Création et chute de l’homme.

F.B. Hole

Le premier chapitre de la Genèse donne le récit divin de l’origine de toutes les choses visibles créées, et touche donc à des questions sur lesquelles la prétendue science voudrait avoir le monopole. Ce chapitre a donc été attaqué avec mépris par l’incrédulité depuis longtemps.

Cela ne doit pas perturber un instant de vrais croyants. Les attaques menées par l’incrédulité sont en réalité un hommage à la vérité attaquée ; elles trouvent toutes leur fondement dans l’étrange mélange d’un petit nombre de faits et d’un grand nombre de suppositions, déductions et spéculations, qui font office de ‘science’ quand la Bible est en cause. Si nous passons ce mélange au crible jusqu’à ce qu’il ne reste que quelques faits réels – des faits indéniables, comme le fait que le soleil existe dans les cieux – il n’y en a aucun qui soit incohérent avec la vérité merveilleuse communiquée divinement par Moïse en Genèse 1.

Notons quelques traits saillants de ce beau chapitre.

Le premier verset énonce le grand acte créateur originel par lequel Dieu a créé les cieux et la terre. Le verset 2 résume l’histoire. Depuis ce point Dieu se remet au travail et nous voyons non seulement que Dieu crée (Gen. 1:21, 27), mais qu’Il fait (Gen. 1:7, 16, 25), et qu’Il forme l’homme (Gen. 2:7). Les deux derniers mots sont utilisés lorsqu’il s’agit non pas de produire quelque chose à partir de rien, mais plutôt de façonner dans de nouvelles formes la matière déjà existante.

Le chapitre s’ouvre avec ‘Dieu’. Le mot utilisé en hébreu est Elohim, au pluriel, un mot remarquable. C’est d’autant plus frappant quand on sait que l’hébreu a, pour les noms, la forme au singulier, une forme pour désigner deux choses, et la forme pluriel qui est donc pour trois choses et plus. Or, le verbe ‘créer’ est au singulier ! Pourquoi cette apparente violation de la grammaire ? C’est afin qu’au tout début de la connaissance que nous faisons de Dieu, nous ayons une allusion à la vérité de la Trinité – trois personnes mais un seul Dieu – qui sera révélée clairement plus tard. Dans le verset 2, nous découvrons la mention de l’Esprit de Dieu et dans le Nouveau Testament, nous apprenons qu’à la création, l’action de créer est toujours attribuée au Fils, le Seigneur Jésus. « Son Fils ... par qui il a aussi créé les mondes » (Héb. 1:2). Le premier verset de la Bible contient donc la négation de l’Unitarisme.

Il contient également la négation du Panthéisme – une vieille idée répandue dans le monde païen. Cette idée a réapparu dans la chrétienté comme un des piliers de la ‘Nouvelle Théologie’. Le dieu du panthéiste est l’esprit ou l’essence de la Nature ; il s’exprime dans la Nature et n’est pas connu ni même conçu en dehors de celle-ci ; il est immanent à la Nature mais non transcendant au-dessus d’elle. Le Dieu du verset 1 est clairement Un, en dehors de la nature et infiniment au-dessus de celle-ci, vu qu’il l’a faite et qu’Il existait donc avant elle. Tout ce que nous appelons la nature procède de lui.

Un philosophe du XIXe siècle jugeait qu’il fallait présumer au moins cinq choses pour rendre compte de manière intelligible de l’univers : le temps, l’espace, la matière, la force et le mouvement. Il ne disait pas cela par respect pour la Bible, et pourtant ces cinq choses sont mentionnée dans les versets 1 et 2 :
1- ‘Au commencement’ – le temps,
2- ‘le ciel’ – l’espace,
3- ‘la terre’ – la matière,
4- ‘l’Esprit de Dieu’ – la force,
5- ‘planait’ – le mouvement.

Le verset 2 ouvre la présentation des six jours de travail. On dit souvent que ce sont les six jours de la création. C’est à tort, car il est dit : « En six jours, le Seigneur a fait les cieux et la terre. » (Exo. 20:11). Le principal travail de ces jours consistait à redéfinir le système terrestre et solaire pour offrir à l’homme que Dieu allait créer un lieu de résidence adapté. Commençant par la lumière, paraissent les différentes catégories de choses visibles jusqu’à l’homme qui se voit investi de la domination et du pouvoir. L’ordre observé dans le récit - la végétation, puis les arbres, puis les poissons, les oiseaux, le bétail, les choses rampantes, etc. - est tel que rien n’en est excepté.

Le quatrième jour présente des difficultés pour beaucoup, en raison d’idées scientifiques erronées, d’une part, la lumière (v. 3) venant avant le soleil (v. 16) étant considéré comme une impossibilité, et parce que les hommes n’ont pas lu soigneusement ce que disent les versets 14 à 18, d’autre part. Ces versets ne disent pas que le soleil et la lune ont été créés de la manière indiquée au verset 1 ; ils ont été faits comme ‘deux grands luminaires’ le quatrième jour. De plus, ils ont été placés en relation avec la terre, ou la terre en relation avec eux, pour qu’ils règnent sur le jour et sur la nuit, séparant la lumière des ténèbres.

Concernant la création de manière générale, il y a deux points qu’il ne faut pas oublier.

Premier point : tout ce que Dieu a créé était bon. Cela est dit cinq fois (v. 10, 12, 18, 21 et 25) à propos de la matière, animée ou non. Ces déclarations sont importantes, car la création bien ordonnée allait être rapidement envahie par le mal. Cela prouve que l’invasion du mal venait de l’extérieur et non pas de l’intérieur. Tout ce qui est sorti de la main de Dieu était parfait, sans souillure. Elles sont importantes, aussi, pour établir que la Science Chrétienne, cette terrible tromperie de Satan qui affirme que la matière est mauvaise en soi et que l’esprit est bon, est un mensonge. En vérité, la matière et l’esprit étaient bons, à l’origine, mais lorsque le péché est entré, il a d’abord pris place dans l’esprit – l’esprit d’Adam. Puis, par le biais de l’esprit, la matière a été corrompue. C’est ‘la pensée de la chair’ qui est ‘inimitié contre Dieu’ (Rom. 8:7).

Deuxième point : dès que la vie est abordée – vie impliquant la reproduction d’espèces, que ce soit l’herbe, les poissons, les oiseaux, les animaux rampants ou le bétail – la loi immuable qui régit ces reproductions se résume en trois mots : ‘selon son espèce’. Notre attention est attirée ici sur un fait qui se vérifie continuellement de mille manières. L’élevage et la sélection peuvent modifier une espèce dans certaines limites, mais rien ne peut altérer les espèces.

L’expression ‘selon son espèce’ figurent pas moins de dix fois en Genèse 1. Nous répétons qu’elle établit un grand Fait et nie la théorie de l’évolution. Notons à ce propos que Darwin, dans son livre ‘l’Origine des espèces’, utilise fréquemment des expressions telles que ‘les lois ... sont pour la plupart inconnues’, ‘les causes ... sont très obscures’, ‘notre ignorance est si profonde’, ‘comme nous n’avons aucun fait pour nous guider, la spéculation ... est presque inutile’, ‘aucune explication ne peut être donnée sur ces faits’. Il a même déclaré plus de huit cents fois : ‘Nous pouvons très bien supposer…’. Quel contraste avec le ‘Ainsi dit l’Éternel’ de la Bible !

La création de l’homme, mâle et femelle, fut le couronnement des six jours. L’homme a été créé à la ressemblance de Dieu. Il avait une ressemblance morale avec lui ; il possédait une intelligence, une raison, une volonté, et était sans péché car il était innocent. Il a été également créé à l’image de Dieu, c’est-à-dire comme son représentant dans cette création inférieure. C’est pourquoi il lui a été donné de dominer. L’homme était fait pour régner, mais comme administrateur de Dieu, et donc dépendant de Lui et lui obéissant. À cet égard, l’homme est seul, car les anges mêmes ont été créés pour servir et non pour régner. « Ne sont-ils pas tous des esprits administrateurs ? » (Héb. 1:14).

En Genèse 2:7, la création de l’homme est à nouveau mentionnée, mais dans un autre but. Nous avons ici le secret de sa constitution spirituelle, distincte de son corps. Celui-ci a été formé de la poussière du sol, mais l’esprit a été soufflé par Dieu lui-même. L’homme est une âme vivante au même titre que les autres êtres animés, mais l’homme est tel par le souffle de vie divin, ce que les bêtes ne sont pas ; c’est sa gloire distinctive.

Ensuite, il est dit que Dieu a planté un jardin et y a placé Adam avec l’heureuse activité de le cultiver et le garder. Il ne devait pas être oisif, même dans l’état d’innocence. Il n’avait qu’une seule interdiction : celle de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le chapitre 2 se termine en montrant comment Eve a été formée. Elle a fait l’objet spécial d’une œuvre de Dieu ultérieure ; elle a été tirée d’Adam. La race humaine est donc essentiellement une.

En refermant Genèse 2, Adam, le représentant de Dieu, domine sur la création terrestre et Eve, son aide, lui est associée. Il était sous la loi d’un seul commandement. Par conséquent, il se tenait devant Dieu sur le terrain de sa propre responsabilité. Obéissant, il demeurait dans la faveur divine et maintenait sa position ; désobéissant, il mourrait certainement.

Genèse 3 nous amène au grand drame. L’origine en est le serpent. Mais dans le serpent, nous discernons le diable, Satan, qui était entré dans le serpent pour mener à bien son dessein diabolique. La femme, Eve, en a été le moyen. Approchée par le serpent, elle a écouté, puis a pris les devants, ce qui n’était pas sa place, a agi et désobéi. Cependant, c’est Adam qui est le transgresseur responsable. L’Écriture parle toujours du péché d’Adam et 1 Timothée 2:14 nous en donne la raison. Adam n’a pas été trompé, c’est Eve qui l’a été. Manger de l’arbre défendu était donc un pur acte de défi vis-à-vis de Dieu. C’était de l’iniquité pure, et c’est cela l’essence même du péché.

Examinons soigneusement la façon dont le serpent a agi, pour notre instruction et notre avertissement, car ses ruses sont toujours les mêmes. Il visait à saper la confiance de la créature envers son Créateur, en s’employant avant tout à la rendre méfiante envers Dieu.

Il y est parvenu en trois étapes.

La première étape est la remise en question de la révélation divine : « Quoi, Dieu a dit ? ». Il savait que si la parole de Dieu était discréditée dans l’esprit de la femme, une brèche serait faite. Notons qu’il a tronqué les paroles, pour les remettre en question : « Quoi, Dieu a-t-il dit : Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ? » La femme a bien corrigé sa fausse citation mais a exagéré l’interdiction divine en ajoutant : « vous n’y toucherez pas », à ce que Dieu avait dit. Cela prouvait que le poison du doute avait commencé à agir dans son esprit.

Ayant pris l’avantage, le serpent continue en disant : « Vous ne mourrez pas, certainement », rendant ainsi Dieu menteur, en niant la menace de peine de mort. Il présentait le jugement de Dieu comme n’étant qu’une vaine menace.

Jusqu’ici, le serpent agissait par des affirmations négatives, maintenant il en vient à une affirmation positive et présente à la femme une tentation : « Vous serez comme Dieu ». Il affirmait que l’homme obtiendrait la divinité par cette désobéissance, et insinuait que Dieu savait qu’il en serait ainsi, c’est pourquoi, pour le leur cacher, par jalousie, Il leur avait interdit d’en manger.

Le diable n’agit que par des mensonges. Il a ajouté : ‘connaissant le bien et le mal’ (v. 5). C’était tout à fait vrai, mais il n’a pas dit qu’ils seraient sous le pouvoir du mal, sans avoir le désir de faire le bien. Dire les choses partiellement est souvent efficace pour tromper.

Ces trois mêmes points sont évidents dans les systèmes religieux d’aujourd’hui. Si variés qu’ils puissent être en apparence, une analyse approfondie montre qu’ils sont tous d’accord pour
1- Remettre en question la Parole de Dieu.
2- Nier la ruine et la mort.
3- Affirmer la divinité pour l’homme.

Ces trois points regroupés constituent ‘le mensonge’ qu’évoque probablement 2 Thessaloniciens 2:11.

Le mensonge a fait son œuvre mortelle dans l’âme d’Ève. Elle a cru le diable et s’est méfiée de Dieu, de sorte que la tentation du fruit défendu l’a assailli de toute sa force. Cela faisait appel à la convoitise de la chair en elle, car elle voyait que l’arbre était « bon à manger » ; à la convoitise des yeux, car l’arbre était « un plaisir pour les yeux » ; à l’orgueil de la vie, car l’arbre était « désirable pour rendre intelligent ». Sous l’effet de ce triple charme, « elle prit de son fruit et en mangea, et elle en donna aussi à son mari pour qu’il en mangea avec elle, et il mangea ».

Ainsi, ils ont délaissé Dieu pour un moment de plaisir. La graine qui devait produire une si terrible récolte était semée, et ils sont passés à l’acte.

Les conséquences apparurent aussitôt. Une mauvaise conscience, la peur de Dieu, la disposition à s’esquiver et même à blâmer Dieu pour ce qui était arrivé sont manifestes dans ce chapitre 3. Les conséquences gouvernementales de la désobéissance concernant le serpent, la femme et l’homme sont immédiates. Chacun reçoit une sentence appropriée sous laquelle ils se trouvent jusqu’à ce jour et que rien ne peut ôter. Le jardin de délices est perdu pour toujours.

Cependant, ce chapitre contient une chose que nous ne devons pas oublier : les premiers mots d’espoir quant à la venue de la semence de la femme qui renverserait les conséquences de cette journée fatale. Dès la nuit noire du drame tombée, la première étoile d’espérance est allumée par la main divine dans le ciel de l’homme. Toute l’Écriture, en particulier le Nouveau Testament, détaille ce que Genèse 3:15 impliquait.

Considérons maintenant quelques questions.

Beaucoup  ont des difficultés quant à l’origine du mal et aux raisons pour lesquelles Dieu l’a permis. Qu’en dit l’Ecriture ?

Nous avons déjà vu qu’il y a beaucoup de lumière sur l’origine et l’entrée du mal dans ce monde. Les Écritures indiquent également que c’est l’orgueil qui est à l’origine du péché du diable (1 Tim. 3:6). En Ézéchiel 28:11-19, le roi de Tyr semble être une image de la gloire originelle de Satan et de sa chute irrémédiable. Mais les Écritures sont silencieuses sur les raisons pour lesquelles Dieu, sachant tout ce que cela impliquerait, a quand même créé Satan et l’homme, et a permis au mal d’envahir toute sa belle création.

En fait, ces questions sont hors de portée d’esprits finis. Est-il possible que Dieu nous révèle les secrets de ses conseils élevés et éternels qui sont sur le plan de l’infini ? S’Il le faisait, serions-nous les plus sages ? Non ! Il est bon de nous arrêter ici et de dire avec le psalmiste : « connaissance trop merveilleuse pour moi, si élevée que je n’y puis atteindre » (Ps. 139:6).

Les géologues parlent des longues ères passées au cours desquels diverses couches de la croute terrestre et des restes de fossiles se sont déposés. Pourquoi la Bible n’en parle-t-elle pas ?

La Bible ne s’adresse pas à la curiosité, mais à la conscience et à ses besoins qui se sont éveillés. Ce n’est pas un manuel préliminaire pour les sciences, mais un guide divin pour connaître Dieu, la justice et le ciel. Il n’y a donc pas de place gaspillée pour des questions qui ne concernent pas son propos.

Notons que les scientifiques chrétiens comprennent bien que le déluge est la principale cause des fossiles et qu’ils ne parlent jamais de l’évolution.

Qu’en est-il de restes d’homme préhistorique dont on dit qu’ils sont très anciens ? Faut-il supposer que l’homme a existé avant Adam ou que plus de six mille ans se sont écoulés depuis son apparition ?

Supposer que l’homme existait avant Adam serait nier les Écritures. Il est « le premier homme » (1 Cor. 15:45). Quant aux six mille ans qui nous séparent d’Adam, ils sont estimés d’après la chronologie d’Ussher, mais il n’y a aucune certitude à ce sujet. Il a fait des calculs à partir de l’âge des patriarches et d’autres données historiques. D’autres ont fait ces calculs et il n’y en a pas deux d’accord. Quelques-uns en comptent un peu moins qu’Ussher, d’autres beaucoup plus. Là encore, la Bible reste silencieuse touchant cette question. Nous pouvons faire des calculs, mais le fait est que nous ne savons pas.

Si, toutefois, des gens nous disent qu’il est prouvé que des ossements humains sont très anciens, disons-leur poliment qu’en disant cela, ils ne prouvent que leur grande crédulité. L’ouvrage ‘Critique de l’évolution’ de T.B. Bishop, publié chez Oliphants à Londres, montre le mélange confus d’affirmations et de suppositions contradictoires qui caractérise ce sujet de la préhistoire (cet ouvrage contient hélas beaucoup de lacunes dans sa structure, mais il y a beaucoup de choses intéressantes).

Les six jours de Genèse 1 sont-ils des jours ordinaires de vingt-quatre heures ou de longues périodes ?

Le mot ‘jour’ est souvent utilisé dans les Écritures pour désigner de longues périodes. Il n’est donc pas surprenant que beaucoup de personnes lui attribuent ce sens en Genèse 1. Une telle interprétation, cependant, amène aussitôt dans de sérieuses difficultés.

Par exemple :

Pourquoi cette répétition « et il y eut soir, et il y eut matin » (v. 5, 8, 13, 19, 23, 31) ? Simplement parce qu’il s’agit d’un jour ordinaire – rappelons-nous que la journée juive commençait à 18 heures, par le soir. À plus grande échelle, cette expression indiquerait le début et la fin d’une période, mais ce fait évident ne serait pas digne d’être mentionné et encore moins d’être répété.

Autre exemple : l’homme fut créé le sixième jour, puis vint le septième jour, celui du repos, entre sa création et la chute. Ce jour a-t-il duré des milliers d’années ? C’est impossible, puisqu’Adam n’avait que cent trente ans lorsque Seth est né et qu’il a vécu neuf cent trente ans.

Autre exemple : Exode 20:8-11 présente le quatrième commandement concernant le sabbat. Dans ce passage les sept jours de la semaine et les sept jours de la création sont évoqués sans qu’il soit fait de différence entre ces jours respectifs. Nous pourrions affirmer que ces deux séries de jours sont entièrement différentes si d’autres passages de l’Écriture le prouvaient clairement, mais ce n’est pas le cas.

Nous acceptons donc ces jours comme étant des jours de vingt-quatre heures. Pour la foi, cela n’est pas plus difficile à accepter que d’y voir des milliers d’années.

Des objections ont été émises sur l’interdiction que Dieu a adressée à Adam, ainsi que sur le fait qu’une cause aussi bénigne que manger un fruit ait eu des conséquences aussi terribles. Que répondre à cela ?

Si Dieu n’avait rien interdit ni commandé quoi que ce soit à Adam, il n’y aurait rien eu qui rappelle leurs positions relatives : à savoir que Dieu était le Créateur à qui il fallait obéir, et qu’Adam était une créature qui  lui devait obéissance. Ce qui est étonnant, ce n’est pas que Dieu lui ait fait une interdiction, mais qu’il n’en a fait qu’une. Il y avait beaucoup d’arbres dans le jardin ; au lieu d’en garder quatre-vingt-dix-neuf et de ne lui en donner qu’un, Dieu lui en a donné quatre-vingt-dix-neuf et n’en a gardé qu’un !

Quant aux grands résultats découlant d’une cause apparemment mineure, n’en est-il pas souvent ainsi ? La première guerre mondiale est née d’un coup fatal tiré dans une petite ville des Balkans. Un train qui change de voie ne le fait pas quand elles sont distantes de plusieurs mètres, il le fait imperceptiblement sur un aiguillage ; l’espace n’est que de quelques millimètres là où se fait le changement.

Ainsi, Adam a glissé de la voie de l’obéissance par un acte qui semble bénin. Néanmoins, il a défié Dieu et la défiance n’est jamais plus flagrante et volontaire que lorsqu’elle concerne une petite chose où il n’est pas nécessaire d’agir et où l’on n’a aucune excuse si on agit.

La doctrine du ‘péché originel’ est-elle scripturaire ?

Le terme ‘péché originel’ ne se trouve peut-être pas dans la Bible, mais la vérité véhiculée par l’expression est assez juste. En Genèse 5:3, il est dit : « Adam vécut cent trente ans, et engendra un fils à sa ressemblance, selon son image ». Notons les mots en italique. À l’origine, il a été créé à la ressemblance de Dieu, mais au cours de sa brève période d’innocence, il ne s’est pas reproduit. Si cela avait été le cas, il aurait pu y avoir un autre homme à la ressemblance de Dieu. Il y a d’abord eu la chute, puis il a engendré des enfants à sa ressemblance comme créature déchue. La loi de Genèse 1 ‘selon son espèce’ s’est appliquée. Ainsi, en Romains 5:19, nous lisons que « par la désobéissance d’un seul homme, plusieurs ont été constitués pécheurs ». Tous ses descendants sont venus au monde, pécheurs dans leur constitution même. C’est ce que l’on entend par ‘péché originel’.

La vérité solennelle de la nature humaine corrompue n’est pas populaire. Si les hommes pouvaient l’effacer de l’Écriture, elle jaillirait quand même de tous les coins de la terre habitée. C’est un fait. Seule la Bible explique son origine et présente comment y remédier.

La peine était : « Au jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. » Pourtant, Adam a vécu neuf cent trente ans ! Comment concilier cela ?

Tout d’abord, en comprenant que la mort n’est pas une extinction de l’être, sinon on ne pourrait pas le concilier. La mort est d’abord une séparation d’avec Dieu lui-même, source de toute vie et de tout bonheur ; c’est aussi la séparation de l’esprit et de l’âme, du corps.

Le jour où il a péché, Adam est mort au premier sens du terme, c’est-à-dire qu’un gouffre infini s’est creusé entre lui et Dieu, comme le montre le récit. Il devint, dans le langage du Nouveau Testament, « mort dans ses fautes et dans ses péchés » (Éph. 2:1).

Neuf cent trente ans plus tard il rendit l’esprit et mourut, au second sens du terme. Finalement, à moins de s’être repenti et de croire, il serait jugé et jeté dans l’étang de feu, ce qui est une séparation éternelle et irrévocable de Dieu. C’est la ‘seconde mort’ chronologiquement, bien que ce soit l’aspect complet de la mort et donc, quant à sa signification, le sens primaire.

Deuxièmement, notons bien que la mort est tombée dans le jardin le jour même du péché d’Adam – pas sur lui personnellement, mais sur une ou des victimes innocentes avec la peau desquelles l’Éternel a fait des vêtements pour les coupables. Ainsi, dès le début, le témoignage a été rendu, par le moyen d’un type, au fait que la mort est le salaire du péché et à l’efficacité du sacrifice d’un substitut.

Pourquoi Dieu a-t-il empêché Adam de manger de l’arbre de vie ?

Parce que, comme il est dit, il aurait alors vécu à toujours. La mort n’aurait pu toucher son corps et il aurait été condamné à demeurer à jamais dans son état de péché – physiquement hors d’atteinte de l’emprise de la mort, et spirituellement mort et séparé de Dieu. Son exclusion de l’arbre de la vie semblait être un jugement supplémentaire, et il en était ainsi, mais elle contenait aussi en elle-même les germes d’une bénédiction ultime, dans la mesure où, au temps voulu de Dieu, la Mort deviendrait la porte de la vie éternelle. Si l’homme ne pouvait pas mourir physiquement, alors Christ n’aurait pas pu mourir et, par conséquent, Adam aurait été désespérément ruiné. Ainsi, le jugement de Dieu exécuté de bonne heure a servi sa miséricorde et a ouvert la voie au point culminant des siècles - la mort de Christ.