Hamilton Smith
Le grand sujet de l’épître à Tite est le maintien de la piété qui nous convient en tant que chrétiens, dans nos vies individuelles, dans nos relations terrestres et dans notre attitude vis-à-vis du monde.
Dans cette épitre l’apôtre ne dévoile pas l’ordre et le comportement qui devraient nous caractériser quand nous nous réunions en assemblée, comme dans la première épître aux Corinthiens, mais il nous instruit sur la conduite qui nous convient dans nos vies privées. Cela est certainement de la plus grande importance, car nous pourrions être excessivement soigneux dans notre comportement extérieur lors des réunions d’assemblée, et pourtant être négligents dans notre comportement dans le cercle familial, dans les relations professionnelles, et devant le monde. La négligence dans la vie privée conduira certainement à l’hypocrisie qui fait une belle profession en public pour couvrir une pauvre marche en privé. Ne pouvons-nous pas retracer beaucoup de la faiblesse qui caractérise souvent les assemblées de Dieu, même se réunissant selon l’ordre scripturaire, à cette négligence dans la vie privée ?
Au cours de l’épître, l’apôtre, encore et encore, insiste sur la relation entre la vérité et la piété. Si la vérité n’est pas maintenue, la piété manquera certainement ; si la piété n’est pas maintenue, la vérité tombera en discrédit. L’apôtre ne présente toutefois pas la doctrine, ni le maintien de la saine doctrine comme sujet principal, comme dans les épîtres à Timothée. Il insiste plutôt sur l’importance d’un bon comportement qui est en accord avec la vraie doctrine.
Dans le premier chapitre, nous apprenons quelles sont les qualités qui devraient caractériser ceux qui entreprennent de prendre soin du peuple de Dieu, de tenir ferme la vérité, et de reprendre les désordonnés.
Dans le deuxième chapitre nous est présenté le comportement qui nous convient comme individus, dans les différentes relations de la vie, et qui est en accord avec la grâce de Dieu par laquelle nous avons été si richement bénis.
Dans le troisième chapitre, nous apprenons quelle est notre bonne attitude comme chrétiens vis-à-vis du monde, en accord avec la bonté et l’amour de Dieu envers les hommes.
Tite 1
Tite 1:1-4
1 Paul, esclave de Dieu, et apôtre de Jésus Christ selon la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité qui est selon la piété, 2 dans l’espérance de la vie éternelle que Dieu, qui ne peut mentir, a promise avant les temps des siècles… ; 3 mais il a manifesté, au temps propre, sa parole, dans la prédication qui m’a été confiée à moi selon le commandement de notre Dieu sauveur, 4 — à Tite, mon véritable enfant selon la commune foi : Grâce et paix, de la part de Dieu le Père et du christ Jésus notre Sauveur !
Les versets d’introduction sont de la plus profonde importance, car l’apôtre y fait allusion aux grandes vérités fondamentales du christianisme qui forment la base de notre marche pratique comme croyants, gouvernent notre vie individuelle devant Dieu, comme dans nos relations les uns avec les autres, et notre attitude vis-à-vis du monde.
L’apôtre parle des croyants comme « des élus de Dieu ». L’élection de Dieu englobe tous les élus de Dieu, d’entre les Juifs ou d’entre les nations, et nous sort ainsi du Judaïsme qui ne reconnait que ceux qui sont de descendance Juive. Suit un résumé frappant des caractères remarquables des élus de Dieu :
Ils sont premièrement marqués par la « foi » qui est la porte pour toute bénédiction (Actes 14:27) et qui amène le croyant à l’abri de l’œuvre de Christ et en relation avec Dieu. Elle est en contraste avec un système religieux qui consiste en l’accomplissement de cérémonies et en la soumission à des ordonnances qui sont possibles pour l’homme non régénéré en dehors de la foi en Dieu.
Deuxièmement, « la foi » des élus de Dieu conduira à la connaissance de la vérité, en contraste avec les spéculations et les raisonnements des hommes naturels quant à la vérité, par lesquels non seulement ils ne « peuvent pas venir à la connaissance de la vérité », mais sont conduits à « résister à la vérité » et deviennent « réprouvés quant à la foi » (2 Timothée 3:7-8).
Troisièmement, il nous est rappelé que la vérité conduira toujours à la piété, en contraste avec l’erreur qui conduit à l’impiété. En écrivant à Timothée, l’apôtre l’avertit contre ceux qui dans le cercle chrétien se sont écartés de la vérité : il doit dire d’eux qu’« ils iront plus avant dans l’impiété » et qu’ils « renversent la foi de quelques uns » (2 Tim. 2:16-18). Dans ce passage de Tite, nous avons « la foi », « la vérité » et « la piété » liées ensemble. En Timothée, nous sommes avertis que le renversement de la foi, l’erreur et l’impiété vont ensemble.
Quatrièmement, la piété, ou « patiente persévérance en faisant le bien », des élus conduira à la sûre et certaine « espérance de la vie éternelle », quand la piété aura sa brillante récompense, en contraste avec la part des incrédules qui, par l’injustice, vont vers l’indignation et la colère (comp. Rom. 2:6-8). Les espérances d’un Juif, ou d’un homme du monde, sont limitées à la vie dans ce monde, et sont centrées sur les possessions terrestres, l’aise et la prospérité mondaines. L’espérance chrétienne est en relation avec une vie qui ne dépend pas des choses du temps, ou de ce monde. La vie éternelle a été promise avant « les temps des siècles » et relie les croyants avec les conseils éternels de Dieu. Alors que nous traversons le monde elle nous permet d’entrer en communion avec Dieu comme Père et avec Son Fils Jésus Christ (1 Jean 1:3), et on ne jouira de sa plénitude que dans la demeure éternelle de la vie. C’est pourquoi, alors que nous avons cette vie comme possession présente, elle peut aussi être placée devant nous comme notre espérance.
Cinquièmement, la vérité selon la piété, et notre espérance, a été manifestée par la « parole » de Dieu. Les croyants ne sont pas laissés à la tradition et aux raisonnements de leurs propres pensées, mais ils ont l’autorité de la parole sans erreur de Dieu comme assurance des vérités qu’ils croient.
Sixièmement, la vérité manifestée dans la parole nous a été donnée à connaitre par la « prédication » spécialement confiée à l’apôtre, avec toute l’autorité de Dieu, pour les nations, et, comme nous savons, pour être transmises à des « hommes fidèles » qui seront capables d’enseigner les autres » (2 Tim. 2:2).
Septièmement, la salutation de l’apôtre indique que si nous devons reconnaitre la vérité, marcher dans la piété qui est en accord avec elle, avoir devant nous l’espérance bénie vers laquelle elle conduit, comprendre la parole qui révèle la vérité et la proclame à d’autres, nous aurons chacun besoin, comme Tite même, de « grâce et paix, de la part de Dieu le Père et du christ Jésus notre Sauveur. »
Tite 1:5
5 Je t’ai laissé en Crète dans ce but, que tu mettes en bon ordre les choses qui restent [à régler], et que, dans chaque ville, tu établisses des anciens, suivant que moi je t’ai ordonné :
Après avoir placé devant nous les vérités remarquables de la foi chrétienne, l’apôtre indique les raisons qui l’ont conduit à écrire cette épître. Tite avait été laissé en Crète pour un double propos : premièrement pour régler certaines choses qui manquaient dans les assemblées de Crète ; deuxièmement pour établir des anciens afin de maintenir l’ordre. Pour accomplir ce service Paul écrit pour donner à Tite des directions claires pour qu’il puisse agir avec l’autorité de l’apôtre selon ses instructions.
Nous n’avons plus aujourd’hui d’apôtres, ni de délégués apostoliques, pour établir des anciens, et si quelqu’un revendiquait cette autorité ce ne serait qu’une simple prétention. Il a été relevé qu’il n’y a aucune direction dans aucune des épîtres adressées à des assemblées pour qu’elles établissent des anciens ou choisissent leurs propres conducteurs. Nous devrions toutefois certainement profiter de ces directions, et par elles apprendre quelles sont les qualités qui démontrent encore qu’un frère individuel est qualifié pour veiller sur les intérêts du Seigneur et guider les autres dans le maintien de l’ordre et de la piété dans les assemblées locales.
On notera que ce n’est pas la possession d’un don éminent qui qualifie un croyant pour un tel service, mais plutôt des qualifications morales. Il doit être irréprochable, non seulement dans sa conduite personnelle, mais dans les circonstances de la vie à la fois dans le cercle familial et dans ses relations avec les autres. Quelqu’un a dit : « tout en donnant aux évangélistes et aux docteurs toute leur place, nous devrions aussi estimer ceux qui d’une façon similaire et moins voyante se dévouent eux-mêmes jour après jour pour fortifier les liens de l’affection et pour réprimer les sources de désordre qui, comme nous le savons tous, jaillissent continuellement dans les assemblées chrétiennes » (WK).
Tite 1:6
6 si quelqu’un est irréprochable, mari d’une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient pas accusés de dissipation, ou insubordonnés.
Celui qui chercherait à maintenir l’ordre dans la maison de Dieu, doit d’abord montrer qu’il peut maintenir l’ordre dans sa propre maison. Il doit être irréprochable dans ses relations de famille, le mari d’une seule femme, et sa maison doit être exempte de toute accusation de dissipation et d’insubordination.
Tite 1:7-8
7 Car il faut que le surveillant soit irréprochable comme administrateur de Dieu, non adonné à son sens [non présomptueux (sans confiance excessive en soi)], non colère, non adonné au vin, non batteur, non avide d’un gain honteux, 8 mais hospitalier, aimant le bien [ou : les gens de bien], sage, juste, pieux, continent [maître de soi, ou tempérant],
En outre, celui qui voudrait insister sur la piété auprès des autres, doit lui-même être marqué par la piété. L’apôtre fait ainsi un contraste entre l’impiété de la chair, marquée par la propre volonté, la passion, la violence, et la convoitise, avec la piété, marquée par l’hospitalité, l’amour du bien, la sobriété, la justice, la piété, et la tempérance.
Tite 1:9
9 tenant ferme la fidèle parole selon la doctrine, afin qu’il soit capable, tant d’exhorter par un sain enseignement, que de réfuter les contredisants.
De plus, celui qui voudrait instruire les autres dans la parole, doit lui-même tenir ferme « la fidèle parole » selon qu’il a lui-même été enseigné par des « hommes fidèles » (comp. 2 Tim. 2:1-2). « Tenir ferme la fidèle parole » nous permettra, d’un côté, d’exhorter le peuple de Dieu par la saine doctrine, et d’un autre côté, « de réfuter les contredisants ». Ce n’est pas la connaissance de l’erreur qui nous permettra d’y faire face, mais la connaissance de la vérité – « tenant ferme la fidèle parole ». Nous avons besoin d’être « sages quant au bien, et simples quant au mal » (Rom. 16:19).
Tite 1:10-11
10 Car il y a beaucoup d’insubordonnés vains discoureurs et séducteurs, principalement ceux qui sont de la circoncision [c’est-à-dire : les Juifs], 11 auxquels il faut fermer la bouche, qui renversent des maisons entières, enseignant ce qui ne convient pas, pour un gain honteux.
En contraste avec ceux qui tiennent ferme la vérité révélée dans la «fidèle parole » qui mène à la piété, il y avait dans ces premiers jours des hommes « vains discoureurs » qui enseignaient l’erreur, séduisant ainsi leurs auditeurs, et conduisant à l’impiété parmi le peuple de Dieu en renversant des maisons entières. Ils étaient animés par la basse motivation du gain. Ces faux docteurs se trouvaient en particulier parmi les Juifs qui s’opposaient à la vérité en cherchant à entraîner de nouveau les chrétiens vers une religion de formes et de cérémonies extérieures, dans le culte du temple, qui plait à la chair. Lorsqu’il était ici, le Seigneur dénonçait les conducteurs d’un judaïsme corrompu comme étant des hypocrites qui honoraient Dieu de leurs lèvres, mais avec un cœur éloigné de Lui, et qui avaient changé la maison de Dieu en une caverne de voleurs. La chair ne change pas, et les assemblées chrétiennes sont ainsi confrontées au danger de lier avec une profession de christianisme les formes extérieures de la circoncision, ce qui se finit en utilisant une profession religieuse comme une source de gain.
Tite 1:12-14
12 Quelqu’un d’entre eux, leur propre prophète, a dit : «Les Crétois sont toujours menteurs, de méchantes bêtes, des ventres paresseux». 13 Ce témoignage est vrai ; c’est pourquoi reprends-les vertement, 14 afin qu’ils soient sains dans la foi, ne s’attachant pas aux fables judaïques et aux commandements des hommes qui se détournent de la vérité.
Nous apprenons en outre qu’en cherchant à maintenir l’ordre et la piété dans les assemblées de Dieu, nous devons prendre en compte les différentes caractéristiques des personnes formées par leurs circonstances et leurs nationalités particulières, et qui peuvent conduire la chair à se manifester dans des maux spéciaux. Les circonstances des Crétois les rend particulièrement sujets à la tromperie, à la paresse et à la gourmandise – des caractéristiques sur lesquelles un de leurs propres prophètes avaient attiré l’attention. Ces manifestations de la chair, si contraires à la piété, requerraient de sévères réprimandes, afin qu’ils soient «sains dans la foi», et donc préservées des fables judaïques et à des commandements d’hommes qui se détournent de la vérité.
Tite 1:15-16
15 Toutes choses sont pures pour ceux qui sont purs ; mais, pour ceux qui sont souillés et incrédules, rien n’est pur, mais leur entendement et leur conscience sont souillés. 16 Ils professent de connaître Dieu, mais par leurs œuvres ils le renient, étant abominables et désobéissants, et, à l’égard de toute bonne œuvre, réprouvés.
Revenir à un faux enseignement, et de faire une profession religieuse pour un gain honteux, c’est ouvrir la porte à toutes les tendances naturelles de la chair et conduire ainsi à l’impiété. Les âmes deviendraient ainsi souillées dans « leur entendement et leur conscience ». Cela conduit à l’état terrible dans lequel une profession de Dieu est liée à des œuvres qui sont un déni pratique de Dieu. Aux yeux de Dieu, ces professants sont « abominables et désobéissants, et, à l’égard de toute bonne œuvre, réprouvés ». N’est-ce pas un tableau solennel de la chrétienté de ces derniers jours, « ayant la forme de piété, mais en ayant renié la puissance » (2 Tim. 3:5) ?
Tite 2
Tite 2:1
1 Mais toi, annonce [litt.: parle, dis] les choses qui conviennent au sain enseignement :
Dans le deuxième chapitre nous avons devant nous la piété qui est en accord avec, et le résultat de, la saine doctrine à laquelle l’apôtre fait référence dans les versets 1, 7 et 10. Le comportement dont l’apôtre parle est celui qui convient aux chrétiens dans leurs vies individuelles et privées en relation les uns avec les autres. Nous apprenons ainsi que le christianisme touche aux plus petits détails de la vie de tous les jours, et que la saine doctrine conduira à une vie de piété dans toutes les étapes et les relations de notre chemin sur la terre.
Tite 2:2
2 que les vieillards soient sobres, graves, sages, sains dans la foi, dans l’amour, dans la patience.
Pour les hommes âgés, la piété se manifestera dans la sobriété des pensées, la gravité du comportement, la sagesse dans les paroles et les actions, et le fait d’être sains dans la foi, dans l’amour, et dans la patience.
Tite 2:3
3 De même, que les femmes âgées soient, dans toute leur manière d’être, comme il convient à de saintes femmes, — ni médisantes, ni asservies à beaucoup de vin, enseignant de bonnes choses,
Les femmes âgées doivent être marquées par un comportement qui convient à celles qui ont affaire aux choses saintes. En raison de leur âge et de leur expérience de la vie elles auront probablement une grande familiarité avec les autres. Qu’elle soit attentive à ce qu’une telle connaissance ne devienne pas une occasion pour la médisance. Leur âge et leur infirmité peuvent rendre nécessaire l’usage d’un stimulant, mais qu’elles soient attentives à ne pas devenir esclave de beaucoup de vin. En raison de leur âge et de leur expérience elles devraient être capables d’enseigner ce qui est bon et juste, et ainsi d’une manière spéciale d’instruire les plus jeunes femmes.
Tite 2:4-5
4 afin qu’elles instruisent les jeunes femmes à aimer leurs maris, à aimer leurs enfants, 5 à être sages, pures, occupées des soins de la maison, bonnes, soumises à leurs propres maris, afin que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée.
Les plus jeunes femmes devraient être attachées à leurs maris et à leurs enfants ; sages (ou sobres) dans leurs paroles et dans leurs actions ; pures dans leur tenue et leur conduite ; diligentes dans taches de la maison ; bonnes, soumises à leur mari, de sorte que rien dans leur vie ne donne occasion pour que la parole de Dieu soit tournée en mépris.
Tite 2:6-8
6 Exhorte de même les jeunes hommes à être sobres, 7 te montrant toi-même en toutes choses un modèle de bonnes œuvres, [faisant preuve] dans l’enseignement, de pureté de doctrine, de gravité, 8 de parole saine qu’on ne peut condamner, afin que celui qui s’oppose ait honte, n’ayant rien de mauvais à dire de nous.
Les jeunes hommes doivent être sobres dans leurs paroles et dans leurs voies. Tite, lui-même, étant un jeune homme, est spécialement exhorté à agir d’une manière qui soit un modèle pour les jeunes hommes, à la fois dans les bonnes œuvres et dans la doctrine. Nous apprenons encore combien la vie et la doctrine sont intimement liées. D’un côté, si la vie n’est pas bonne, l’enseignement, aussi correct qu’il soit, n’aura pas de puissance ; d’un autre côté, gardons nous de nous satisfaire d’une bonne vie alors que nous sommes indifférents au sain enseignement. Quant à la doctrine, nous devons éviter toute perversion qui tendrait à corrompre la vérité. En outre, dans l’enseignement, nous devons maintenir la gravité et ainsi éviter toute extravagance qui apporterait du mépris sur l’enseignement. De plus, nous devons veiller à user de « parole saine » et nous garder d’employer des mots ou des expressions courantes dans le monde mais entièrement hors de place dans les choses divines qui amèneraient l’enseignement à être condamné. Si nous agissons à la lumière de ces exhortations, ceux qui cherchent à s’opposer se tairont, n’ayant rien de mauvais à dire de nous.
Tite 2:9-10
9 [Exhorte] les esclaves à être soumis à leurs propres maîtres, à leur complaire en toutes choses, n’étant pas contredisants ; 10 ne détournant rien, mais montrant toute bonne fidélité, afin qu’ils ornent en toutes choses l’enseignement qui est de notre Dieu sauveur.
Les esclaves chrétiens devraient être marqués par l’obéissance et accomplir leurs devoirs d’une manière qui les recommanderait auprès de leurs maitres terrestres. Cela implique qu’ils se gardent de contredire leurs maitres, ou de les dérober, mais au contraire qu’ils montrent toute fidélité ; ainsi, tout en agissant justement vis-à-vis de leurs maitres terrestres, ils orneront en toutes choses l’enseignement qui est de notre Dieu sauveur.
Dans les derniers versets du chapitre, nous avons un résumé frappant des doctrines du christianisme qui conduisent à la vie de piété. Le monde peut, dans une mesure, reconnaitre et apprécier la bonne conduire à laquelle nous sommes exhortés dans la première partie du chapitre, mais il ne connait rien de l’opération de la grâce dans les âmes des croyants, dont l’apôtre parle dans la dernière partie. La religion actuelle du jour est prête à prêcher la moralité et une bonne conduite, mais elle ignore la grâce de Dieu qui est seule la véritable source de toute piété. Combien il est donc important d’avoir nos âmes établies dans la grâce de Dieu, sans laquelle la moralité ne produira aucune bénédiction durable.
Tite 2:11
11 Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes [ou : qui apporte le salut pour tous les hommes, est apparue],
L’apôtre place maintenant devant nous « la grâce de Dieu » comme le fondement de toute notre bénédiction chrétienne. Nous apprenons que la grâce nous apporte la bénédiction, nous enseigne comment vivre dans le présent siècle (v.12), et nous donne d’attendre la bienheureuse espérance future (v.13). Etant donné que tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu, nous n’aurions guère été étonnés si le jugement de Dieu était apparu. Mais la chose incroyable est que la première apparition du seigneur Jésus a apporté la grâce de Dieu dans le monde ; car, alors que la loi est venue par Moïse, la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ. Nous lisons encore : « Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui » (Jean 1:17 ; 3:17). En outre, si « tout le monde » est « coupable devant Dieu », cette grâce de Dieu, qui apporte le salut, est apparue « à tous les hommes ».
En ouvrant le Nouveau Testament, nous sommes face à face avec la vérité bénie que le temps était venu, dans l’histoire de ce monde ruiné et coupable, où Dieu est intervenu pour le salut des hommes par l’apparition de notre seigneur Jésus Christ, car nous lisons : « tu appelleras son nom Jésus (c-a-d Sauveur), car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Matth. 1:21). Afin que ce salut soit accessible à tous, le christ Jésus « s’est donné lui-même en rançon pour tous » (1 Tim. 2:4-6). Et quand il a été élevé dans la gloire, le message est encore qu’il n’y a de salut en aucun autre : « car aussi il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés » (Actes 4:12). Ainsi, de la naissance de Christ jusqu’à Son ascension, nous voyons présentée en Lui la grâce de Dieu qui apporte le salut pour tous les hommes.
Tite 2:12
12 nous enseignant que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement,
Si la grâce de Dieu apporte le salut pour tous les hommes, elle enseigne également ceux qui reçoivent la bénédiction par la foi en Christ, à vivre une vie en conséquence. Donc, loin de nous conduire à être indifférents à notre marche, la grâce mènera, non seulement au reniement de l’impiété et des convoitises mondaines, mais, à une vie marquée par la sobriété quant à nous-mêmes, par la justice dans nos relations avec les autres, et par la piété en rapport avec Dieu. Vivant ainsi, le chrétien sera un vrai témoin de la grâce de Dieu « dans le cours actuel des choses » qui, hélas, est marqué par l’impiété et la convoitise.
La sobriété nous délivrera d’être enflés de notre propre importance et nous conduira à une estimation sobre de nous-mêmes dans la présence de Dieu. Si nous vivons justement, nous reconnaitrons les droits de tous. Si nous vivons pieusement, nous agirons dans un esprit de révérence qui marche en secret devant Dieu, et dans la confiance de la foi qui apporte tout à Dieu. C’est tout le contraire de la bigoterie qui conduit à revêtir un habit religieux, à faire de longues prières en public, et à une simple apparence extérieure, afin d’acquérir une réputation religieuse devant les hommes. Caractérisés par la sobriété, la justice et la piété, les croyants seront préservés de toute excentricité, et auront une vie bien équilibrée, ce qui convient aux témoins de la grâce de Dieu.
Tite 2:13
13 attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ,
En outre, la grâce commencée sur la terre conduira à la gloire. Elle nous donne une espérance bénie au-delà de ce présent siècle, et toute sa violence et sa corruption, qui sera introduite par « l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ ». A sa première apparition nous avons vu « la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, comment, étant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Cor. 8:9). A sa seconde apparition nous verrons « la gloire » de Christ. A sa première apparition, dans Son humble grâce, Il est devenu un étranger sans domicile dans Sa propre création, avec aucun lieu où reposer Sa tête. A sa seconde apparition Il sera manifesté en gloire comme « le bienheureux et seul Souverain, le roi de ceux qui règnent et le seigneur de ceux qui dominent » (1 Tim. 6:14-15). Quand il paraitra en gloire, les croyants seront avec Lui, et comme Lui. Si la grâce fait de nous des étrangers dans ce monde, elle nous fait aussi comme chez nous dans la gloire du monde à venir.
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Tite 2:14
14 qui s’est donné lui-même pour nous, afin qu’il nous rachetât de toute iniquité [état ou marche sans loi] et qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres.
Cette personne bénie – qui est en effet « le grand Dieu » et pourtant aussi notre Sauveur, l’homme christ Jésus – qui viendra en gloire pour s’occuper de tous les méchants en jugement, est celle dont les croyants peuvent dire : Il « s’est donné lui-même pour nous » « pour nous racheter de toute iniquité » pour se purifier pour Lui-même un peuple exclusivement à Lui, zélé pour les bonnes œuvres qui marqueront la vie de piété à laquelle la grâce conduit. Il a donc acquis des droits sur nous – des droits d’amour – afin que nous soyons pour Son plaisir. Christ est mort pour nous afin que nous ne vivions plus pour nous-mêmes, mais pour celui qui pour nous est mort et a été ressuscité (2 Cor. 5:15). Personne n’a de tels droits sur nous comme Christ, car, comme quelqu’un a dit : « qui dans ce monde, le plus proche ou le plus cher, s’est-il déjà donné pour vous ? » Vivre pour Son plaisir nous affranchira de toute iniquité.
Tite 2:15
15 Annonce ces choses, exhorte et reprends, avec toute autorité de commander [litt.: autorité de commandement]. Que personne ne te méprise.
L’apôtre a déjà exhorté Tite à annoncer « les choses qui conviennent au sain enseignement », et maintenant encore il l’instruit non seulement à annoncer ces choses, et ainsi à les exposer, mais à « exhorter » ces auditeurs à les pratiquer, et, si nécessaire à « reprendre » tout ce qui s’y opposerait. Il ne devait pas être empêché, si quelqu’un cherchait à verser du mépris sur lui parce qu’il était jeune.
Tite 3
Après avoir été instruits sur le comportement qui nous convient dans nos relations les uns avec les autres, il nous est maintenant rappelé la conduite qui devrait caractériser les chrétiens vis-à-vis du monde que nous traversons.
Tite 3:1-2
1 Rappelle-leur d’être soumis aux principautés [ou : magistrats] et aux autorités, d’être obéissants, d’être prêts à toute bonne œuvre, 2 de n’injurier personne, de n’être pas querelleurs, [mais] modérés, montrant toute douceur envers tous les hommes.
Comme élus de Dieu, nous sommes appelés hors de ce monde pour avoir part à la bienheureuse espérance de la gloire à venir de notre Sauveur Jésus Christ. Comme étrangers dans ce monde, il ne fait pas partie de notre responsabilité d’interférer avec son gouvernement. Quel que soit le caractère des pouvoirs mondains notre place est d’être soumis et obéissants vis-à-vis des autorités. Quel que soit le mal qui puisse caractériser leurs œuvres, nous avons à être prêts pour toute bonne œuvre. Quel que soit le caractère des dirigeants eux-mêmes, nous ne devons pas parler en mal de qui que ce soit. Quelle que soit la violence ou l’injustice que nous pourrions avoir à rencontrer, il nous revient d’agir dans un esprit de modération et de douceur qui refuse d’insister sur ses droits.
Nous savons qu’il n’est pas toujours facile d’agir dans cet esprit, car naturellement la violence, l’injustice et l’insulte, attisent le ressentiment dans nos cœurs, ce qui conduit à des pensées de vengeance, si ce n’est à des dénonciations coléreuses et à l’effort pour nous venger (Rom. 12:18-19).
Tite 3:3
3 Car nous étions, nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la malice [ou : méchanceté] et dans l’envie, haïssables, nous haïssant l’un l’autre.
Pour nous permettre de refuser les tendances de la chair, et agir conformément à ces exhortations, deux vérités nous sont rappelées:
Premièrement, si nous trouvons qu’il est difficile de répondre au mal par le bien, à la violence par la modération, et aux insultes par la douceur, rappelons-nous que nous-mêmes avons été une fois ignorants de la grâce de Dieu, et, en ces jours, nous avons, comme le monde, été marqués par la désobéissance, l’égarement, la convoitise, la méchanceté et l’envie. Cela étant, il nous convient sûrement de faire face dans un esprit de modération et de douceur, au mal dans les autres dont nous étions autrefois coupables. Agir autrement ne serait que retomber dans les agissements de la chair en rendant le mal pour le mal.
Tite 3:4-7
4 Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes [litt.: sa philanthropie] sont apparus, 5 il nous sauva, non sur le principe d’œuvres [accomplies] en justice, que nous, nous eussions faites, mais selon sa propre miséricorde, par le lavage de la régénération [c’est un changement de position, un état de choses nouveau ; comparer en Matthieu 19:28] et le renouvellement de l’Esprit Saint, 6 qu’il a répandu richement sur nous par Jésus Christ, notre Sauveur, 7 afin que, ayant été justifiés par sa grâce, nous devinssions héritiers selon l’espérance de [ou : selon l’espérance, héritiers de] la vie éternelle.
Deuxièmement, comme motivation encore plus grande à agir dans un esprit de grâce envers les autres, il nous est rappelé la bonté et l’amour dans lesquels Dieu a agi envers les hommes, et la miséricorde qui nous a sauvés du jugement que nous méritions. Si donc Dieu dans sa miséricorde nous a sauvés du monde et de ses maux, il nous convient de manifester la bonté et la miséricorde envers les autres en traversant le monde.
Rappelons-nous que nous n’avons pas été sauvés par des œuvres méritoires que nous aurions faites, mais par la miséricorde de Dieu. Non seulement nous sommes sauvés du jugement, mais une vie nouvelle nous a été communiquée, et le Saint-Esprit nous est donné pour vivre cette nouvelle vie. Par cette nouvelle vie vécue dans la puissance de l’Esprit Saint, nous sommes purifiés de la vieille vie et de son ignorance, de la convoitise, de la méchanceté et de l’envie. Nous sommes ainsi lavés de la purification qui marquera la régénération, quand, dans les jours du royaume toutes choses seront faites nouvelles. Si nous sommes sauvés du monde et purifiés de l’ancienne vie, c’est en vu de l’héritage glorieux à venir, dans lequel nous jouirons de la vie éternelle dans toute sa plénitude.
Tite 3:8
8 Cette parole est certaine, et je veux que tu insistes sur ces choses, afin que ceux qui ont cru Dieu s’appliquent à être les premiers dans les bonnes œuvres : ces choses sont bonnes et utiles aux hommes.
La parole par laquelle ces grandes vérités nous sont révélées est fidèle. Par conséquent, nous pouvons affirmer ces choses en toute confiance, et exhorter ceux qui ont cru à maintenir la conduite qui est en accord avec elles. Ces choses: la grâce de Dieu, la conduite à laquelle elle conduit, et l’espérance qu’elle donne, sont bonnes et utiles aux hommes.
Tite 3:9
9 Mais évite les folles questions, et les généalogies, et les contestations, et les disputes sur la loi, car elles sont inutiles et vaines.
S’il y a des choses dont nous pouvons affirmer qu’elles sont bonnes et utiles, il y a aussi des choses à éviter. Il y a le danger que l’esprit soit occupé de « folles questions », de généalogies, et de disputes relatives à la loi. Ces choses-là sont inutiles et vaines.
Tite 3:10-11
10 Rejette l’homme sectaire après une première et une seconde admonestation, 11 sachant qu’un tel homme est perverti et pèche, étant condamné par lui-même.
En outre, il n’y a pas seulement certaines choses à éviter, mais il peut aussi y avoir des personnes à rejeter. Un « hérétique » n’est pas nécessairement quelqu’un qui enseigne une fausse doctrine. Dans le sens biblique du terme, c’est quelqu’un qui fait un parti pour maintenir certaines vues. S’il est sourd à un premier et à un second avertissement, il est évident qu’il est perverti de la voie dans laquelle nous sommes appelés à marcher, et ayant refusé toute exhortation, nous devons éviter tout autre rapport avec lui.
Tite 3:12-15
12 Quand j’enverrai Artémas auprès de toi, — ou Tychique, empresse-toi de venir auprès de moi à Nicopolis, car j’ai résolu d’y passer l’hiver. 13 Accompagne avec soin Zénas, le docteur de la loi [ou, peut-être : homme de loi, juriste], et Apollos, afin que rien ne leur manque ; 14 et que les nôtres aussi apprennent à être les premiers dans les bonnes œuvres pour les choses nécessaires, afin qu’ils ne soient pas sans fruit.
15 Tous ceux qui sont avec moi te saluent. Salue ceux qui nous aiment dans la foi. Que la grâce soit avec vous tous !
L’épître se termine par un aperçu des soins selon Dieu qui doivent exister entre les saints en référence aux serviteurs du Seigneur et à ceux qui se consacrent au ministère. L’apôtre désire la compagnie de Tite, mais en voyant les besoins en Crète, il lui ordonne d’y rester jusqu’à ce qu’Artémas et Tychique arrivent dans l’île. Il désire également que les croyants continuent leur travail temporel, non seulement pour répondre à leurs besoins, mais aussi pour leur permettre d’aider à faire face aux nécessités des serviteurs du Seigneur, et ainsi à porter du fruit qui abonde pour leur compte (Phil. 4:17-18).