La Résurrection et la gloire.
F.B. Hole
Aucun fait de l’Écriture n’est plus merveilleux que celui-là : Il y a un homme ressuscité dans la gloire de Dieu. C’est la suite de la merveille de Dieu manifestée en chair (1 Timothée 3:16). C’est aussi la base d’une troisième merveille, à savoir, la descente du Saint-Esprit sur la terre pour habiter dans le croyant, selon Jean 7:39.
Nous pouvons dire qu’aucun fait des Écritures n’est vérifié avec autant de soin. En 1 Corinthiens 15:3 à 4, l’apôtre Paul répète l’évangile qu’il a prêché. La mort de Christ pour nos péchés et son ensevelissement sont juste évoqués, car il était inutile de vérifier ces faits indiscutables et reconnus de tous. Il passe au troisième point de l’évangile : « Il a été ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ». Pour appuyer cela, il présente une foule de témoins. Contrairement à sa mort, la résurrection de Christ n’a pas été vue du monde et n’a pas été accompagnée d’effet spectaculaire. Néanmoins, c’est la clé de voûte de la vérité divine, comme le montrent les versets 13 à 19. Il est donc nécessaire que l’apôtre commence par montrer que la résurrection de Christ est un fait incontestable.
Dans les versets 5 et 8, Paul cite six occasions où le Seigneur ressuscité, a été vu. Il commence par Pierre, puis il mentionne plus de cinq cents frères qui l’ont vu en même temps, et termine avec son propre témoignage. Lui l’a vu non seulement ressuscité, mais dans la gloire. La liste qu’il donne n’est pas exhaustive. Il ne cite pas les femmes qui l’ont vu, et ne dit rien d’Étienne. Cependant, étant donné la richesse du témoignage qu’il cite, il est bien évident que si la résurrection de Christ n’est pas un fait certain, alors nous ne pouvons être sûrs d’aucun événement historique.
Après avoir établi la certitude de la résurrection, l’apôtre passe à la démonstration de son importance capitale. Son argumentation en 1 Corinthiens 15:14-19 est fondée sur l’hypothèse que Christ n’est pas ressuscité. Qu’en serait-il alors ? Eh bien, tout l’édifice de foi et de bénédiction s’effondrerait. La prédication des apôtres serait vaine et ils seraient trouvés être de faux témoins. La foi des Corinthiens, ou de tout chrétien aujourd’hui, serait vaine, et ils seraient alors toujours dans leurs péchés. Les saints qui sont morts en Christ ne seraient pas dans la béatitude, mais auraient péri. Les saints en vie seraient plus misérables que tous les hommes, car le fait de croire leur apporte des désavantages terrestres, et ils auraient ainsi juste un peu plus de peine dans cette vie présente, sans récompense dans la vie à venir. La résurrection de Christ est vraiment la clé de voûte. Si on la supprime, tout s’effondre.
Nous pouvons aussi la comparer à la pierre angulaire sur laquelle repose la vérité. C’est la garantie de l’accomplissement de tous les desseins de Dieu. Au verset 20, l’apôtre passe de l’hypothèse négative à l’affirmation positive que Christ est ressuscité, puis énumère tout ce qui en découle. Commençant par la résurrection des saints lors de sa venue, il va jusqu’à l’état éternel où Dieu sera tout en tous (v.28). La gloire de ce jour sera la pierre de faîte, tout comme la résurrection de Christ est le fondement.
La certitude de la résurrection de Christ étant démontrée et son importance établie, la dernière partie du chapitre présente comment elle s’applique à nous. Une grande lumière est donnée sur ce qu’elle signifie et sur ce qu’elle implique réellement pour le croyant.
Nous voyons, par exemple, que la résurrection n’est pas un simple rétablissement de la vie dans les conditions ordinaires de ce monde, comme ce fut le cas lorsque le Seigneur rendit la vie au fils de la veuve de Naïn ou à Lazare de Béthanie. Ces hommes ont repris vie dans ce monde et sont à nouveau morts par la suite. La résurrection implique des conditions de vie entièrement nouvelles, comme le montrent les versets 42 à 44. Dans ce monde, nos vies sont caractérisées par les corps naturels avec leurs faiblesses, finissant par la corruption dans la tombe. Dans la résurrection, nous aurons des corps spirituels caractérisés par l’incorruptibilité, la gloire et la puissance.
De plus, comme l’indiquent les versets suivants, nos corps actuels sont à l’image d’Adam, l’homme terrestre, et sont mortels. À la résurrection, nos corps porteront l’image de Christ, l’homme céleste, et seront immortels et incorruptibles. La résurrection est la manifestation publique de la victoire sur la mort et le tombeau, de sorte que lorsque les saints seront dans leur corps ressuscités, l’expression « la mort a été engloutie en victoire » sera triomphalement accomplie. C’est ce que nous attendons, mais nous nous en réjouissons déjà, car Dieu « nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ » (v. 57).
En fait, la victoire encore à venir dépend entièrement de la victoire déjà accomplie. En un clin d’œil, à la dernière trompette, les saints, comme une puissante armée, se tiendront en gloire, changés par la résurrection. Leur victoire sera grande et leurs cœurs remplis de louanges.
Mais combien plus grande était la victoire fondamentale du Seigneur Jésus lorsque, aux premières heures du premier jour de la semaine, il sortit dans un corps ressuscité, de la tombe de Joseph qui était scellée avec une pierre et gardée par les soldats !
Notre victoire n’est qu’en vertu de la sienne. Tout est « par notre Seigneur Jésus Christ ».
Considérons à nouveau sa résurrection. Il n’a pas été rétabli pour reprendre le cours de sa vie dans ce monde, même si elle était parfaite et de toute beauté morale. Marie de Magdala, le jour de la résurrection, pensait qu’Il avait simplement repris vie, comme Lazare, mais elle se trompait. Elle devait apprendre qu’il était ressuscité sur une base entièrement nouvelle. Il avait laissé sa vie et l’avait reprise comme il l’avait dit (Jean 10:17), mais dans de nouvelles conditions, célestes, adaptées pour la glorieuse place suprême qu’il devait bientôt occuper à la droite de Dieu.
Ce chapitre montre clairement que le Seigneur Jésus est aujourd’hui un homme glorieux. Par sa résurrection, il n’a pas abandonné l’humanité qu’il avait prise dans l’incarnation, comme certains semblent le penser. Son corps saint, qui n’a jamais vu la corruption, a pris une nouvelle condition, spirituelle. Maintenant, son corps ne peut plus passer par la mort, c’est un corps dans lequel il demeure éternellement. Selon notre chapitre et Philippiens 3:21, c’est le modèle glorieux auquel nos corps ressuscités doivent être rendus conformes.
Et cet homme ressuscité est dans la gloire ! – C’est vraiment étonnant. La vision des choses de l’Ancien Testament est énoncée de manière assez concise dans le Psaume 115:16 « Les cieux sont les cieux de l’Éternel, mais il a donné la terre aux fils des hommes ». La terre était clairement la sphère de l’homme tel qu’il avait été créé à l’origine, c’était là où il dominait. En accord avec cela, le ciel n’est mentionné que trente-huit fois dans les Psaumes, et souvent pour indiquer simplement le ciel atmosphérique, où volent les oiseaux ; alors que la terre est mentionnée au moins cent trente-cinq fois. La vision du Nouveau Testament, suite à l’exaltation de Christ, est très différente et considérablement élargie.
En comparant Éphésiens 1:20-23 avec le verset du Psaume 115, nous voyons non seulement que Dieu a ressuscité Christ d’entre les morts, mais il « l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes ». L’Homme ressuscité est non seulement au-dessus mais bien au-dessus de toutes les catégories d’êtres spirituels qui sont dans les lieux célestes et des autorités qui sont sur la terre, que ce soit dans ce siècle ou dans le siècle à venir. Il est la Tête et le Chef de chacun d’eux et, d’une manière beaucoup plus intime, il est la Tête de Son corps, l’église. Il n’est donc pas étonnant que nous qui composons l’Église soyons bénis « de toutes les bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ ». (Eph. 1:3).
Notons encore qu’en tout cela, le Seigneur Jésus est Celui qui nous représente. Nous nous réjouissons de sa résurrection et de la gloire qui Lui revient, mais n’oublions pas la portée qu’a tout cela sur nous-mêmes. En ressuscitant, il était délié des douleurs de la mort (Actes 2:24). La mort, bien sûr, n’avait aucun droit sur lui personnellement. Elle n’en avait que dans la mesure où il a pris sur lui notre cause et que, sur la croix, il était notre substitut. Sa résurrection implique donc que nous sommes déliés de toutes douleurs et peines. Il a été libéré, et nous l’avons été. Il a été « livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification » (Rom. 4:25). À cet égard, sa résurrection est souvent évoquée comme le reçu que Dieu a remis entre les mains du croyant, déclarant qu’il est acquitté de toutes ses obligations qui ont été assumées par le Seigneur Jésus, dans sa mort.
Plus que cela, elle est aussi le gage et le début de cette nouvelle création dans laquelle le croyant est amené. Elle est comme la feuille d’olivier que la colombe a rapportée après que Noé l’a envoyée pour la deuxième fois au-dessus de l’étendue des eaux (Gen. 8:6-12).
La colombe, emblème du Saint-Esprit, a été envoyée trois fois. La première fois, elle est revenue sans rien. Elle n’a pas trouvé où poser la plante de son pied, car les eaux étaient partout. Cela représente la ruine totale du premier homme et de l’ancienne création en relation avec celui-ci. Tout a été submergé dans la mort. La deuxième fois, elle revint avec une feuille d’olivier. La terre renouvelée commençait enfin à apparaître au-dessus des eaux. Nous pouvons y voir le second homme en qui seul Dieu trouvait son plaisir. Sa résurrection, bien qu’Il fût seul, était le début de la nouvelle création. La troisième fois, la colombe a trouvé non pas une simple feuille, mais un lieu de repos pour ses pieds. Ainsi, le jour vient où l’Esprit de Dieu sera répandu en abondance sur une terre renouvelée, et où, après le millénium, il demeurera avec une parfaite satisfaction dans la nouvelle création.
Quelle heureuse pensée, que
dans l’homme ressuscité et glorifié, nous y voyons le gage et le début de ce
moment béni que notre âme désire, où le péché ne sera plus.
Les incrédules modernes n’hésitent pas à nier la résurrection de Christ, et même Sa mort, pour essayer de l’éviter. Que peut-on leur dire ?
Peu de choses. En tant que fait historique, la résurrection de Christ a été prouvée avec une plénitude et une exactitude auxquelles très peu, voire aucun, des grands événements de tous les temps, ne peut prétendre. Si les hommes placent leur longue-vue sur l’œil aveugle, comme Nelson, et ne voient pas les évidences, ce qu’on peut dire n’aura guère d’effet.
La plupart d’entre eux voient probablement très bien que, de tous les miracles, la résurrection en est le premier et que, s’ils l’acceptent, ils ne pourront plus nier tout ce qui a un caractère miraculeux dans les Écritures.
Pourquoi, dans les Actes, le thème central de la prédication des apôtres est-il la résurrection de Christ plutôt que sa mort ?
Parce que sa mort était admise par tous et qu’à cet égard ils n’ont eu qu’à en expliquer le sens. Sa résurrection, elle, était farouchement contestée. Les apôtres faisaient face à une forte opposition et ils savaient que si l’Esprit de Dieu se servait de leur témoignage pour briser cette résistance, la position de l’incrédulité s’effondrerait.
Incidemment, cela montre que les apôtres et les hommes de ce temps-là n’étaient pas crédules au point de leur faire croire n’importe quoi. Paul leur disait : « Pourquoi, parmi vous, juge-t-on incroyable que Dieu ressuscite des morts ? » (Actes 26:8). La résurrection semblait aux hommes, aussi incroyable qu’aujourd’hui ; pourtant, les apôtres et tous ceux qui ont reçu leur témoignage ont maintenu cette vérité, bien que pour tous, cela signifiât de subir des pertes dans le monde et pour beaucoup, la mort en martyrs.
Est-il juste de parler de
la résurrection du corps ?
Certains insistent sur le fait que ce sont des
personnes qui sont ressuscitées.
Il suffit d’examiner attentivement ce que présente 1 Corinthiens 15 pour constater qu’il est tout à fait scripturaire de parler de la résurrection du corps. Une question avait été posée parmi les Corinthiens, au sujet du corps de résurrection : « Comment ressuscitent les morts, et avec quel corps viennent-ils ? » (v. 35). L’apôtre répond en montrant l’analogie qui existe entre l’inhumation du corps d’un saint et un grain de blé qui est semé. Ce qui est enterré ou semé a la même identité que ce qui sort de terre. Et, dans les deux cas, l’état ressuscité devance de beaucoup l’état précédent. Au verset 44, il dit clairement : « Il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. » La résurrection du corps pourrait difficilement être énoncée plus clairement.
Il est vrai que les Écritures, comme nous le faisons souvent, identifient parfois une personne avec son corps plutôt qu’avec son esprit. Il est dit par exemple : « Des hommes pieux emportèrent Etienne pour l’ensevelir » (Actes 8:2). Si nous considérons Etienne comme identifié à son esprit, il était avec Christ. En réalité, ils n’avaient que son corps à enterrer. Jean 5:28-29 nous dit que « tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix ; et ils sortiront ». Leurs esprits sont avec Christ, ce sont leurs corps qui sortent.
Certains d’entre nous ont beaucoup de difficulté à considérer le Seigneur Jésus comme un homme pour toujours. Est-ce bien une vérité de l’Écriture ?
Examinons les preuves tirées des Écritures, étape par étape.
Le jour de la résurrection, c’est comme un véritable homme, dans un corps humain, qu’Il sortit du tombeau. Ce n’était pas un corps de chair et de sang comme avant la Croix, mais de chair et d’os (Luc 24:39) ; un corps dans lequel il pouvait manger (Luc 24:43), qui portait les marques de ses souffrances et qui pouvait être touché par Thomas (Jean 20:27).
Dans ce même corps, il fut « élevé au ciel » (Luc 24:51). « Une nuée le reçut et l’emporta de devant leurs yeux » (Actes 1:9). On ne pourrait pas dire d’un esprit qu’il soit emporté en haut, ni que des nuages soient nécessaires pour le recevoir et le mettre à l’abri des regards humains. C’était toujours un homme.
Peu de temps après, Etienne le vit dans la gloire. Son témoignage était celui-ci : « Je vois ... le Fils de l’HOMME debout à la droite de Dieu » (Actes 7:56 ).
Plus tard encore, Paul écrit de Lui comme « L’homme Christ Jésus » (1 Tim. 2:5). Il ne dit pas qu’Il était autrefois l’homme Christ Jésus. Il parle de Lui comme homme, aujourd’hui.
Le millénium à venir ne doit pas être placé sous les anges mais sous l’homme dans la personne du Fils de l’homme. C’est l’argument d’Hébreux 2:5-9. Il sera clairement un homme, dans le siècle à venir.
À la fin du millénium, il livrera le royaume à Dieu le Père et lui sera lui-même assujetti (voir 1 Cor. 15:24-28). Puisqu’il est Dieu, à l’égal du Père, nous pourrions nous demander comment peut-il lui être assujetti. Ce n’est que parce qu’il est aussi un homme. En tant qu’homme, il remplit parfaitement la place de sujétion de l’homme sans pour autant cesser d’être égal au Père. Notre Seigneur est Dieu, dans son essence, mais il prend la place de sujétion éternellement, ce qui s’explique uniquement par le fait que, pour toute l’éternité, il reste un homme. Et c’est comme tel, qu’Il est le chef et le soutien de la création rachetée, fruit de son travail.
Est-ce juste de considérer la gloire comme étant future ? Jésus n’est-il pas glorifié aujourd’hui ?
Il est certes glorifié aujourd’hui à la droite de Dieu. Cela ne contredit cependant aucunement ce que l’Ancien Testament prédit si abondamment, à savoir sa gloire visible à venir là où il a été autrefois dans l’opprobre.
Quand Jésus s’est présenté à Israël comme son roi, entrant à Jérusalem sur un ânon comme l’avait prédit le prophète, l’heure était venue d’être glorifié (Jean 12:23). L’a-t-il été ? Non, il a au contraire parlé immédiatement de sa mort et de ses conséquences. Peu de temps après, dans la chambre haute, il a dit : « Maintenant, le Fils de l’homme est glorifié ». Seul Dieu, après avoir été glorifié par la Croix, allait « le glorifier en lui-même » et le faire ‘aussitôt’ (Jean 13:31-32). C’est sa gloire actuelle cachée dans les cieux.
Dans la prière du Seigneur, en Jean 17, nous avons trois références à sa gloire :
Au verset 5, il prie pour être investi, en tant qu’homme, de la gloire qu’il avait auprès du Père avant que le monde fût. En cela, Lui seul peut l’être.
Au verset 24, il parle de « ma gloire que tu m’as donnée ». C’est une gloire suprême qui lui est donnée en vertu de ses souffrances et de sa mort et dans laquelle il est également seul ; nous pouvons la contempler.
Au verset 22, il dit : « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée. » C’est la gloire publique du siècle à venir que nous, Ses saints, aurons en partage. Quand il sera manifesté, nous serons manifestés avec lui en gloire.