi souillées dans leur entendement ou manière de penser, et dans leur conscience. Cela mène à la terrible condition où une profession religieuse se rattache à des œuvres qui renient Dieu en pratique. Aux yeux de Dieu, de tels professants sont « abominables et désobéissants, et à l’égard de toute bonne œuvre, disqualifiés ». N’est-ce pas une image solennelle de la chrétienté de ces derniers jours, qui a la « forme de la piété, mais en a renié la puissance » (2 Tim. 3:5).
1 Mais toi, annonce [litt.: parle, dis] les choses qui conviennent au sain enseignement :
Le second chapitre nous présente la piété cohérente avec la saine doctrine, ou sain enseignement, auquel l’apôtre fait référence dans les v. 1, 7 et 10; on voit aussi l’aboutissement de cette piété. Paul parle du comportement qui convient aux chrétiens dans leurs vies personnelles et privées en relation les uns avec les autres. Nous apprenons ainsi que le christianisme affecte les plus petits détails de la vie de tous les jours, et que la saine doctrine veut conduire à une vie de piété à tous les stades et toutes les relations de notre chemin sur terre.
2 que les vieillards soient sobres, graves, sages, sains dans la foi, dans l’amour, dans la patience.
La piété se manifestera chez les hommes âgés par un esprit sobre, des manières sérieuses, de la discrétion en paroles et en actes. Ils seront sains dans la foi, dans l’amour, dans la patience.
3 De même, que les femmes âgées soient, dans toute leur manière d’être, comme il convient à de saintes femmes, — ni médisantes, ni asservies à beaucoup de vin, enseignant de bonnes choses,
Les femmes âgées seront marquées par un comportement qui convient à celles qui ont quelque chose à dire quant aux choses saintes. En raison de leur âge et de leur expérience de la vie, elles connaissent probablement beaucoup de gens ; qu’elles prennent garde afin que ces connaissances ne deviennent une occasion de calomnier. Leur âge et leurs infirmités peuvent nécessiter l’utilisation de stimulant, mais elles doivent prendre garde de ne pas devenir asservies à beaucoup de vin. En raison de leur âge et de leur expérience, elles devraient pouvoir enseigner ce qui est bien et bon, et ainsi être capable d’instruire tout particulièrement les plus jeunes femmes.
4 afin qu’elles instruisent les jeunes femmes à aimer leurs maris, à aimer leurs enfants, 5 à être sages, pures, occupées des soins de la maison, bonnes, soumises à leurs propres maris, afin que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée.
Les jeunes femmes devraient s’attacher à leurs maris et leurs enfants. Discrètes en paroles et en actions, décentes dans leurs habillements et leur conduite ; occupées des soins de la maison, bonnes et soumises à leurs maris, afin que rien dans leur vie ne puisse donner occasion à ce que la parole de Dieu soit blasphémée.
6 Exhorte de même les jeunes hommes à être sobres, 7 te montrant toi-même en toutes choses un modèle de bonnes œuvres, [faisant preuve] dans l’enseignement, de pureté de doctrine, de gravité, 8 de parole saine qu’on ne peut condamner, afin que celui qui s’oppose ait honte, n’ayant rien de mauvais à dire de nous.
Les jeunes hommes doivent également être discrets dans leurs paroles et leurs agissements. Tite, lui-même un jeune homme, est tout particulièrement exhorté à agir de manière à être un modèle, en bonnes œuvres et en doctrine. Nous apprenons à nouveau combien la vie et la doctrine sont intimément liées. D’un côté, si la vie n’est pas correcte, l’enseignement n’aura aucune force même s’il est correct ; d’un autre, prenons garde de ne pas nous contenter de bien vivre tout en étant indifférent à la saine doctrine. Nous devons éviter toute perversion de doctrine qui tendrait à corrompre la vérité. Nous devons également maintenir le sérieux dans l’enseignement et éviter ainsi les manières extravagantes qui feraient mépriser l’enseignement. De plus, nous devons veiller à utiliser des « paroles saines » et prendre garde à ne pas utiliser des mots ou des expressions courantes dans le monde, mais tout à fait hors de place dans les choses divines, car cela ferait que les gens condamneraient l’enseignement. En agissant à la lumière de ces exhortations, ceux qui voudraient s’opposer seraient réduits au silence, n’ayant rien de mal à dire de nous.
9 [Exhorte] les esclaves à être soumis à leurs propres maîtres, à leur complaire en toutes choses, n’étant pas contredisants ; 10 ne détournant rien, mais montrant toute bonne fidélité, afin qu’ils ornent en toutes choses l’enseignement qui est de notre Dieu sauveur.
Le serviteur ou l’esclave chrétien devrait être caractérisé par l’obéissance et accomplir ses tâches de manière qui le recommande à son maître terrestre. Ceci impliquait qu’ils se retiennent de contredire leur maître, ou de les voler, mais qu’au contraire, ils fassent preuve de toute fidélité. Agissant ainsi avec droiture vis-à-vis de leurs maîtres terrestres, ils orneraient en toutes choses l’enseignement « qui est de notre Dieu Sauveur ».
Les versets qui terminent ce chapitre donnent un résumé frappant des doctrines du christianisme qui mènent à la vie de piété. Le monde peut, dans une mesure, reconnaître et apprécier la bonne conduite à laquelle nous sommes exhortés dans la première partie du chapitre, mais il ne sait rien de l’œuvre de grâce dans les âmes des croyants dont parle l’apôtre dans la dernière partie du chapitre. La religion courante de notre temps est prête à prêcher la moralité et une bonne conduite, mais elle ignore la grâce de Dieu qui seule est la vraie source de toute piété. Il est, par conséquent, important que nos âmes soient bien établies dans la grâce de Dieu, sans quoi la moralité ne donnera aucune bénédiction durable.
11 Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes [ou : qui apporte le salut pour tous les hommes, est apparue],
L’apôtre nous présente enfin « la grâce de Dieu » comme le fondement de toute bénédiction chrétienne. Nous apprenons que la grâce nous apporte une bénédiction : elle nous enseigne comment vivre dans le monde actuel (2:12) — elle nous donne d’attendre une bienheureuse espérance pour l’avenir (2:13). — Puisque tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu, nous ne serions guère surpris si le jugement de Dieu était apparu. Mais le fait étonnant est que la première apparition du Seigneur Jésus a apporté la grâce de Dieu dans le monde ; car tandis que la loi est venue par Moïse, la grâce et la vérité sont venus par Jésus Christ. Et nous lisons encore : « Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il jugeât le monde, mais afin que le monde fut sauvé par lui » (Romains 3:23 ; Jean 1:17 ; 3:17). De plus, si le monde entier est « coupable devant Dieu », cette grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à « tous les hommes ».
Dès que nous ouvrons le Nouveau Testament, nous nous trouvons en face du fait béni que le temps était venu, dans l’histoire de ce monde en ruine et coupable, où Dieu intervenait pour le salut des hommes par l’apparition de notre Seigneur Jésus Christ, car nous lisons : « Et tu appelleras son nom Jésus (c.a.d. Sauveur) car c’est Lui qui sauvera Son peuple de leurs péchés » (Matthieu 1:21). Afin que ce salut soit accessible à tous, le Christ Jésus « s’est donné Lui-même en rançon pour tous » (1 Tim. 2:4-6). Depuis qu’Il est monté dans la gloire, le message demeure qu’« il n’y a de salut en aucun autre; car il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvé » (Actes 4:12). Ainsi, de la naissance de Christ jusqu’à Son ascension, nous voyons en Lui la grâce de Dieu qui apporte le salut à tous les hommes.
12 nous enseignant que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement,
Si la grâce de Dieu apporte le salut à tous les hommes, elle enseigne également ceux qui reçoivent la bénédiction par la foi en Christ quant à la manière de vivre une vie cohérente avec ce salut reçu par grâce. Ainsi au lieu de nous rendre indifférent quant à notre marche, la grâce veut nous conduire, non seulement à renier l’impiété et les convoitises mondaines, mais à vivre une vie de sobriété quant à nous-mêmes, de justice quant à nos relations avec les autres et de piété quant à Dieu. En vivant ainsi, le chrétien sera un vrai témoin de la grâce de Dieu « dans le présent siècle » qui, malheureusement, est marqué par l’impiété et la convoitise.
La sobriété nous délivrera d’idées enflées sur notre propre importance, et nous conduira à une estimation sobre de nous-mêmes en la présence de Dieu. Si nous vivons de manière juste, nous rendrons à tous leur dû. En vivant pieusement, nous agirons avec un esprit de révérence qui marche en secret devant Dieu, avec la confiance de la foi qui Lui apporte tout. C’est l’opposé de la religiosité affectée qui se revêt d’un costume religieux, qui fait de longues prières en public et n’a qu’une simple apparence extérieure pour gagner une réputation religieuse devant les hommes. Le croyant caractérisé par la sobriété, la justice et la piété, sera préservé de toutes excentricités, et présentera une vie équilibrée, qui convient à un témoin de la grâce de Dieu.
13 attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ,
Première révision lente jusqu’ici
De plus, la grâce débutée sur la terre, mène à la gloire. Elle nous donne une bienheureuse espérance au-delà du temps actuel, avec toute sa violence et sa corruption, qui sera introduit par « l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ ». À sa première apparition, nous avons vu « la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, comment étant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que pour sa pauvreté vous fussiez enrichi » — 2 Corinthiens 8:9. À sa seconde apparition, nous verrons « la gloire » de Christ. Nous avons vu qu’avec son humble grâce, il est devenu un étranger sans abri dans sa propre création sans avoir un endroit où poser sa tête. À sa seconde apparition, il sera manifesté en gloire comme « le bienheureux et seul souverain, le roi de ceux qui règnent, et le Seigneur de ceux qui dominent » (1 Tim. 6:14-15). Lorsqu’il apparaîtra en gloire, les croyants seront avec Lui, comme Lui, et parfaitement à la maison avec Lui, car la grâce qui apporte le salut nous rend capable d’atteindre la gloire. Si la grâce nous rend étrangers dans ce monde, elle fait que nous soyons à la maison dans la gloire du monde à venir.
14 qui s’est donné lui-même pour nous, afin qu’il nous rachetât de toute iniquité [état ou marche sans loi] et qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres.
La personne bénie, qui est certainement « le grand Dieu » et notre Sauveur, l’homme Christ Jésus – Qui viendra dans la gloire pour juger tous les méchants, est Celui de qui le croyant peut dire « Il s’est donné Lui-même pour nous », pour « nous racheter de toute iniquité » de manière à se former un peuple exclusivement pour Lui-même, qui sera zélé pour les bonnes œuvres qui marqueront la vie de piété vers laquelle la grâce mène. Il a donc établi une réclamation sur nous – une réclamation d’amour – pour que nous devrions être pour son plaisir. Christ est mort pour nous, et par conséquent nous ne devrions pas vivre pour nous-mêmes, mais pour Celui qui est mort pour nous et qui est ressuscité – 2 Corinthiens 5:15. Personne n’a une telle réclamation sur nous que celle de Christ car, comme quelqu’un a dit : « Qui, dans ce monde, parmi nos plus proches et nos plus chers, se soit donné pour nous ? » Vivre pour Son plaisir nous libérera de toute iniquité.
15 Annonce ces choses, exhorte et reprends, avec toute autorité de commander [litt.: autorité de commandement]. Que personne ne te méprise.
Déjà, l’apôtre a exhorté Tite d’annoncer « les choses qui conviennent au sain enseignement » et maintenant, à nouveau, il l’instruit non seulement d’annoncer mais plus encore, d’exhorter ses auditeurs à les suivre, et si nécessaire à reprendre toute opposition. Il ne devait pas être gêné si quelqu’un devait le mépriser parce qu’il était un jeune homme.
Après avoir été instruit sur la conduite convenable dans nos relations avec chacun, il nous est rappelé maintenant qu’elle doit être la conduite du chrétien en référence au monde que nous traversons.
1 Rappelle-leur d’être soumis aux principautés [ou : magistrats] et aux autorités, d’être obéissants, d’être prêts à toute bonne œuvre, 2 de n’injurier personne, de n’être pas querelleurs, [mais] modérés, montrant toute douceur envers tous les hommes.
Nous sommes appelés, en tant qu’élus de Dieu, à vivre hors du monde afin de partager la bienheureuse espérance de la venue en gloire de notre Sauveur Jésus Christ. En tant qu’étrangers dans ce monde, il ne relève pas de notre responsabilité d’interférer avec son gouvernement. Peu importe le caractère du pouvoir du monde, notre position est la soumission et l’obéissance aux lois. Peu importe le mal qui marque leurs œuvres, notre position est d’être prêt à toute bonne œuvre. Peu importe le caractère des dirigeants eux-mêmes, nous devons nous retenir de parler en mal de tout homme. Peu importe la violence ou l’injustice que nous puissions rencontrer, notre position est d’agir dans un esprit de bonté et de douceur qui refuse d’insister sur nos droits.
Nous savons qu’agir dans cet esprit n’est pas toujours facile, car naturellement, la violence, l’injustice, les insultes excitent le ressentiment dans nos cœurs, nous apportant des pensées de vengeance, si ce ne sont pas des dénonciations mues par la colère ou l’effort pour nous venger nous-mêmes – Romains 12:18-19.
3 Car nous étions, nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la malice [ou : méchanceté] et dans l’envie, haïssables, nous haïssant l’un l’autre.
Afin que nous puissions favoriser le refus de ces tendances de la chair et agir selon les exhortations reçues, Paul nous rappelle deux vérités :
Premièrement, si nous trouvons qu’il est difficile de répondre au mal par le bien, à la violence par la bonté, et aux insultes par la douceur, rappelons-nous que nous étions autrefois ignorants de la grâce de Dieu et qu’en ce temps-là, nous étions comme le monde, marqués par la désobéissance, les égarements, la méchanceté, la convoitise et la luxure. Il devient donc conséquent que nous puissions répondre dans un esprit de bonté et de douceur aux méchancetés des autres puisque nous en étions nous-mêmes coupables avant. Autrement, en répondant au mal par le mal, nous agirons selon la chair.
4 Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes [litt.: sa philanthropie] sont apparus, 5 il nous sauva, non sur le principe d’œuvres [accomplies] en justice, que nous, nous eussions faites, mais selon sa propre miséricorde, par le lavage de la régénération [c’est un changement de position, un état de choses nouveau ; comparer en Matthieu 19:28] et le renouvellement de l’Esprit Saint, 6 qu’il a répandu richement sur nous par Jésus Christ, notre Sauveur, 7 afin que, ayant été justifiés par sa grâce, nous devinssions héritiers selon l’espérance de [ou : selon l’espérance, héritiers de] la vie éternelle.
Deuxièmement, une autre grande motivation pour agir selon l’esprit de la grâce face aux autres, Paul nous rappelle la bonté et l’amour avec lesquels Dieu a agi envers les hommes ainsi que la miséricorde qui nous a sauvé du jugement que nous méritions. Puisque Dieu, dans sa miséricorde, nous a sauvé du monde et de ses maux, il nous convient d’agir en bonté et miséricorde pour ceux que nous rencontrons au cours de notre passage dans ce monde.
Souvenons-nous que nous n’avons pas été sauvés à cause d’œuvres méritoires que nous aurions faites mais par la miséricorde de Dieu. Non seulement sommes-nous sauvés du jugement, mais il nous a été donné une nouvelle vie et l’Esprit Saint pour la vivre. Par cette vie vécue par la puissance du Saint Esprit, nous sommes lavés de l’ancienne vie et de son ignorance, sa luxure, sa malice et de sa convoitise. Ainsi, nous sommes lavés avec le nettoyage qui marquera la régénération, lorsque dans les jours du Royaume tout sera renouvelé. Si nous sommes sauvés du monde et lavés de notre vieille vie, c’est en vue de l’héritage glorieux à venir où nous pourrons apprécier la vie éternelle dans toute sa plénitude.
8 Cette parole est certaine, et je veux que tu insistes sur ces choses, afin que ceux qui ont cru Dieu s’appliquent à être les premiers dans les bonnes œuvres : ces choses sont bonnes et utiles aux hommes.
La parole qui nous annonce ces grandes vérités est fidèle. Nous pouvons donc affirmer ces choses avec une grande confiance et exhorter ceux qui ont cru maintenir une conduite cohérent avec elles. Ces choses : la grâce de Dieu, la conduite vers laquelle elle dirige et l’espérance qu’elle donne, sont bonnes et profitables pour les hommes.
9 Mais évite les folles questions, et les généalogies, et les contestations, et les disputes sur la loi, car elles sont inutiles et vaines.
S’il se trouve des choses que nous pouvons affirmer comme bonnes et profitables, il y en aussi qui doivent être évitées. Il y a le danger d’occuper nos pensées avec les « folles questions », les généalogies, les contestations et les disputes au sujet de la loi. De telles choses ne sont pas profitables et sont vaines.
10 Rejette l’homme sectaire après une première et une seconde admonestation, 11 sachant qu’un tel homme est perverti et pèche, étant condamné par lui-même.
De plus, non seulement doit-on éviter certaines choses, mais il peut se trouver des personnes que nous devrions rejeter. Un hérétique n’est pas nécessairement quelqu’un qui enseigne une fausse doctrine. Selon l’Écriture, c’est une personne qui use de parti pris sur certains sujets. S’il est sourd après une première et une seconde réprimande, il est évident qu’il est perverti face au chemin que nous devons suivre et comme il a refusé toute réprimande, nous devons cesser tout autre rapport avec cette personne.
12 Quand j’enverrai Artémas auprès de toi, — ou Tychique, empresse-toi de venir auprès de moi à Nicopolis, car j’ai résolu d’y passer l’hiver. 13 Accompagne avec soin Zénas, le docteur de la loi [ou, peut-être : homme de loi, juriste], et Apollos, afin que rien ne leur manque ; 14 et que les nôtres aussi apprennent à être les premiers dans les bonnes œuvres pour les choses nécessaires, afin qu’ils ne soient pas sans fruit.
15 Tous ceux qui sont avec moi te saluent. Salue ceux qui nous aiment dans la foi. Que la grâce soit avec vous tous !
L’épître se termine sur un aperçu des soins pieux qui devraient exister parmi les saints en référence aux serviteurs du Seigneur et à ceux qui se dévouent pour le ministère. L’apôtre désire la compagnie de Tite, mais voyant le besoin en Crête, il lui demande de ne pas quitter avant qu’Artémas ou Tychique ne soit sur l’île. Il désire également que les croyants continuent dans leur travail temporel, non seulement pour répondre à leurs propres nécessités, mais également pour leur permettre de soutenir les besoins des serviteurs du Seigneur et ainsi produire des fruits abondants pour leur compte – Philippiens 4:17-18.