L’Enlèvement et l’Apparition

F.B. Hole

C’est un fait réel que le Seigneur Jésus va revenir ! Pourtant, beaucoup de gens, même de vrais croyants, semblent ne pas le croire. Cela leur semble une utopie ou du mysticisme, et ils ne peuvent s’empêcher de penser que ceux qui l’annoncent avec enthousiasme doivent employer des figures de style pour quelque chose de banal.

Mais après tout, pourquoi serions-nous surpris ? S’il est déjà venu une fois, pourquoi pas deux ?

Considérons un instant ce qui s’est passé lors de sa première venue. Il a été rejeté ; sa vie a été écourtée, sa mission publique de trois ans et demi s’est terminée par sa mort ; étant Dieu manifesté en chair, en mourant, il a opéré la rédemption pour son peuple ; et il est ressuscité. Peut-on penser que l’histoire se termine là quant à cette terre ? Le rejet du Créateur du monde par la créature serait-il le dernier mot ? En aucun cas. Les hommes l’ont méprisé dans son humiliation. Il reviendra assurément en gloire.

Nous ne sommes toutefois pas laissés à considérer ce qui semble probable ou raisonnable. La doctrine de la seconde venue est l’un des thèmes les plus courants de l’Écriture. L’Ancien Testament y fait souvent référence. Dans le Nouveau Testament, la vérité entière est clairement révélée. Parmi le grand nombre de passages que l’on pourrait citer, prenons en un qui soit particulièrement explicite.

« Hommes galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici, regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé davec vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l'avez vu sen allant au ciel. » (Actes 1:11).

Ce message ressemble à un document juridique. Les juristes détaillent longuement une déclaration pourtant très simple, car ils estiment nécessaire de protéger leurs propos de fausses interprétations. Il y a donc, ici, un grand nombre d’expressions, qui se répètent presque, afin de contrecarrer toute tentative d’éluder ou de fausser ce grand évènement.

D’après ce verset, il est évident que le Seigneur Jésus viendra lui-même comme il est parti. Il est parti personnellement ; il viendra donc personnellement. Il est vraiment parti en tant qu’homme vivant – ce n’était pas la manifestation d’un esprit. Il viendra donc vraiment comme un homme vivant. Il est parti visiblement ; il viendra visiblement. Il est parti de la terre ; il reviendra sur la terre.

Cependant, un lecteur attentif est souvent perplexe en étudiant cette grande vérité, où il semble y avoir comme des incohérences entre différents passages. Il est nécessaire qu’il ait une clé qui ouvre la porte de la difficulté.

Cette clé consiste à comprendre que lors de la seconde venue, il y a deux étapes différentes que nous appelons « l’Enlèvement » et « l’Apparition ».

Lisons attentivement 1 Thessaloniciens 4:13 à 5:3. Notons que les croyants de Thessalonique étaient troublés par la mort de certains d’entre eux et pensaient qu’ils manqueraient ainsi la gloire de l’apparition et du règne de Christ. Paul leur dit de ne pas être affligés, car aussi certainement que Jésus est mort et est ressuscité, Dieu les amènera tous avec Jésus, quand il viendra (v. 9). Ensuite, l’apôtre explique comment cela doit être réalisé, comment les personnes décédées en Christ se trouveront avec lui dans des corps de gloire de manière à pouvoir participer à sa glorieuse apparition.

Cette explication est précédée de « nous vous disons ceci par la parole du Seigneur », indiquant que ce qui suit n’a pas été annoncé auparavant, mais a été révélé récemment : son autorité pour l’affirmer n’étant pas les écrits de l’Ancien Testament, mais la révélation directe du Seigneur.

L’explication est la suivante : « Le Seigneur lui-même … descendra du ciel... et les morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées, à la rencontre du Seigneur en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. »

Comparons maintenant ces paroles avec ce qui est écrit en 1 Corinthiens 15:51-54, où nous trouvons un fait supplémentaire énoncé. « Les morts seront ressuscités, incorruptibles, et nous, nous serons changés. »

À la lumière de ces deux passages, nous comprenons que :
  (1) Le Seigneur lui-même descendra sur les nuées avec un cri de rassemblement.
  (2) Son cri réveillera les saints endormis et les ressuscitera dans des corps de gloire.
  (3) Nous, les vivants, serons ensuite transformés en des corps de gloire semblables.
  (4) Tous les croyants, qu’ils aient été morts ou qu’ils soient vivants, seront enlevés ensemble, pour être toujours avec le Seigneur.
Oh, heure bénie de la réalisation de l’espérance que nous chérissons !

Cependant, tout cela ne touchera pas le monde, mais la disparition soudaine de multitudes de saints pourra l’affecter. Mais l’heure du châtiment s’ensuit. Par conséquent, 1 Thessaloniciens 5 commence par établir une distinction entre la venue du Seigneur pour ses saints, dont traite le chapitre 4, et le « jour du Seigneur » qui vient non pas comme un époux pour son épouse, mais « comme un voleur dans la nuit ».

Lorsque le Seigneur Jésus a été humilié comme un agneau mené à la boucherie, il a dit à ses ennemis : « C’est ici votre heure et le pouvoir des ténèbres » (Luc 22:53). Mais les choses seront complètement inversées. Il ne vient pas en humiliation, mais en gloire ; non pas comme un agneau pour la boucherie, mais comme le lion de la tribu de Juda ; non pas seul, mais « avec les myriades des saints » ; non pas pour se soumettre à ses ennemis, mais pour mettre ses ennemis comme marchepied de ses pieds. Ce n’est pas la petite heure de l’homme et le triomphe éphémère du mal ; c’est le grand et terrible jour du Seigneur.

« Le jour du Seigneur » n’est pas un jour de vingt-quatre heures, mais un intervalle de temps comme « le jour du salut ». C’est une période du cycle des « temps et des saisons » marquée par la suprématie absolue et l’autorité du Seigneur. Il commence par sa manifestation publique dans les nuées ​​du ciel - son apparition avec ses saints.

C’est cette apparition publique, à laquelle les prophètes de l’Ancien Testament font si souvent allusion, qui est la consommation des voies de Dieu avec Israël et la terre. Elle ouvre la voie à un bref et vif jugement qui débarrassera la terre de ses scories avant que la gloire ne se manifeste sous le règne millénaire du Christ.

Avant cette apparition publique, certaines choses doivent se dérouler comme il est prévu dans les Ecritures. Le Seigneur Jésus lui-même a clairement prédit certains évènements (Matt. 24 ; Marc 13 ; Luc 21). 2 Thessaloniciens 2 nous montre qu’avant le jour du Seigneur, il doit d’abord y avoir « l’apostasie » et la révélation qui y est liée de l’homme de péché, communément appelé « Antichrist ». En lui, le péché trouvera son expression culminante, il en sera l’incarnation même.

Quand l’iniquité de l’homme sera à son comble, Dieu frappera en jugement. Le Seigneur Jésus, qui a déjà porté le jugement à notre place, en sera alors l’Exécuteur, et la plus ancienne de toutes les prophéties données par la bouche d’un homme sera accomplie : « Voici, le Seigneur est venu au milieu de ses saintes myriades pour exécuter le jugement contre tous » (Jude 14, 15). Auparavant, les saints auront été « changés » selon 1 Corinthiens 15 et « enlevés » selon 1 Thessaloniciens 4 ; ils seront donc avec lui, glorifiés, et lorsque les cieux s’ouvriront et le révèleront en « flamme de feu » pour le jugement, ils seront avec lui, et il sera dans ce jour-là « glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1: 7-10).

En attendant, notre tâche est de « servir le Dieu vivant et vrai et d’attendre des cieux son Fils » (1 Thess. 1: 9-10).

L’Enlèvement n’est-il pas simplement une manière poétique de parler de la mort d’un saint, et lApparition n’est-elle pas ce qu’on appelle communément ‘la fin du monde’ ?

La mort d’un saint est décrite ainsi dans les Ecritures : « déloger et être avec Christ » (Phil. 1:23). Le fait que nous allions pour être avec Christ n’est-il pas entièrement différent de sa venue pour nous ? De plus, quand un saint meurt et est avec Christ, son corps est déposé dans la tombe. Lorsque Christ vient pour ses saints selon 1 Thessaloniciens 4, il retire tous leurs corps des tombes. Comment cela pourrait être une seule et même chose ?

Non. La venue du Seigneur pour ses saints n’est pas la mort, mais la délivrance de son peuple du dernier vestige de la mort. L’apparition de Christ avec Ses saints n’est pas « la fin du monde », que les gens disent être généralement la fin des cieux et de la terre quant à leur état actuel. Apocalypse 19 parle de l’apparition du Seigneur en gloire. Apocalypse 20 en montre le résultat : Satan enchaîné et mille ans de bénédiction pour cette vieille terre épuisée. Et après cela - la fin.

Dans ce cas, n’y aurait-il pas encore deux venues, la troisième venue étant l’apparition ?

Non. Dans les Écritures, il est souvent parlé de la venue du Seigneur de manière générale sans dire précisément de quelle étape il s’agit. L’enlèvement et l’apparition ne sont que deux parties ou étapes d’une même venue. C’est comme lorsqu’un président se rend dans une ville, le maire l’accueille à la mairie, puis après une cérémonie, il prend place dans la procession derrière lui pour l’accompagner pendant sa visite.

Il en sera de même lors de la venue de Christ. Enlevés dans les airs à sa rencontre, nous reviendrons peu après avec lui pour prendre part à son royaume glorieux.

Quels signes devons-nous attendre pour indiquer que la venue du Seigneur est proche ?

Quand il s’agit de l’Apparition, des passages tels que 2 Thessaloniciens 2, 2 Timothée 3 et Matthieu 24 donnent la réponse. La montée de l’apostasie dans la chrétienté ; les faux prophètes qui prévalent et en trompent plusieurs ; l’extraordinaire réveil des juifs – le figuier produisant des feuilles selon Matthieu 24:32 ; l’insouciance croissante du monde, croyant être en sécurité par ses propres prouesses et disant « Paix et sécurité » ; toutes ces choses et d’autres dont nous sommes témoins indiquent que nous approchons de la fin de ce siècle.

Mais toutes ces choses sont des signes de l’Apparition. En ce qui concerne l’Enlèvement qui le précède, aucun signe n’est à attendre. C’est un événement en dehors du calcul des temps et des saisons. Celles-ci appartiennent à la terre, comme le montre 1 Thessaloniciens 5:1, et l’apôtre n’avait nul besoin d’écrire aux Thessaloniciens à ce sujet. Mais s’agissant de l’Enlèvement, qui n’est pas lié aux temps et aux saisons, il était absolument nécessaire qu’il leur écrive.

Il n’y a rien qui reste à accomplir avant que Christ vienne pour ses saints. Il peut venir à tout moment.

Le monde ne doit-il pas être converti premièrement ?

Cette question ne serait pas posée s’il n’y avait pas une idée non scripturaire derrière. Il n’est dit nulle part dans la Bible que le monde entier doit être converti par la prédication de l’Evangile. Celui-ci est prêché sur ordre de Dieu pour tirer des nations un peuple pour son nom (Actes 15:14). Le monde ne sera pas converti mais purifié par un jugement qui ôtera ceux qui font le mal et assujettira la terre à Dieu. « Lorsque tes jugements [et non ton Évangile] sont sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice » (Ésaïe 26: 9).

Est-ce que tous les chrétiens seront enlevés lors de l’Enlèvement ?

Sans aucun doute. On peut illustrer la vérité de l’Enlèvement par l’image de l’effet d’un puissant aimant placé au-dessus d’un mélange de limaille d’acier et de sable. C’est une bonne illustration, mais il ne faut pas oublier que les chrétiens ne sont pas seulement comme autant de particules de limaille en acier individuelles, ils sont également liés par le Saint-Esprit en « un troupeau », « une famille », « un corps ». Lorsque le Seigneur Jésus viendra, il considérera son église comme une entité vivante, son corps et son épouse. Des fragments mutilés ne seront pas laissés pour compte.

L’idée que certains chrétiens seront laissés pour compte semble venir de deux directions.

Premièrement, il y a les prophètes qui apostasient de la foi aux derniers jours. Certains d’entre eux enseignent que seuls les chrétiens « vivants », « fidèles », « veillant » seront pris. Leur « fidélité » se manifeste par la réception des enseignements des faux prophètes en question ! Sans commentaire.

Deuxièmement, de vrais chrétiens se sont égarés avec l’idée que seuls ceux qui « veillent » sont enlevés, d’après un passage tel que : « Il apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui l’attendent » (Héb. 9:28).

Toutefois, où peut-on trouver un vrai chrétien qui ne l’attend pas ? Il peut y avoir des personnes peu intelligentes, qui ne comprennent pas la vérité sur sa venue, qui n’ont jamais entendu parler de « l’Enlèvement ». Pourtant, ils attendent Christ. Il est l’espérance de leurs cœurs, bien qu’ils ne sachent pas comment cette espérance se réalisera.

En fait, l’expression « ceux qui l’attendent », comme « ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8:28), n’est qu’une façon biblique de décrire les croyants. Si un homme n’aime pas Dieu et n’attend pas Christ, il ne peut pas être appelé chrétien.

Cet enseignement sur la seconde Venue n’est-il pas abstrait ? A-t-il une réelle utilité ?

Ce n’est pas plus abstrait que l’enseignement divinement donné à Noé concernant le déluge imminent, ou les prophéties données à Israël au cours des siècles au sujet de la première venue du Sauveur. Des difficultés peuvent survenir quant aux détails lorsque l’Ecriture n’en dit rien, et les hommes peuvent contredire et rendre les choses confuses quant à la seconde venue, tout comme les scribes ont réussi à brouiller les choses à leur génération avant sa première venue. Mais les grandes lignes de la vérité sont simples et claires dans les Écritures et l’événement est certain.

En ce qui concerne l’application de cette vérité, on verra par expérience que rien n’exerce un effet plus solennel sur la conscience des pécheurs. Quant aux croyants, aucune vérité n’a un plus grand effet pour les séparer de ce monde. Allons-nous nous associer au monde qui doit bientôt faire l’objet d’un jugement ? Non. « Quiconque a cette espérance en lui [Christ] se purifie comme Lui est pur » (1 Jean 3:3). Celui dont l’espérance est Christ et sa prochaine venue éloignera de lui tout ce qui souille.

L’enlèvement des saints est-il maintenant très proche ?

Oui. De folles tentatives ont été faites pour fixer des dates sur le retour du Seigneur, contredisant ainsi Ses propres paroles. Des croyants sincères se sont crus permis de dire des choses saugrenues, donnant l’impression qu’ils étaient certains que ce serait dans un an ou deux. Les années ont passé et ceux qui les ont écoutés sont devenus sceptiques quant à cette vérité.

La vérité demeure cependant : il vient, et cela rapidement. Que ce soit dans l’église ou le monde, tout montre la fin de ce siècle. Par conséquent, nous levons la tête et l’attendons.

Un chrétien avait chez lui un tableau sur lequel était écrit : « Peut-être aujourd’hui »

N’est-ce pas la bonne attitude. Sa venue est certainement proche. Puissions-nous nous lever chaque matin avec cette pensée : peut-être viendra-t-il aujourd’hui ; et puissions-nous nous purifier devant Lui, pour que notre réponse spontanée soit : « Amen, viens, Seigneur Jésus. »