Lectures sur le Pentateuque — Genèse

Kelly William

 

Table des matières :

1        Genèse 1-11

1.1      Genèse 1 :1

1.2      Genèse 1 :2

1.3      Genèse 1 :3-31

2        Genèse 2

2.1      Genèse 2 :1-3

2.2      Genèse 2 :4-25

3        Genèse 3

3.1      Genèse 3 :1-5

3.2      Genèse 3 :8-15-19

3.3      Genèse 3 :20-24

4        Genèse 4

4.1      Genèse 4 :1-4

4.2      Genèse 4 :5-7

4.3      Genèse 4 :8-24

4.4      Genèse 4 :25-26

5        Genèse 5

5.1      Genèse 5 :1-5

5.2      Genèse 5 :6-32

6        Genèse 6

6.1      Genèse 6 :1-2

6.2      Genèse 6 :3-10

6.3      Genèse 6 :11-22

7        Genèse 7

7.1      Genèse 7 :1-5

7.2      Genèse 7 :6-16

8        Genèse 8

8.1      Genèse 8 :1-19

8.2      Genèse 8 :20-

9        Genèse 9

9.1      Genèse 9 :1-11

9.2      Genèse 9 :12-17

9.3      Genèse 9 :18-29

10     Genèse 10

11     Genèse 11

12     Genèse 12-25

12.1          Genèse 12 :1-9

12.2          Genèse 12 :10-20

12.3          Genèse 13 :1-13

12.4          Genèse 13 :14-18

13     Genèse 14

14     Genèse 15

15     Genèse 16

16     Genèse 17

17     Genèse 18

18     Genèse 19

19     Genèse 20

20     Genèse 21

21     Genèse 22

22     Genèse 23

23     Genèse 24

24     Genèse 25

25     Genèse 25 :19 à la fin

26     Genèse 26

27     Genèse 27

28     Genèse 28

29     Genèse 29

30     Genèse 30

31     Genèse 31

32     Genèse 32

33     Genèse 33

34     Genèse 34

35     Genèse 35

36     Genèse 36

37     Genèse 37

38     Genèse 38

39     Genèse 39

40     Genèse 40

41     Genèse 41

42     Genèse 42

43     Genèse 43

44     Genèse 44

45     Genèse 45

46     Genèse 46

47     Genèse 47

48     Genèse 48

49     Genèse 49

50     Genèse 50

 

 

1         Genèse 1-11

La révélation divine a une caractéristique dont il est profitable d’insister comme étant le point de départ. Nous traitons de faits. Seule la Bible est une révélation de faits et, nous pouvons ajouter – non de l’Ancien Testament, mais du Nouveau – d’une personne. C’est d’une immense importance. Ce n’est pas le cas de toutes les prétendues révélations. Elles vous donnent des notions – des idées ; elles ne peuvent rien offrir de mieux et bien souvent rien de pire. Elles ne peuvent produire des faits car elles n’en ont pas. Elles peuvent se permettre des spéculations de pensées, ou des visions de l’imagination – un substitut de ce qui est réel et un mensonge de l’ennemi. Dieu, et Dieu seul, peut communiquer la vérité, Ainsi, que ce soit dans l’Ancien ou le Nouveau Testament, une moitié – en parlant maintenant en terme général – consiste d’histoire. Sans doute y a-t-il de l’enseignement de l’Esprit de Dieu fondé sur les faits de la révélation. Dans le Nouveau Testament, ces déploiements ont le plus profond caractère, mais partout, ils sont divins; car il n’y a pas de différence, que ce soit dans l’Ancien ou le Nouveau, dans le caractère divin absolu de la parole écrite. Mais il est bon de prendre note que nous avons ainsi une base grandiose de choses telles qu’elles sont véritablement – il nous est rapporté divinement des faits du moment suprême, et en même temps, du plus profond intérêt pour les enfants de Dieu. En ceci également, la propre gloire de Dieu nous est présentée, et de plus, sans le moindre effort. Le simple rapport de faits est ce qui est digne de Dieu.

 

1.1        Genèse 1 :1

Par exemple, considérez l’ouverture du livre de la Genèse. Si un homme l’avait écrit, s’il avait tenté de donner ce qu’il aurait prétendu être une révélation, nous pourrions comprendre une fanfare de trompettes, une préface pompeuse, quelque méthode élaborée pour exposer qui et ce qu’est Dieu, - une tentative d’imagination pour projeter Son image dans la pensée de l’homme, ou un a priori subtil pour raisonner et justifier tout ce qui pourrait suivre, La façon la plus élevée, la plus sainte et la seule acceptable, une fois qu’elle nous est présentée est évidemment ce que Dieu Lui-même a employé dans Sa parole. « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre ». Non seulement cette méthode est-elle la plus digne, mais la vérité avec laquelle le livre s’ouvre en est une que personne n’a véritablement découverte avant qu’elle ne soit révélée. Vous ne pouvez pas, en principe, anticiper les faits ; vous ne pouvez pas discerner la vérité avant qu’elle ne se présente. Vous pouvez former des opinions ; mais pour la vérité, et même pour un fait tel que l’histoire du monde avant que l’homme n’y existe – des faits pour lesquels il ne peut y avoir de témoignage de la créature sur terre, nous avons besoin de la parole de Celui qui savait tout depuis le début. Mais Dieu communique d’une telle manière qui répond au cœur, et l’esprit, et la conscience. L’homme sent que c’est exactement ce qui convient à Dieu.

Ainsi, Dieu établit la grande vérité de la création ; car quel est le plus important, mis à part la rédemption, toujours à l’exception de la manifestation de la personne du Seigneur Jésus Christ, le Fils de Dieu ? La création et la rédemption rendent témoignage de sa gloire plutôt que de communiquer quelque chose de sa propre dignité. Mis à part la personne de Christ et son œuvre, il n’y a rien de plus caractéristique de Dieu que la création. Et, ici, la manière dont la création est présentée nous démontre une incroyable grandeur, encore plus à cause de sa simplicité discrète du style et des paroles. Il est si convenable au véritable Dieu qui connaissait parfaitement la vérité et voulait la faire connaître à l’homme.

« Au commencement Dieu créa ». Au commencement, la matière n’existait pas de concert avec Dieu. Je préviens solennellement chaque personne contre une notion trouvée dans les temps anciens ainsi que maintenant, qu’il y avait au commencement, une quantité de ce qui pourrait être appelé de la matière brute que Dieu aurait pu utiliser. Une autre notion encore plus générale, et un peu moins grossière quoique certainement moins sérieuse dans ce qu’elle implique, est que Dieu a créé la matière au commencement selon le verset 2, dans un état de confusion ou de « chaos » comme disent les hommes. Mais ce n’est pas ce que signifient les versets 1 et 2. Je n’ai aucune hésitation en disant que c’est une interprétation erronée, même si elle domine. Et, effectivement, ce n’est pas plus selon la nature révélée de Dieu. Où peut-on trouver quelque chose de semblable dans toutes les voies connues de Dieu ? Que la matière ait existé à l’état brut ou que Dieu l’ait créée dans le chaos n’a pas, je crois, le plus petit fondement dans la parole de Dieu. Ce que l’Écriture donne ici ou ailleurs me semble en totale contradiction avec une telle pensée. L’introduction de la Genèse sont tout à fait en accord avec la gloire de Dieu lui-même et avec son caractère ; plus que cela, elle est en parfaite harmonie avec lui-même. Il n’y a pas de déclaration, du début à la fin de l’Écriture, pour autant que je sache, qui dans une moindre mesure modifie ou retire de la force des paroles avec lesquelles la Bible s’ouvre : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre ».

 

1.2        Genèse 1 :2

Certaines personnes ont de la difficulté – que je ne pointe simplement qu’en passant – avec la conjonction au début du verset 2. Ils sont venus à la conclusion qu’en liant le verset deux au premier, la notion que lorsque Dieu a créé la terre, elle était dans l’état décrite au second verset. Non seulement il n’est pas trop dur de nier qu’il y ait quelque fondement pour une telle déduction, mais on peut aller plus loin en affirmant que la manière la plus simple et certaine de se garder contre cette erreur, selon le style de l’écrivain, ainsi que la propriété du langage, a été offerte ici en insérant le mot « et ». En résumé, si le mot n’avait pas été là, il aurait pu être supposé que l’écrivain aurait voulu que nous en venions à la conclusion que l’état original de la terre était confus et sans forme tel que le verset 2 la décrit avec une brièveté si concise et imagée. Mais en fait, l’Écriture ne signifie rien de la sorte. Premièrement, nous avons la grande déclaration qu’au début Dieu créa les cieux et la terre. Ensuite vient le fait associé d’une désolation complète qui n’affectait pas les cieux mais la terre. Comme il a été remarqué, le verbe utilisé indique sans aucun doute une condition passée comparé à ce qui suit, mais ne dit pas précisément que c’est un événement contemporain de ce qui précède, ce qui aurait été impliqué s’il n’avait pas été là ; mais l’intervalle entre les deux, ou pourquoi une telle désolation est survenue n’est pas précisé. Car Dieu passe rapidement les premiers temps de l’histoire du globe – je pourrais également dire, qu’il s’est empressé à en venir à l’état de la terre dans lequel elle devait devenir l’habitation de l’humanité et où, aussi, Dieu devait démontrer ses relations morales, et enfin son propre Fils, avec les conséquences produites par cet événement prodigieux, que ce soit dans le rejet ou dans la rédemption.

Si le mot de liaison n’avait pas été là, le premier verset aurait pu être considéré comme un résumé du chapitre. Son insertion empêche cette pensée, et pour parler franchement, condamne ceux qui la comprennent ainsi soit par ignorance ou encore par inattention. Non seulement l’idiome hébreux l’interdit mais également le nôtre et sans aucun doute, toute autre langue. Le premier verset n’est pas un résumé. Lorsqu’un énoncé concis de ce qui suit est prévu, le « et » n’est jamais mis. Si vous le souhaitez, vous pouvez le vérifier dans diverses occasions où l’Écriture nous donne des exemples de résumé, comme au début de Genèse 5 : « C’est ici le livre des générations d’Adam ». Il est clair que là, il s’agit d’un résumé mais il n’y a pas de mot de liaison entre le verset 1 et ce qui suit : « C’est ici le livre des générations d’Adam. Au jour où Dieu créa Adam ». Ce n’est pas « Et au jour ». La liaison aurait rendu impropre et impossible la présentation d’une introduction générale. Un résumé donne en quelques mots ce qui est détaillé par la suite ; tandis que la conjonction « et » introduite au deuxième verset exclut nécessairement ici toute notion de résumé. C’est une autre déclaration ajoutée à celle qui précédait et, par l’idiome hébreu utilisé, qui ne lui était pas lié dans le temps.

Au début de tout, il y avait la création de Dieu – des cieux et de la terre. Ensuite, le fait établissant l’état dans lequel la terre était plongé – où elle en était réduite. Pourquoi, comment, Dieu ne l’a pas expliqué ici. Ce n’était ni nécessaire ni sage de le révéler par Moïse. Si l’homme peut découvrir de tels faits par d’autres moyens, qu’il en soit ainsi. Ils n’ont pas de petits intérêts, mais les hommes sont aptes à être hâtifs et à manquer de vision. Je ne conseille à personne de s’embarquer avec trop de confiance dans la poursuite de telles études. Ceux qui les poursuivent feraient mieux d’être prudents et de bien peser les faits allégués et par-dessus tout leurs propres conclusions ou celles d’autres hommes. La perfection de l’Écriture est, je suis audacieux en le disant, irréprochable. La vérité affirmée par Moïse demeure dans toute sa majesté et sa simplicité.

Au commencement, Dieu créa toute chose, les cieux et la terre. La terre est ensuite décrite comme étant vide et désolée, et – non pas comme lui succédant, mais de concert – les ténèbres couvraient la face de l’abîme, au même moment où l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux. Tout ceci est un détail ajouté. La véritable et seule force du « et » est un autre fait ; absolument pas comme si cela aurait impliqué que le premier et le second verset parlerait d’une même période, pas plus que s’ils devaient décider de la longueur de l’intervalle. La phraséologie employée s’accorde parfaitement et confirme l’analogie de la révélation, selon laquelle le premier verset parle d’une condition originelle que Dieu a voulu créer; le second d’une désolation apportée par la suite; mais combien de temps le premier a duré, quels changements ont pu intervenir, quand ou par quels moyens la ruine s’est produite, n’est pas ici l’objet du récit inspiré mais ouvert aux voies et moyens de la recherche humaine, si l’homme a effectivement  de faits sur lesquels fonder une conclusion certaine. Il est faux d’affirmer que l’Écriture ne laisse pas de place à son enquête.

À la fin du verset 2, nous avons vu l’introduction de l’Esprit de Dieu. « L’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux ». Il apparaît de la manière la plus cohérente et la plus appropriée lorsque la terre de l’homme est sur le point de nous être présentée. Dans la description précédente, qui n’avais rien à voir avec l’homme, le texte était silencieux au sujet de l’Esprit de Dieu ; mais comme la sagesse divine est montrée dans Proverbes 8 pour se réjouir dans les parties habitables de la terre, de même l’Esprit de Dieu nous est toujours présenté comme l’agent immédiat dans la divinité chaque fois que l’homme doit être introduit. Ainsi, l’état des choses antérieures est fermé – quand l’homme n’y était pas – et prépare le chemin pour la terre adamique, on voit l’Esprit de Dieu en train de se mouvoir sur la surface des eaux.

 

1.3        Genèse 1 :3-31

Maintenant, nous voyons la première mention du soir et du matin, et des jours. Laissez-moi demander particulièrement à ceux qui n’ont pas dûment considéré la question de la parole de Dieu. Les deux premiers versets font allusion à ces mesures bien connues du temps. Ils laissent par conséquent place à un ou plusieurs états de la terre bien avant l’homme ou le temps tel qu’il le mesure. Je ne vois aucune raison d’interpréter les jours qui suivent si ce n’est de la manière la plus simple et naturelle. Sans aucun doute, on peut utiliser, comme c’est souvent le cas, le terme « jour » au sens figuré. Il n’y a aucune raison solide, cependant, pour laquelle cela devrait être le cas ici. Il n’y a pas la moindre nécessité. La stricte signification du terme est ce qui, selon moi, est la plus appropriée pour introduire la révélation de Dieu. Je peux comprendre, quand tout est clair, un mot utilisé au sens figuré, mais rien ne serait plus susceptible de laisser entrer des éléments de difficulté dans le sujet que d’utiliser un langage différent de celui qui l’est partout ailleurs sous la forme la plus simple.

Nous pouvons voir alors à quel point il est approprié que, comme l’homme est sur le point d’être introduit sur la terre pour la première fois - comme l’état précédent n’avait rien à voir avec sa présence ici-bas, endroit qui était tout à fait inapte à le recevoir et ce, mis à part qu’il n’était pas encore créé - les jours ne devaient apparaître que lorsqu’il s’agissait de faire les cieux et la terre tels qu’ils sont. Si l’on fouille l’Écriture, on verra que le sujet est traité avec un soin particulier. Si le Saint Esprit fait référence au ciel et à la terre faits en six jours, il évite toujours l’expression « création » - Exode 20 :11. Dieu a fait les cieux et la terre en six jours : il n’est jamais dit qu’il a créé les cieux et la terre en six jours. Lorsqu’on ne parle pas de ces jours, la création, la fabrication et la formation peuvent être librement utilisées – Ésaïe 45 :18. En lisant Genèse 1, la raison est claire. Au commencement, Il a créé les cieux et la terre. Ensuite, un autre état de choses est mentionné au verset 2, non pas pour les cieux mais pour la terre. « La terre était désolation et vide ». Les cieux n’étaient pas dans un tel état de chaos, seule la terre l’était. Quant à savoir comment, quand et pourquoi c’était ainsi, il y a le silence. D’autres ont parlé – imprudemment et à tort. La sagesse du silence de l’écrivain inspiré sera évidente pour un esprit spirituel, et plus elle sera méditée. Je ne m’attarderai pas dans les six jours qui suivent : le sujet a été discuté par plusieurs d’entre nous il n’y a pas longtemps.

Au premier jour, nous avons la lumière et c’est un fait remarquable – je peux le dire en passant - que l’historien inspiré en ait parler. Personne ne l’aurait fait naturellement. Il est clair, si Moïse s’était simplement forgé une opinion vraisemblable comme le font les hommes en général, que personne n’aurait introduit la mention de la lumière, mis à part avant tout avis particulier, de celle des corps célestes. Si l’homme avait simplement poursuivi le fonctionnement de sa propre pensée, de son observation et de son expérience, il aurait certainement introduit le soleil, la lune et les étoiles. L’Esprit de Dieu a agi tout autrement. Lui, connaissant la vérité, pouvait se permettre de la dire telle qu’elle est, laissant les hommes découvrir un autre jour la certitude de tout ce qu’il a dit, et les laissant, malheureusement, à leur incrédulité s’ils choisissent, entre-temps, de mépriser et de résister à la parole de Dieu. Nous pourrions parcourir avec intérêt le récit des différents jours et marquer la sagesse de Dieu en chacun, mais je m’abstiens de m’attarder sur de tels détails maintenant. Je ne dirai qu’un mot ici et là sur la bonté évidente de Dieu.

Tout d’abord, au verset 3, la lumière est appelée à être ou à agir. Ensuite, on compte le jour depuis « le soir et le matin » - une déclaration d’une grande importance pour d’autres parties de l’Écriture, jamais oubliée par l’Esprit de Dieu, mais presque invariablement ignorée de nos jours ; un oubli d’une grande source de difficultés qui ont encombré les harmonies des Évangiles. Il serait peut-être bon d’y jeter un coup d’œil juste pour montrer l’importance de tenir compte de la parole de Dieu et de toute sa parole. La raison pour laquelle des personnes ont connu de l’embarras, par exemple, par rapport à notre Seigneur, par rapport aux Juifs, prenant la Pâque et la crucifixion, est due à leur oubli que le soir et le matin étaient le premier jour, comme tout autre. Même les savants apportent leurs notions occidentales et familières de compter le jour du matin au soir. C’est la même chose avec la résurrection. La difficulté ne pourrait jamais surgir s’ils avaient vu et s’étaient rappelé ce qui est énoncé dans le tout premier chapitre de la Genèse, et l’habitude indélébile s’est ensuite gravée sur le Juif.

Nous trouvons donc que la lumière est appelée à l’existence – une expression remarquable et, soyez assuré, profondément vraie. Mais quel homme l’aurait pensé ou dit s’il n’avait pas été inspiré ? Car c’est bien plus vrai que toute expression inventée par le plus savant des hommes ; pourtant, il ne s’y trouve pas de science. C’est la beauté et la béatitude de l’Écriture qu’elle est autant au-dessus de la science de l’homme qu’au-dessus de son ignorance. C’est la vérité, sous une forme et une profondeur telles que l’homme lui-même n’aurait pas pu discerner. Étant la vérité, tout ce que l’homme découvre de vrai ne sera jamais en conflit avec elle.

Au premier jour, la lumière est. Ensuite, les cieux apparaissent pour séparer les eaux d’avec les eaux. Troisièmement, la terre sèche apparaît, et la terre produisit l’herbe, les plantes et les arbres fruitiers. Voici la provision de Dieu, non pas simplement pour les besoins de l’homme mais pour sa gloire ; c’est la plus petite chose dans la plus grande. À ce moment, il n’est pas dit qu’ils sont créés. Au quatrième jour, nous voyons les luminaires dans les cieux. La plus grande précision apparaît dans la déclaration. Il n’est pas dit qu’ils ont été créés à ce moment-là ; mais Dieu fit deux grands astres – il n’est pas question de leurs masses, mais de leurs capacités en tant que luminaires – pour la terre Adamique, les étoiles également. Puis nous trouvons que les eaux sont amenées à foisonner « d’êtres vivants ». La vie végétale est venue avant, maintenant vient la vie animale – une vérité qui a du poids, et également un grand moment. La vie n’est pas la matière à partir de laquelle les animaux ont été formés non plus que la matière produit la vie. Dieu produit la vie, que ce soit pour les poissons qui peuplent la mer, les oiseaux du ciel, les bêtes, le bétail ou les reptiles sur la terre ferme. C’est Dieu qui fait tout, que ce soit pour la terre, l’air ou les eaux. Et ici, au verset 21, nous lisons, dans un sens secondaire du mot et avec justesse le terme « créa » ; et nous le reverrons aussi lorsqu’une action nouvelle nous sera présentée en donnant, non pas une vie animale, mais une âme rationnelle – V.27. Nous avons en effet, la création basique de la terre, l’homme en étant lui-même le couronnement final.

Mais voici une différence frappante. Dieu parle avec la pertinence particulière qui convient à la nouvelle occasion, contrairement à ce que nous avons vu ailleurs. « Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance ». C’est l’homme comme chef de la création. Ce n’est pas l’homme placé dans ses relations morales, mais l’homme à la tête de ce royaume créé, comme on dit, mais toujours avec une dignité remarquable. « Faisons l’homme à notre image ». Il devait représenter Dieu ici-bas, et de plus, il devait être comme Dieu. Il devait avoir un esprit capable de connaître Dieu en l’absence de tout mal. Telle était la condition dans laquelle il fut formé. « Dominez sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur tout être vivant qui se meut sur la terre ». Dieu créa l’homme à son image ; à l’image de Dieu, il le créa.

 

2         Genèse 2

2.1        Genèse 2 :1-3

Pour conclure, le jour du sabbat, que Dieu*a sanctifié, clôt la grande semaine où Dieu a formé la terre pour l’homme, son maître.

* Ici, on lit Jéhovah – Éternel – plutôt que Elohim qui aurait gâché la beauté de la narration divine. Il n’y a aucun doute que par la suite Dieu fit comme l’Éternel d’Israël et imposa, è son peuple, le mémorial du sabbat à chaque septième jour de la semaine. Néanmoins, il était important de démontrer son fondement dans les faits de la création, en dehors de la relation spéciale et cela rendait Elohim particulièrement approprié dans cet endroit.

 

2.2        Genèse 2 :4-25

Puis, à partir de Genèse 2 :4, le sujet nous est rapporté d’un autre point de vue – ce n’est pas une répétition du récit de la création, mais de ce qui était encore plus nécessaire de nous être présenté – la place de la relation pour laquelle Dieu l’a formé, non pas pour être seul, mais surtout, en référence à Lui-même. Par conséquent, c’est ici que nous trouvons la première mention de l’Eden. Nous ne pouvions rien connaître du paradis au premier chapitre. La raison est évidente. Eden devait être l’endroit du test moral de l’homme.

Nous rencontrons donc, à partir du verset 4 de notre chapitre, un nouveau titre de Dieu. Jusqu’à la fin du troisième verset, il s’agissait toujours de Dieu (Elohim) en tant que tel. C’était le nom de sa nature divine, comme telle, en contraste avec l’homme ou la créature ; il n’était pas question de la manière particulière avec laquelle Dieu puisse se révéler à un temps donné, ou interagir de manières exceptionnelles, mais le nom, que nous pourrions appeler, général et historique de Dieu – « Dieu » comme tel.

À cause de ceci, et d’autres raisons, il est manifeste que Genèse 2 aurait dû commencer avec le quatrième verset de notre Bible. Dieu est ici présenté en tant qu’Éternel-Elohim – et ainsi jusqu’à la fin du chapitre.

Ici, il faut me permettre de dire un mot sur un sujet qui a suscité d’énormes discussions mais qui trahit, je regrette de le dire, une infidélité évidente. Des esprits spéculatifs ont mentionné que, vu les différents noms de Dieu, qu’il devait y avoir différents documents réunis dans ce livre. Or, il n’y a véritablement pas le moindre motif pour une telle hypothèse. Au contraire, en supposant qu’il n’y ait eu qu’un seul écrivain du livre de la Genèse, comme j’en suis persuadé dans ce cas, cela n’aurait pas porté le sceau d’une communication divine s’il avait utilisé le nom d’Éternel-Elohim en 1-2 :3, ou le nom de « Elohim » seulement en 2 :4-25. Le changement de désignation découle de vérités distinctes, non de fabulistes différents et d’un triste compilateur qui ne pouvait même pas les comprendre. En acceptant le tout comme une écriture inspirée, je soutiens que le même écrivain a dû utiliser cette manière distincte de parler de Dieu dans Genèse 1 et 2, et que la notion qu’il y ait deux ou trois écrivains est simplement un manque d’intelligence réelle de l’Écriture. S’il s’agissait du même écrivain inspiré, il convenait au plus haut degré d’utiliser le simple terme « Elohim » dans les chapitres 1 – 2 :3, puis le composé « Éternel-Elohim » à partir du verset 4 et tout au long du chapitre 2 de la Genèse. Un simple historien comme jadis, Josèphe, ou comme H. Ewald, aurait pu utiliser l’un ou l’autre sans perte notable pour ses lecteurs à travers les deux chapitres. Un auteur inspiré n’aurait pas pu s’exprimer différemment de Moïse sans porter atteinte à la beauté parfaite et à l’exactitude de la vérité*. Si le livre était dans chacun de ces différents sujets écrits selon la manière la plus parfaite qui imprègne l’Écriture, et que Dieu seul est capable de produire par Ses instruments choisis, je suis convaincu que si Elohim avait été utilisé dans Genèse 2, et « Éternel-Elohim » dans Genèse 1, ils auraient été complètement hors de propos avec leurs positions respectives en 1 et 2. Tel qu’ils sont actuellement, ils sont en parfaite harmonie. Le premier ne parle pas de relations spéciales – ne traite d’aucune relation particulière de Die avec la créature. C’est le Créateur qui est à l’origine de ce qui est autour de nous et, par conséquent, c’est Dieu, Elohim, qui seul pourrait être utilisé comme tel en 2 :1-3, présentant le sabbat comme le complément nécessaire de la semaine, continuant ainsi les six jours précédents et non pas avec ce qui suit. À partir de Genèse 2 :4 où nous avons une position spéciale et une responsabilité morale à voir pour la première fois le terme composé qui exprime le Suprême se mettant en relation avec l’homme, en traitant moralement avec lui ici-bas, est utilisé en premier et avec la pertinence la plus frappante.

 

* Nous pouvons juger du peu de crédit de cette exactitude que la Septante peut revendiquer face à l’inattention accordée à cette différence dans la version grecque. Holmes et Parsons montrent cependant que l’omission κύριος fournie dans beaucoup de manuscrits, que ce soit par les traducteurs ou les copistes, peut être un problème.

 

Le livre de la Genèse est donc loin d’indiquer l’œuvre d’un compilateur maladroit qui aurait enfilé ensemble des documents sans cohésion ou une justesse particulière. Au lieu de trouver deux ou trois ensembles de simples traditions édités par un autre parti, il y a réellement la déclaration parfaite de la vérité de Dieu, l’expression d’une pensée, comme il ne s’en trouve nulle part ailleurs que dans la Bible. La différence dans les titres divins est due au sujet distinctif, et non pas de la paternité ; et cela continue dans les Psaumes et les Prophètes tout aussi bien que la Loi de manière à convaincre d’ignorance et de témérité les savants qui vantent si haut l’hypothèse du document qu’ils appliquent au Pentateuque.

En conséquence, nous trouvons ici, dans Genèse 2, avec une plénitude et une précision utilisée nulle part ailleurs, l’entrée de Dieu en relation avec l’homme, la relation de l’homme avec Eden, le royaume animal et avec la femme en particulier. Ainsi, lorsque l’on prend note de la formation de l’homme, elle est décrite – comme tout le reste ici – d’une manière tout à fait distincte de celle de Genèse 1, mais cette particularité est évidemment due à la relation morale que l’Esprit de Dieu apporte ici au lecteur. Chaque sujet qui se présente à nous est traité du nouveau point de vue qui convient au nom donné à Dieu dans ce passage – le nom de Dieu en tant que gouverneur moral, et non plus simplement en tant que créateur. Quelqu’un aurait-il pu concevoir une telle sagesse à l’avance ? Au contraire, nous avons tous lu ces chapitres de la Bible, et nous les avons peut-être aussi lus en tant que croyants, sans voir à la fois leur immense portée et leur profonde exactitude. Lorsque la parole de Dieu est étudiée humblement et dans la prière, la preuve qu’il s’y trouve une profondeur divine telle qu’aucun homme n’aurait pu l’y placer, ne sera pas longtemps dissimulée par l’Esprit de Dieu. Alors quelle confirmation de sa foi ! Quelle joie et quels délices dans l’Écriture ! Si des hommes – aussi capables et intelligents, ont pu tordre les signes de sa perfection en utilisant des documents mauvais et contradictoires, combinés ridiculement par un homme qui ne se rendait pas compte qu’il éditait non seulement des fables, mais des fables inconsistantes, que peuvent les croyants devant sinon s’étonner de l’aveuglement humain et adorez la grâce divine !  C’est avec une gratitude éclatante, qu’ils reçoivent pour eux-mêmes la parole précieuse de Dieu, où son amour, sa bonté et sa vérité brillent d’une manière au-delà de toute comparaison. Elle répond aux moindres besoins de l’esprit et du cœur, même des plus sérieux, et ce chaque jour. De toute manière, elle prouve qu’elle n’est pas la parole des hommes mais la vérité de Dieu qui agit efficacement en ceux qui croient.

Cette nouvelle section s’ouvre donc ainsi : « Ce sont ici les générations des cieux et de la terre lorsqu’ils furent créés (remontant au début) au jour* (ici, l’écrivain se reporte plus loin) que l’éternel Dieu – Éternel-Elohim - fit la terre et les cieux ». Selon ce point de vue, on observera qu’ils ne sont plus « créés » mais « faits ». La parole est invariablement utilisée de la manière la plus parfaite. « Et tout arbuste des champs avant qu’il fût sur la terre, et toute herbe des champs avant qu’elle crût ; car l’Éternel Dieu – Éternel -Elohim – n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol ; mais une vapeur montait de la terre et arrosait toute la surface du sol**. Et l’Éternel Dieu – Éternel-Elohim – forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante. »

 

* La critique n’est-elle pas empêtrée par l’expression « le jour » contre la précision des six jours de la section précédente ? Il n’est pas fondé de dire que dans le second récit, le monde actuel est censé être produit en une fois. L’histoire relatée en Genèse 2 à partir du verset 4 n’est pas tant l’histoire de la création qu’une déclaration des relations de la création, et en particulier de l’homme, son centre et sa tête. Genèse 2 assume Genèse 1 mais joute des éléments moraux de la plus haute importance et du plus haut intérêt.

** Il semble presque trop banal de remarquer ce que le Dr Davidson et l’évêque Colenso – ou leurs sources allemandes – disent de Genèse 2 :5-6 comme si c’était incompatible avec Ge 1 :9-10. Si la puissance divine séparait la terre des eaux, pourquoi resterait-elle saturée ? Dans Genèse 1, il est dit que « la terre sèche » était appelée terre ; dans cet autre passage, qu’aucune pluie ne soit encore tombée et qu’un brouillard s’était levé. Quoi de plus cohérent ?

 

 

Ici, nous apprenons que l’homme ne devint pas une âme vivante de la même manière que les autres animaux. Les autres ont été amenés à vivre du simple fait que Dieu les a organisés selon sa propre volonté; mais dans le cas de l’homme, il y avait cette différence essentielle que lui seul est devenu une âme vivante par l’inspiration d’Éternel-Elohim. Seul l’homme a donc ce qu’on appelle communément une âme immortelle. Il est dit que seul son corps est mortel. Seul l’homme, en tirant ce qui lui a donné le souffle de vie non de son corps mais du souffle d’Éternel-Elohim, rend compte à Dieu. L’homme ressuscitera et revivra. Il ne réapparaîtra pas seulement avec les éléments de son corps, ce qui est bien vrai, mais en plus il réapparaîtra corporellement en relation avec une âme qui n’est jamais morte. C’est l’âme qui donne l’unité et qui rend compte de l’identité personnelle. Toutes les autres manières de l’expliquer sont faibles, s’ils ne sont pas de simples déchets. Cette déclaration divine, en rapport avec la relation morale de l’homme avec Dieu, ici calmement et clairement énoncée, est la vraie clé. Quand les hommes raisonnent au lieu de recevoir la lumière révélée de la Bible, peu m’importe qui ou ce qu’ils peuvent être, ils ne font que se tromper sur Dieu et même sur l’homme. Ils spéculent, ils vous donnent des idées – et souvent des idées très idiotes. La parole de Dieu présente au plus simple chrétien le récit parfait de ce qu’il en est.

Cette vérité élémentaire est d’une immense importance à l’heure actuelle car tout est remis en question, même ce qui semble le plus sûr. Ce n’est pas comme si c’était une chose nouvelle pour l’homme de nier l’immortalité de sa propre âme. Au début, cela semble étrange qu’un jour d’auto-exaltation humaine soit également caractérisé par un désir aussi fort que de refuser le souffle spécial de Dieu pour son âme, et de le dégrader en un pedigree de singe ! C’est pourtant une vieille histoire dans ce monde, bien que nouvelle pour les membres professants et les ministres du Christ, que d’être fier de mépriser la révélation divine. L’infidélité prend de plus en plus une forme apostate, et ceux qui vénéraient à la fois l’Ancien et le Nouveau Testament abandonnent la vérité de Dieu pour les romans rêveurs mais malveillants de la soi-disant science moderne. Il n’y a jamais eu de moment où l’homme frôlait plus manifestement l’apostasie de la vérité, et cela non seulement quant à la rédemption, mais également quant à la création, lui-même et surtout quant à sa relation avec Dieu. Renoncez à l’immortalité de l’âme, et vous niez le fondement de cette relation, la responsabilité morale particulière de l’homme envers Dieu.

Mais il y a plus que cela, bien que ce soit d’un extrême intérêt, parce que nous voyons avec une égale certitude et clarté pourquoi Éternel-Elohim n’est pas présenté avant ici et pourquoi l’homme devient une âme vivante par l’inspiration de Dieu ici et non dans le premier chapitre. Ni l’un ni l’autre n’aurait été adapté au chapitre ; les deux sont parfaitement à leurs places dans Genèse 2. De plus, nous entendons maintenant parler du jardin qui a été planté par Éternel-Elohim vers l’est en Eden, où il a mis l’homme qu’il avait formé. Et nous trouvons la vérité solennelle, que non seulement Éternel-Elohim a fait pousser tout arbre agréable à voir et bon à manger, mais « l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal ».

J’attire votre attention un instant sur ce point. C’est souvent une difficulté pour les âmes que Dieu ait dû faire tourner l’histoire morale du monde sur le fait de toucher ou manger ce fruit. Le simple esprit de l’homme pense qu’il est très difficile que ce qui semble être une question si petite puisse engendrer des résultats aussi terribles. Ne comprenez-vous pas que c’était là l’essence même de l’épreuve ? C’était la caractéristique essentielle afin que l’épreuve soit simplement une question de l’autorité de Dieu en matière d’interdiction et non une question d’un grave mal moral. C’était en cela que résidait l’épreuve. Quand Dieu a fait l’homme, quand Éternel-Elohim a insufflé le souffle de vie dans ses narines, l’homme n’avait aucune connaissance des choses comme bonnes ou mauvaises en elles-mêmes. La connaissance a été acquise – n’avez-vous jamais connu, ou avez-vous oublié ce fait solennel ? – par la chute. Un homme innocent ne pouvait avoir la connaissance du bien et du mal ; il devait connaître la chute. Si l’homme est absolument innocent et n’a aucun mal, ni en lui-même ni dans ce qui se trouve autour de lui – et c’est le récit révélé des choses – comment pourrait-il avoir une connaissance du mal ? Comment peut-on avoir cette discrimination qui nous permet de décider moralement entre ce qui est bien ou mal ? Comme l’Écriture est parfaite jusqu’aux détails les plus intimes ! Pourtant aucun ne l’a fait ou n’aurait pu l’anticiper.

La condition de l’homme était alors tout à fait différente de ce qu’elle est devenue immédiatement après.  Tout est cohérent dans la révélation, et nulle part ailleurs. Les hommes les plus sages, ceux dont le monde s’est le plus enorgueilli, n’ont jamais eu la moindre pensée adéquate sur un tel état de choses ; pourtant, même parmi les païens, il restait assez de tradition pour témoigner de la vérité. Bien plus, maintenant qu’il est clairement révélé, ils n’ont aucune compétence pour l’apprécier – ne peuvent jamais y puiser sa force; et pour cette simple raison que l’homme juge invariablement pour lui-même et par sa propre expérience au lieu de se soumettre à Dieu et sa parole. Il n’y a vraiment que la foi qui puisse accepter ce qui vient de Dieu; et la foi seule donne des indices sur ce qui nous environne actuellement. Elle nous guide alors au milieu des enchevêtrements en croyant Dieu, que ce soit en ce qui concerne ce qu’Il a fait autrefois ou ce qu’Il fera encore. La philosophie ne croit ni l’un ni l’autre, dans un vain effort pour rendre compte de tout par ce qui est ou plutôt par ce qui apparaît car elle ne sait rien, pas même le présent alors qu’elle devrait le savoir. Par conséquent, la tentative de l’esprit de l’homme pour ce qui est maintenant de juger de ce qui était, alors aboutit toujours à la moindre confusion et à l’échec total. En vérité, seul Dieu est compétent pour affirmer et c’est ce qu’Il a fait.

Le croyant ne trouve donc pas la moindre difficulté. Il ne pourra peut-être pas répondre aux objections. C’est un autre sujet et en aucun cas, d’une telle conséquence que beaucoup supposent. Le grand point, mes frères, est de retenir la vérité. Il est bien, et c’est un service d’amour souhaitable, si un chrétien peut heureusement et avec la sagesse de Dieu répondre aux difficultés des autres, mais retenez vous-mêmes la vérité. Telle est la puissance et la simplicité de la foi. Les adversaires peuvent sans doute essayer de vous embarrasser. S’ils le veulent, laissez-les faire. Ne vous inquiétez pas si vous ne pouvez pas répondre à leurs questions et résoudre leurs disputes. Vous pouvez le regretter par amour pour les âmes blessées et induites en erreur. Après tout, c’est la vérité positive de Dieu, de la plus haute importance, que nous devons retenir, et ce Dieu a donné au cœur de l’enfant le plus simple de croire en Jésus.

J’affirme alors que, quand Dieu créa ainsi l’homme, quand il le mit en Eden, le test réel n’était pas l’interdit d’une chose qui était en soi mauvaise, mais simplement et obligatoirement mauvaise pour l’homme parce qu’il l’avait interdite. Telle est l’essence même d’un test pour un homme innocent. En fait, toute autre pensée – telle que la loi – n’est pas seulement contraire à l’Écriture, mais quand vous y pensez attentivement et sérieusement en tant que croyant, cela sera alors perçu comme un état de choses impossible. Par conséquent, un test moral tel que le sage et le prudent introduirait ici, et considérerait une raison plus valable pour laquelle il devrait y avoir une si vaste ruine pour le monde qui s’ensuivrait, est hors de question. Non, c’était la simple question à savoir si Dieu était vraiment Éternel-Elohim, s’il était un gouverneur moral ou non, si l’homme devait être indépendant de Dieu ou non. Cela n’a pas été décidé par une question sérieuse et importante dont l’homme pouvait raisonner et estimer les conséquences, mais simplement en faisant ou ne faisant pas la volonté de Dieu. Ainsi, nous voyons comment la simple vérité est après tout la sagesse la plus profonde.

Il est d’un grand intérêt et d’une grande importance de remarquer que Dieu distingue, d’une part, la responsabilité liée au premier arbre, et d’autre part la vie liée au second – V. 9. Même pour Adam, innocent qu’il était, la vie ne dépendait pas de l’abstinence de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. La mort était une conséquence de la désobéissance à Dieu en mangeant de cet arbre – V. 17 ; mais marchant dans l’obéissance, il était libre de manger de l’arbre de vie. Il a chuté en partageant le fruit défendu, et Dieu a pris garde que l’homme ne mange pas de l’arbre de la vie. Les deux arbres, représentant deux principes et que l’homme confond ou oublie toujours l’un et l’autre, sont dans l’Écriture des vérités totalement distinctes.

Observez également une autre chose. Nous avons la description du jardin d’Eden. Je ne considère pas que sa localité soit si difficile à déterminer d’une manière générale comme on l’a souvent imaginé. L’Écriture le décrit et mentionne deux rivières qui existent toujours, sans conteste, de nos jours. Il n’y a aucun doute que l’Euphrate et le Tigre – ou Hiddekel ici nommé – sont les mêmes fleuves appelés de la même manière jusqu’à aujourd’hui. Il me semble hors de tout doute raisonnable que les deux autres rivières ne sont nullement impossibles à tracer, et il est remarquable en voyant comment l’Esprit de Dieu s’intéresse et nous fournit un fil pour nous aider dans le fait que les deux fleuves les moins connus sont décrits plus complètement que les fleuves si communément connus*.. Nous sommes donc justifiés en supposant qu’ils sont décrits simplement parce qu’ils auraient pu être moins facilement discernables. On dit que le nom de la première rivière est le Pishon, et de l’autre le Guihon. Maintenant, sans vouloir appuyer mon jugement personnel sur une telle question, je peux affirmer la conviction que le Pishon et le Guihon, décrits ici, sont deux rivières au nord du site d’Eden, l’une se jetant sur la mer Noire, l’autre dans la Caspienne. Je crois qu’ils sont ce qu’on appelle, ou on appelait en tout cas dans les temps anciens, la Phase** et les Aras ou Araxes.

* Ceci, pour ne pas parler d’autres raisons, semble concluant contre la prétention qui dit que le Pishon serait le Gange, mis en place par Josèphe et une foule de pères grecs et latins, le Nil selon Jarchi et d’autres rabbins, l’Indus récemment réaffirmé par Ewald, plus d’un des pères le considérant comme le Danube ! Césaire et Épiphane le soutinrent comme le Danube, le Gange et l’Indus, et qu’après un parcours extraordinaire dans le sud, il rejoignit l’océan près de Cadix ! Ceux qui ont fait du Pishon, le Gange, considéraient que le Guihon comme le Nil. Ceux qui adhèrent à la théorie selon laquelle l’Eden reposait sur le Shat-el-Arab considèrent le Pishon et le Guihon comme de simples branches du ruisseau formé par le mélange de l’Euphrate et du Tigre – Hiddekel. Cela me semble toutefois indéfendable bien qu’il puisse être difficile de concilier ce que je considère comme la vérité avec une force inhabituelle d’un ou deux mots.

** NdT Actuel Rioni

 

Enfin, ce n’est qu’en passant car c’est évidemment une question de peu d’importance en soi, mais nous devrions tenir tout le récit du Paradis comme historique dans le sens le plus strict et le plus complet. Et, de plus, la position de ces rivières me semble expliquer – ce qui a souvent été une difficulté pour beaucoup – le récit qui nous est donné ici, qu’« un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait et devenait quatre rivières ». Si le jardin se trouvait dans ce quartier – c’est-à-dire en Arménie – dans la partie de celui-ci où se trouvent les sources ou le bassin versant de ces fleuves, ils seraient tous dans un certain quartier circonscrit, comme entourant ce jardin. Il est cependant possible que Dieu ait permis un certain changement quant à la distribution de ces eaux autour du jardin. Je ne m’aventure sur aucune opinion à ce sujet. L’Écriture n’en dit pas plus et nous devons nous y tenir. Ces remarques sont simplement jetées pour montrer qu’il ne semble pas y avoir de difficulté insurmontable pour parvenir à une solution satisfaisante de cette question épineuse. Quant au transfert du site du jardin plus bas, dans la plaine de Shinhar, il me paraît tout à fait intenable. Il est impossible ainsi de relier l’Eden à la fontaine ou aux sources de ces fleuves. Il n’est pas difficile de concevoir à la fois qu’ils avaient une source commune avant de se séparer et que le jardin d’Eden pouvait avoir un étendu considérable. Que cela suffise : je ne veux pas spéculer sur la question.

La grande question à se poser vient ensuite : « Éternel-Elohim prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder ». Il n’y a aucune mention de cela dans le premier chapitre. « Et Éternel-Elohim commanda à l’homme, disant : Tu mangeras librement de tout arbre du jardin ; mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car au jour » etc. Encore une fois, pas un mot de ceci dans le chapitre précédent. Pourquoi ? Parce que la responsabilité morale dans la relation avec l’Éternel-Elohim intervient exactement là où elle devrait. S’il en avait été question dans le premier chapitre, il aurait pu y avoir une grave exception à savoir si un tel récit aurait pu être inspiré ; mais, ainsi, c’est exactement comme il se doit.

Ensuite, les diverses espèces d’animaux terrestres et d’oiseaux sont présentées à l’homme pour voir comment il les nommerait ; avant que Ève ne soit formée*. Le beau type de création appartenant au Christ est ainsi admirablement préservé. La création n’appartient pas du tout à l’Église dont la place est purement de grâce. L’héritier de toutes choses est le deuxième homme, et non l’épouse. Si elle possède tout, c’est à cause de son union avec Lui, et non pas à cause de sa nature. Ceci est maintenu de façon frappante ici car ces créatures sont amenées devant Adam par Éternel-Elohim et il leur donne des noms à tous montrant clairement non seulement son titre de seigneur, mais le pouvoir du langage approprié donné par Dieu dès le début. L’idée que la parole intelligible est une simple évolution de la mise en place graduelle des éléments est un rêve de spéculation ingénieuse qui peut exercer l’esprit des hommes mais n’a aucun fondement. Adam, le tout premier jour de sa vie, même avant la formation d’Ève, a donné leurs noms aux animaux, et Dieu Lui-même a sanctionné ce que leur chef disait. Telle était sa relation avec la créature ; il a été mis à cet endroit par Dieu.

 

* Cette attitude morale et typique est la véritable clé du récit dans Genèse 2 :4-25 et tient vraiment compte des différences de 1 à 2 :3 que l’ignorance et l’incrédulité pervertissent en divergences de deux écrivains distincts et incohérents. Ce n’est pas le fait que Genèse 2 :7 et 19 représente l’homme comme ayant été créé avant toutes les créatures vivantes, oiseaux et bêtes, pas plus que l’homme créé à l’image de Dieu contredit l’affirmation de Genèse 2 :7 selon laquelle il a été formé de la poussière du sol. Il n’est pas dit dans Genèse 1 :27 que l’homme et la femme ont été créés ensemble ; ou que la femme a été créée directement, et non formée à partir d’une des côtes de l’homme.

 

Mais cela rendait le besoin d’autant plus évident, et Éternel-Elohim prend note, d’un partenaire pour les affections et la vie d’Adam, une personne qui pourrait être devant lui, comme il est dit : « Et Éternel-Elohim fit tomber un profond sommeil sur l’homme » - V.21. La création de la femme en dehors de l’homme – comme il ne fait aucun doute que tous les autres hommes et femmes ont été fait séparément – aurait été un fait stérile et peu impressionnant. Dans l’état actuel des choses, Dieu réserve le détail frappant pour la scène de la relation morale. Et ne puis-je pas présenter à la conscience de chaque âme si un tel événement n’est pas exactement là où il devrait être, selon les traits internes et distinctifs de Genèse 1 et 2 ? Nous savons tous à quel point l’homme a été apte à oublier la vérité – combien de fois pourrait-il profiter du droit ! Dieu était au moins heureux de former la femme, ainsi que de révéler sa formation d’une manière qui devrait faire honte à celui qui la reconnaît comme sa propre chair et os, mais qui brouille ou abuse d’une relation si intime. « Et il prit une de ses côtes, et il en ferma la place avec de la chair. Et Éternel-Elohim forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et l’amena vers l’homme. Et Adam dit : Cette fois, celle-ci est os de mes os et chair de ma chair ; celle-ci sera appelée femme (Isha) parce qu’elle a été prise de l’homme (Ish). C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair. »

La condition primitive est également décrite. « Ils étaient tous deux nus, l’homme et sa femme, et ils n’en avaient pas honte. » C’était un état tout à fait différent de l’homme déchu ; si convenable alors ; peu importe à quel point c’était alors approprié, c’était tel qu’un homme, comme il est, n’aurait jamais pu concevoir avec décence. Pourtant, nous ne pouvons que ressentir à quel point cela convenait à l’innocence, dans la condition que Dieu a faite l’homme et la femme. Aurait-il pu les faire autrement conformément à son propre caractère ? Auraient-ils pu ainsi se comporter autrement que ce qui est décrit ici ? L’expérience actuelle de l’homme n’aurait suggéré ni l’un ni l’autre ; pourtant son cœur et sa conscience, à moins d’être rebelles, sentent à quel point tout est juste et bien seyant dans un tel état de choses – rien d’autre n’est aussi bon.

 

3         Genèse 3

3.1        Genèse 3 :1-5

Ce chapitre nous montre le résultat du test que nous avons vu posé par Éternel-Elohim. Il fut bientôt mis en place. Et voici un autre fait que je désire vous apporter. Nous voyons introduit, sans plus tarder sur la scène, un trop bien et encore trop peu connu, l’adversaire, actif et audacieux, le plus subtil de Dieu et de l’homme, le serpent – de qui est issu le péché et la misère, comme la Bible en témoigne depuis le début jusqu’à la fin – ici nous présente quelques mots tranquilles. Qui aurait fait cela si ce n’est Dieu ? Dans n’importe quel autre livre, dans un livre écrit par un simple homme – faut=il hésiter à le dire ? – nous aurions dû avoir une longue introduction et une histoire complète de son origine, de ses desseins et de ses actions. Dieu pouvait le présenter et laisser le cœur sentir la justesse de ne pas en dire davantage sur lui que nécessaire. Le fait se déclare. Si dans le premier chapitre le vrai Dieu se révèle dans sa puissance créatrice et sa gloire, sa parfaite bienveillance qui marque aussi ce qu’il avait fait ; si dans le second, les relations spéciales présentent encore plus sa voie et sa volonté morales, ainsi le serpent ne manque pas de manifester sa condition et son but actuels – non bien sûr la condition dans laquelle il a été fait, mais celle à laquelle le péché l’avait réduit. « Le serpent était plus rusé qu’aucun animal des champs que l’Éternel-Elohim avait faite ».

Le troisième chapitre est en effet une continuation du deuxième – assez correctement transformé en chapitre séparé, mais simplement sa suite. C’est la question de ce test décisif qui y est proposé. Et ici l’effort de l’ennemi était d’abord de soulever le doute sur la bonté de Dieu aussi bien que sur sa vérité, en somme, sur Dieu lui-même. Les convoitises et les passions humaines n’étaient pas encore en question, mais elles suivirent bientôt – le désir d’avoir ce que Dieu avait interdit. Mais d’abord, on permet une insinuation contre le vrai Dieu de s’infiltrer. Tout le mal est dû à ce levier, cela commence par Dieu qui est visé ou miné par l’attaque. « Et il dit à la femme : Quoi, Dieu* a dit : Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ? Et la femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin ; mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point, et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Et le serpent dit à la femme : vous ne mourrez point certainement, car Dieu sait qu’au jour où vous en mangerez vos yeux seront ouverts, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal » - V.1-5. C’est ainsi que le serpent a envenimé moralement le cœur de la femme d’abord, puis de l’homme. Je n’ai pas besoin de m’attarder sur la triste histoire que nous connaissons tous plus ou moins. Elle a écouté, regardé, pris du fruit ; elle a mangé et est tombée. Et l’homme aussi a mangé, non pas trompé, mais les yeux ouverts, et par conséquent d’autant plus coupable, influencé sans doute par ses affections ; cependant, audacieux en leur cédant car il aurait plutôt dû être le garde et le guide de la femme, et surtout n’aurait pas dû la suivre même s’il n’avait pas réussi à la maintenir en sécurité sur le chemin du bien. Malheureusement, il la suivit, comme il l’a souvent fait depuis, dans la large voie du mal. Adam n’a pas conservé la place dans laquelle Dieu l’avait placé.

* Certains se sont demandé pourquoi le serpent et Ève devraient être représentés comme disant Elohim – Dieu – dans la tentation, car partout ailleurs dans la section le nom employé est Éternel-Elohim. Or, non seulement ce serait le simple fait qu’Elohim seul ait été utilisé, mais en outre, à cause de cela, l’historien n’introduirait pas ici le nom de relation spéciale que l’ennemi tenait surtout à faire oublier si possible ce que la femme en fait oublia très vite en laissant quelqu’un travailler son esprit dont le premier but était de semer la méfiance à l’égard de Dieu. Il me semble que tout est en parfait état; et que l’omission de l’Éternel ici est également naturelle de la part du serpent et d’Ève, comme elle convient à l’histoire inspirée de la transaction.

 

3.2        Genèse 3 :8-15-19

Les deux tombés, ils avaient honte. « Ils connurent qu’ils étaient nus ; et ils cousirent ensemble des feuilles de figuier et s’en firent des ceintures. Et ils entendirent la voix d’Éternel-Elohim qui se promenait dans le jardin au frais du jour, et Adam et sa femme se cachèrent » - V.7-8. Les victimes du péché connaissaient la honte, et maintenant aussi la peur. Éloignés de Dieu, ils se sont cachés et Il n’a eu qu’à prononcer ces paroles solennelles et pénétrantes à Adam : « Où es-tu ? » Il était loin de Dieu. Forcé de se découvrir, Adam raconte l’histoire humiliante : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché ». Le mal est enfin retracé à sa source et le serpent en est pleinement ressorti. Solidaires, chacun – l’homme, la femme, le serpent - se tient coupable dans la présence d’Éternel-Elohim. Il est pourtant merveilleux à dire que, dans l’annonce même du jugement sur le serpent, Dieu, par la lumière de sa présence avait contraint le couple coupable à sortir des ténèbres dans lesquelles ils s’étaient cachés – ou plutôt cherchaient à se cacher – Dieu a présenté la première lumière brillante de la miséricorde, mais la miséricorde dans le jugement de celui qui était à la racine du mal. Ne peut-on pas redire qui aurait pensé auparavant à des voies si véritablement et manifestement divines ? Mais c’est la parole de Dieu, et rien ne peut Lui être plus approprié, gracieux envers l’homme, juste pour l’ennemi.

Les croyants n’ont cessé de dire que ceci était une promesse mais il est instructif de voir que l’écriture ne le dit jamais. Sans contredit, il y avait une révélation d’une infinie bénédiction pour l’homme mais on peut difficilement appeler cela une promesse. C’était adressé au serpent. S’il y eut une promesse, c’était pour la semence de la femme, le dernier Adam, et non au premier, qui était simplement condamné avec Ève. C’est Abraham, et non Adam, qui est le dépositaire de la promesse ; ainsi parle l’Écriture, pour autant que je sache. Nous voyons pourquoi cela devrait être. Était-ce le moment d’une promesse ? Était-ce un état pour une promesse ? Était-ce une personne pour une promesse ? – celui qui avait ruiné la gloire de Dieu, dans la mesure où elle reposait sur lui. Non, mais en jugeant le serpent, le dessein de Dieu est révélé, non pas une promesse à Adam, le pécheur, mais la révélation qui écraserait la tête du serpent, le premier pécheur et le tentateur à succès du péché. Le deuxième homme, pas le premier, est l’objet de la promesse. C’est en effet la vérité invariable et constante de toute l’Écriture.

Observez, au commencement de la parole de Dieu, quelles sont les sources de toutes choses. Comme nous avons vu Dieu lui-même, le Créateur et le Gouverneur moral, nous trouvons plus loin l’ennemi de Dieu et de l’homme en accord exact avec la dernière parole que Dieu prononce. Encore une fois, notons la confrontation du serpent, non pas avec l’homme, qui tombe toujours sous la puissance de Satan, mais avec le Christ, qui conquiert toujours. Telle est la manière dont Dieu présente sa vérité, et ceci dès le début de sa parole. Aucune révélation ultérieure ne la corrige. L’Écriture est divine du début à la fin. De plus, nous ne trouvons aucune précipitation à révéler, tout est en saison. On n’a toujours pas lu un seul mot sur la vie éternelle – cela devait attendre la venue de Celui qui était avec le Père ; pas encore un mot sur les richesses infinies de la grâce qui devaient ensuite abonder. Une personne nous est présentée - la semence de la femme ; et la manière exprime si bien la tendre miséricorde de Dieu. Si la femme était la première à céder, elle est la mère destinée de Celui qui vaincrait le diable et délivrerait l’homme. Mais ce qui vient maintenant, et qui est retracé dans toute la Bible, on peut le remarquer, est la conséquence actuelle dans le gouvernement de Dieu*. Par conséquent, nous constatons que comme l’homme avait écouté la sirène et avait mangé de l’arbre dont il avait été ordonné de ne pas manger, la terre était maudite pour lui. C’est le résultat actuel. Donc, encore une fois, la femme a sa part, dont nous n’avons pas besoin d’en dire plus si ce n’est pour faire remarquer l’indice qui lui est donné pour l’histoire du monde. Les deux sont réunis en ceci, qu’ils ont été faits de la poussière et devront y retourner.

*Comme cela s’accorde bien avec les relations dispensationnelles de Dieu avec Israël n’a pas besoin d’être discuté. Il avait été choisi pour être le vase public du gouvernement divin sur la terre. Nous avons eu son échec sous la loi ; nous recherchons sa stabilité sous le Messie et la nouvelle alliance. Mais il est et sera du plus profond intérêt de retracer ces voies de Dieu dans le gouvernement terrestre depuis le début.

 

3.3        Genèse 3 :20-24

Néanmoins, au milieu de la scène de désolation, nous voyons Adam nommer sa femme « Ève » - v.20. Pour moi, il est parfaitement clair à quel point la chute a été rapide après la création de l’homme. Il n’avait pas encore donné à sa femme son nom complet et propre. Il avait décrit ce qu’elle était plutôt que qui ; ce n’est que lorsque le péché est entré, et que d’autres, s’il y en avait eu, l’auraient appelée naturellement la mère de la mort, qu’Adam – par ce qui semble être la direction de Dieu dans la foi – l’appelle plutôt la mère de la vie. Son âme, je n’en doute pas, saisit la parole que Dieu avait prononcée en jugeant le diable. Et Dieu, ici, marque trop magnifiquement son sentiment car, on nous dit au v.21 que « Dieu-Elohim fit à Adam et à sa femme des vêtements de peau, et les revêtit ». L’insuffisance de leurs ressources était prouvée. Vient maintenant, dans l’ombre, ce que Dieu ferait pleinement un autre jour.

Cependant, les conséquences du moment suivent leurs cours et dans un certain sens, entremêlées de miséricorde, comme c’est habituellement le cas, je pense, dans le gouvernement de Dieu. L’homme, tel qu’il est, est moins heureux car il ne sait pas ce que c’est que de travailler dans un monde comme celui-ci. Ce n’est pas seulement ce à quoi il est condamné, mais également l’endroit sagement ordonné pour l’homme déchu ici-bas. Il n’y a personne de plus misérable que l’homme qui n’a pas de but devant lui. J’accepte que dans un état non déchu, il y avait forcément un autre état de choses. Là où, autour de l’homme innocent, tout brillait et était bon, le fardeau du labeur n’avait pas sa place. Je ne parle que de ce qui est bon pour l’homme hors du paradis, et de la manière dont Dieu répond et s’occupe de son état dans sa grâce infinie. Sur ceci, cependant, nous n’avons pas besoin d’en dire davantage puisqu’il « chassa l’homme », de peur qu’il ne perpétue l’état de ruine dans lequel il était passé*.

 

*Il est déplorable mais salutaire de voir comment la superstition et le rationalisme s’accordent dans la plus grossière ignorance de la condition de l’homme avant la chute et à travers elle. La doctrine de la théologie systématique est que l’image de Dieu à l’intérieur s’est corrompue et souillée ; alors que même à ce moment-là, il n’était pas complètement abandonné et que le cours de son histoire déclare par quels moyens il a plu à Dieu de renouveler, dans une certaine mesure, son image perdue. Un autre théologien, mais un infidèle, considère la connaissance du bien et du mal comme l’image de Dieu par la création. Ceci est souvent mal compris. L’Écriture est claire et profondément vraie : « Et Éternel-Elohim dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ; et maintenant, - afin qu’il n’avance pas sa main et ne prenne aussi de l’arbre de vie et n’en mange et ne vive à toujours… ! Et Éternel-Elohim le mit hors du jardin d’Éden, pur labourer le sol, d’où il avait été pris : il chassa l’homme, et plaça à l’orient du jardin d’Éden les chérubins et la lame de l’épée qui tournait ça et là, pour garder le chemin de l’arbre de vie » - V.23-24.

 

Dans son domaine d’origine, l’homme a été créé à l’image de Dieu, mais il n’avait pas la connaissance du bien et du mal. C’est ce qu’il a acquis avec la chute. Après cela, il pouvait estimer et connaître les choses lui-même comme bonnes ou mauvaises, bien que ce ne soit plus innocent. Un être saint peut et effectivement possède le discernement pour reconnaître ces choses – c’est-à-dire un être qui a une nature qui jouit d’une indépendance face aux éléments extérieurs, et qui tout en sachant repousse le mal et s’attache au bien. Cependant, ce n’était pas le cas pour Adam qui avait simplement été repris avec l’absence et l’ignorance du mal. Lorsqu’il a chuté, il a acquis la capacité interne de reconnaître le bien du mal, en dehors d’une loi pour l’informer ou lui interdire, et à cet égard, est devenu comme Dieu au moment même où il a perdu sa communion avec Dieu en tant que créature innocente. Nous apprenons ainsi la compatibilité de ces deux choses, qui en fait étaient vraies de l’homme – une chute de la relation d’innocence dans laquelle il était à l’origine – placé avec Dieu – et une élévation de la capacité morale qui, sans la foi, entraîne une immense misère tout en possédant la plus haute valeur quand on est amené à Dieu par notre Seigneur Jésus.

 

4         Genèse 4

4.1        Genèse 4 :1-4

Nous avons ensuite une nouvelle scène qui s’ouvre avec un changement du nom de Dieu. Ce n’est plus le test de la création, telle que Dieu l’a faite, et c’est ici souligné. Il est appelé « Éternel » ; il n’est pas désigné par l’ancien terme composé « Éternel-Elohim », mais simplement par « Éternel ». On trouvera par la suite, comme nous le verrons, soit « Elohim » seul, soit « Éternel » dans les autres noms de caractère spécial, et ce jusqu’à l’appel d’Israël, lorsque nous aurons une modification appropriée dans l’expression de Son nom. Mais Adam devient maintenant père, non innocent, mais tombé avant de devenir le chef de sa race. Caïn est né et la mère déchue lui a donné un nom, mais quelle erreur ! J’en suis sûr, non qu’elle eût le droit de lui donner un nom, mais qu’il peut être prouvé qu’elle en a donné un singulièrement inapproprié. Elle pensait que son premier-né était un grand gain, car telle est la signification du nom « Caïn ». Malheureusement, quelle déception et quel chagrin, tous deux des plus poignants, suivirent bientôt. Car Abel est né aussi. Avec le temps, il arriva que tous deux apportèrent leurs offrandes à « Éternel » - un terme, je peux le faire remarquer, qui est ici admirable. Ce n’était pas seulement celui qui avait tout créé, mais le Dieu en relation spéciale avec l’homme – Éternel. Voilà où réside sa force. Caïn le regarda simplement à la place d’un créateur et ce fut là son erreur. Le péché avait besoin de plus. Caïn a apporté ce qui aurait pu suffire dans un monde non déchu – ce qui aurait pu convenir à un adorateur innocent de Celui qi était simplement connu sous le nom d’Elohim. Il est impossible qu’un tel motif puisse, à juste titre, être prolongé, mais Caïn ne le sentait pas. Il rend donc un service religieux avec sa propre pensée et apporte du fruit de la terre qui est maintenant maudite, tandis qu’Abel offre par la foi, les premiers-nés de son troupeau et leur graisse. Et Éternel respecta Abel et son offrande. C’est la grande vérité du sacrifice, dont la foi d’Abel s’est emparée, réalisant et confessant dans son agneau sacrifié qu’il n’y avait pas d’autre moyen dans un monde en ruine pour une relation sainte, et aussi pour la confession de la vérité, comme entre Dieu et l’homme. Il offre les premiers nés de son troupeau – ce qui est passé par la mort – à Éternel.

 

4.2        Genèse 4 :5-7

« Et Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu. Et l’Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu fais bien, ne seras-tu pas agréé? » Les principes de la nature de Dieu sont immuables. Que les gens croient ou non, qu’ils reçoivent la vérité ou non, Dieu tient à ce qui appartient à son propre être moral. Que quiconque puisse répondre au caractère de Dieu dans un état non déchu est une autre affaire. C’est le même principe dans Genèse 4, que nous trouvons plus explicitement énoncé dans Romains 2 où Dieu montre son juste jugement du mal d’une part, et son approbation de ce qui est bon, saint et vrai d’autre part. Il fait de même ici avec Caïn : - « et si tu ne pas bien » ; et c’était le cas. Sa condition était celle d’un pécheur, et il ne l’a pas considéré face à Dieu. Ce qui caractérise cette scène n’est pas l’état dans lequel était l’homme en tant que tel – c’est ce que nous avions dans Genèse 3 – mais ce que l’homme a fait dans cet état déchu, et plus particulièrement ce qu’il a fait en présence de Dieu et de la foi. Il n’a certainement pas bien fait. « Et si tu ne fais pas bien », dit-on, « le péché est couché à la porte ». La mauvaise conduite est celle qui rend manifeste un état mauvais et qui en découle.

Je ne pense pas que l’expression signifie une offrande pour le péché, comme on le suppose parfois. Il ne semble pas qu’il y ait de raison de déduire la vérité d’une offrande pour le péché qui n’a été comprise dans une moindre mesure que longtemps après. « Par la loi est la connaissance du péché » - Romains 3 :20 et jusqu’à ce que la loi soit introduite, il n’y avait, pour autant que l’Écriture nous le dise, aucune discrimination de ce genre, le cas échéant, entre les offrandes. Elles sont toutes fusionnées en une seule et c’est pourquoi nous constatons que les amis de Job, bien que coupables aux yeux du Seigneur, mais pareil à lui, offrent des holocaustes. – Job 42 :8. Quand Noé apporte son sacrifice, c’est également de cette nature. N’y aurait -il pas eu une offrande pour le péché à ces occasions si la loi était alors en vigueur ? Très sagement, tous ces détails attendaient le déroulement d’un autre temps. J’utilise simplement ces faits scripturaires pour montrer ce qui me semble la vérité selon laquelle le « péché » ne se réfère pas ici à l’offrande spécifique pour cela, mais plutôt à ce qui a été prouvé par une mauvaise conduite.

 

4.3        Genèse 4 :8-24

Néanmoins, Dieu a maintenu la place qui appartenait au frère aîné. Mais rien n’a adouci l’esprit excité et irrité de Caïn. Il n’y a rien qui affole plus l’homme que l’orgueil religieux mortifié et c’est ici prouvé car il s’est soulevé contre son frère et l’a tué. Et Éternel lui parle une fois de plus. Ce n’était pas un péché en tant que tel contre Dieu en Le quittant, comme Adam, mais contre l’homme, contre son frère accepté de Dieu. « Où est Abel, ton frère ? » À l’appel de Dieu, il répond avec non moins de dureté et d’audace qu’un mensonge : « Je ne sais ». Il n’y a pas de véritable courage avec une mauvaise conscience, et la culpabilité sera bientôt évidente là où Dieu apporte sa propre lumière et manifeste la culpabilité. N’oublions pas la tromperie du péché. « Qu’as-tu fait ? » dit l’Éternel. « La voix du sang de ton frère crie de la terre – du sol – à moi ». Et maintenant, Caïn, un fugitif et un vagabond, se maudit lui-même. La volonté de l’homme s’oppose invariablement à la volonté connue de Dieu et celui qui était condamné à être un fugitif se met au travail afin de pouvoir s’installer ici-bas. Caïn, comme il est dit, sortit de sa présence et habitua au pays de Nod ; un fils est né en temps voulu qui construit une ville qui porte son nom. Telle est la naissance de la vie civile dans la famille de Caïn, où l’on trouve la découverte et l’avancée des délices de l’homme ; mais avec les progrès de l’art et de la science, l’introduction de la polygamie. L’esprit rebelle de l’ancêtre se manifeste dans son descendant, Lémec.

 

4.4        Genèse 4 :25-26

Cependant, le chapitre ne se termine que lorsque nous trouvons Seth, que Dieu* a substitué – c’est le sens du nom – ou « nommé », comme il est dit « à la place d’Abel, que Caïn a tué ». Et Seth a également un fils qu’il appela du nom d’Énosh. Alors, les hommes ont commencé à invoquer le nom d’Éternel.

 

*Ève semble avoir été excessivement excitée à la naissance de Caïn, s’attendant, je pense, à ce que l’enfant soit un libérateur puisqu’elle l’a nommé comme étant obtenu d’Éternel. Elle semble exprimer un sentiment dégrisé sinon découragé en disant à la naissance de Seth « Elohim m’a nommé une autre semence ». Elle ne voyait dans ce dernier qu’un enfant donné par Dieu naturellement. Les deux me semblent naturels et déterminés.

 

5         Genèse 5

5.1        Genèse 5 :1-5

Dans Genèse 5, nous avons les générations d’Adam. Je ne voudrais pas m’attarder plus loin maintenant sinon attirer l’attention sur les mots du commencement : « Au jour où Dieu créa l’homme – Adam – il le fit à la ressemblance de Dieu. Il les créa mâle et femelle, et les bénit ; et il appela leur nom Adam, au jour qu’ils furent créés ». Mais il est dit que Adam « engendra un fils à sa ressemblance, selon son image ». Ce n’était plus à la ressemblance de Dieu, mais à l’image de Dieu tout de même. L’homme, maintenant comme toujours, tombé ou non, est à l’image de Dieu ; mais la ressemblance de Dieu a été perdue par le péché. Seth a donc été engendré à la ressemblance d’Adam, et non à la ressemblance de Dieu. Il était comme l’Adam pécheur, pas seulement son représentant. Et c’est ce dont il est question dans Jacques 3 :10, où il parle de notre création à la ressemblance de Dieu. C’est pourtant ce qui est le plus important, parce que lorsqu’il s’agit de la culpabilité d’avoir pris la vie de l’homme, le motif est qu’il a été fait à l’image de Dieu. Il est clair que ceci n’a jamais été perdu et demeure quel que soit l’état de l’homme. Si le crime avait dépendu du fait que l’homme ait conservé la ressemblance de Dieu, le meurtre aurait pu être nié ou justifié car si un homme n’était pas comme Dieu, l’impossibilité de Lui ressembler pourrait être encouragée en le tuant. Mais c’est un crime contre l’homme fait à l’image de Dieu, et ainsi, qu’il soit tombé ou non, la culpabilité du meurtre est certaine et évidente. Tel est donc le fondement, auquel je me réfère comme un exemple de la perfection de l’Écriture et en même temps de la puissance profonde et pratique de la vérité de Dieu.

 

5.2        Genèse 5 :6-32

Dans la liste remarquable qui continue jusqu’à Noé, nous avons une autre grande vérité exposée de la manière la plus simple et la plus belle – le pouvoir de la vie, et non seulement cela. Sans le règne de la mort, nous avons le témoignage qu’au ciel, l’homme a une place. Hénoc nous apporte ces deux leçons.  Je n’ai aucun doute que, en plus de cela, Hénoc est le type de ceux qui cherchent à être avec le Seigneur là-haut tout comme Noé nous montre – comme son histoire est trop connue pour retarder cette affirmation – ceux qui passent à travers les relations judiciaires de Dieu et sont néanmoins préservés. En bref, Hénoc est le témoin de la famille céleste tout comme Noé l’est du peuple terrestre de Dieu.

 

6         Genèse 6

6.1        Genèse 6 :1-2

Nous trouvons ici une déclaration très solennelle – l’apostasie du monde antique. Les fils de Dieu ont choisi les filles des hommes. La véritable clé de ce récit est fournie dans l’épître de Jude. Ce n’est pas une question aussi banale et ordinaire que beaucoup le supposent. Une fois compris, c’est une chose horrible en soi ainsi que ses résultats. Le Saint Esprit a voilé un tel fait de la seule manière qui correspondait à Dieu et qui soit convenable pour l’homme. Ici, en effet, le principe de réserve s’applique, non pas en refusant à l’âme de l’homme la plus profonde bénédiction de la grâce pour les besoins les plus profonds, mais en ne fournissant rien de plus qui soit nécessaire à l’homme pour apprendre sur le sujet. Il en a assez dit mais quiconque prendra la peine de se référer à Jude dans le cadre de ce chapitre rassemblera plus qu’il n’y paraît au premier abord. Nous n’avons pas besoin d’en dire davantage pour l’instant. Dieu lui-même ne l’a touché que brièvement. On ne peut que remarqué que « les fils de Dieu », à mon avis, sont les mêmes êtres, ici, que dans Job 1 :6. Ce point suffira à indiquer leur culpabilité principale en traversant ainsi les limites que Dieu avait fixées pour ses créatures. Il n’est pas étonnant qu’une ruine totale s’en est suivi rapidement. C’est vraiment le fait de base pour plusieurs contes et mythologies que les hommes ont inventés. Quiconque connaît les principaux écrits de l’ancien monde idolâtre, des grecs et des romains en particulier, verra que ce que Dieu a voilé dans cette brève déclaration, qui survole doucement les choses dont il vaut mieux ne pas parler, est ce qu’ils ont amplifié avec les titans, les géants et leurs grandes divinités. Je n’entre bien sûr pas dans les détails, mais voici le récit inspiré qui brille au milieu des horreurs de cette scène sombre que les fabulistes dépeignent. On trouve suffisamment dans ce que l’homme a amplifié pour indiquer ce qui est dit ici en quelques mots simples de vérité.

 

6.2        Genèse 6 :3-10

Le déluge s’ensuit. Dans le récit donné par Moïse, chaque petit point illustre magnifiquement la justesse de la parole de Dieu. Les hommes ont imaginé les contradictions ; ils se sont repliés sur l’ancienne ressource des documents opposés réunis. Il n’y a pas la moindre raison de suspicion. C’est le même historien inspiré qui présente le sujet sous plus d’un point de vue, mais toujours de manière cohérente et avec un dessein divin qui régit tout. Chaque grand écrivain, dans la mesure où il peut aller, illustre ce plan – en fait, nous pouvons dire tout le monde. Si vous parlez dans l’intimité de la famille, vous n’adoptez pas le même langage envers vos parents, épouse, enfant ou domestique, encore moins envers un étranger à l’extérieur. Peut-on supposer alors une contradiction ? Les deux peuvent être parfaitement justes, les deux absolument vrais, mais il y a une différence de manière et de phraséologie, à cause de la différence de la personne devant vous. Il n’en est pas autrement de la parole de Dieu, mais toutes les illustrations ne parviennent pas à mesurer la profondeur de ses différences.

 

6.3        Genèse 6 :11-22

Il est donc dit « la terre était corrompue devant Dieu, et la terre était pleine de violence ». Ici, ce n’est pas « Éternel » mais « Dieu ». « Et Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue, car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre ». Que fait-Il alors ? Il dirige la construction de l’arche. Pourquoi ? Pour les créatures qui y seraient préservées. C’est pourquoi Il ordonne que deux de chaque espèce y soient emmenés. Nous pouvons facilement voir le bien fondé de cela. C’est très simplement une mesure pour perpétuer la créature par Dieu le créateur, malgré un jugement imminent. Cela n’a rien à voir avec les relations morales. Dieu le créateur conserverait les créatures abritées dans l’arche. Ici, nous ne lisons que des paires qui entrent.

 

7         Genèse 7

7.1        Genèse 7 :1-5

Nous voyons ici un autre ordre de faits. Le chapitre s’ouvre ainsi : « Et Éternel dit à Noé : Entre dans l’arche, toi et toute ta maison ». Est-ce simplement pour la conservation de la créature ? Non. C’est le langage de Celui qui est en relation spéciale avec Noé et sa famille. « Entre dans l’arche », dit-il, « car je t’ai vu juste devant moi en cette génération ». « Juste » - est-ce une question de création en tant que telle ? C’est plutôt une relation morale. « Car je t’ai vu juste devant moi dans cette génération. De toutes les bêtes pures tu prendras sept par sept, le mâle et sa femelle ; de même les oiseaux des cieux, sept par sept, mâle et femelle, pour conserver en vie une semence sur la face de toute la terre ». Il ne s’agit certainement pas d’une simple création en vue, mais de transactions spéciales de nature morale. Presque chaque mot en témoigne. « De toutes les bêtes pures tu prendras sept par sept, le mâle et sa femelle, et des bêtes qui ne sont pas pures, deux, le mâle et sa femelle ». Dieu pourvoit non seulement pour la perpétuation de la créature, mais un état complet marqué pour le sacrifice. Par conséquent, nous voyons ce souci parfait du maintien de Ses droits et de Sa place en tant que celui qi gouverne moralement. « Et Noé fit selon tout ce que l’Éternel lui avait commandé ».

Ainsi, en tant que créateur, Dieu préserve deux couples d’animaux de chaque espèce ; en tant que gouverneur moral, il en accueille sept dans l’arche – sept couples d’animaux de chaque espèce pure ; des impurs, il n’en conserve que suffisamment pour conserver ce qu’il a créé. Il est donc évident que d’une part, nous trouvons ce qui était généralement nécessaire, et d’autre part ce qui était particulier et dû à la relation assignée de l’homme avec L’Éternel. Ainsi, nous voyons tout de suite qu’au lieu de ces merveilleuses communications ne soient que des légendes antérieures et postérieures assemblées par un éditeur encore plus moderne, qui aurait tenté de faire quelque chose de complet en enchaînant ce qui ne convenait pas, c’est plutôt l’Esprit de Dieu qui nous donne différents côtés de la vérité, chacun se référant au titre et au style convenant à Dieu selon ce qu’il entreprenait. Déplacez-les hors de leur ordre et tout devient confus ; acceptez-les comme Dieu les a écrites, et il y a perfection dans la mesure où vous les comprenez.

 

7.2        Genèse 7 :6-16

Nous trouvons donc ce qui démontre encore plus la folie de cela dans ce qui suit : « Et ce qui entra, entra mâle et femelle, de toute chair, comme Dieu – Elohim – le lui avait commandé. Et L’Éternel ferma l’arche sur lui ». Les deux termes sont ici dans le même verset ; cependant, n’y a-t-il pas une convenance évidente dans chaque cas ? Incontestablement. Ils sont entrés mâles et femelles. Quelle est l’idée ? Une relation morale ? Pas du tout. « Mâle et femelle » a trait à ce qui regarde la constitution de la créature, absolument rien en ce qui regarde une relation morale quelconque. Dieu agit selon ses droits et sa sagesse dans la création en choisissant mâle et femelle et par conséquent, il est dit « comme Elohim lui a ordonné ». Et après tout cela, qui a enfermé Noé ? « Éternel ». Là, nous nous réjouissons de l’homme qui avait trouvé grâce à ses yeux. Il ne fait aucun doute que ce simple acte aurait pu être effectué d’une autre manière. Noé aurait pu être en mesure de s’enfermer ; mais comme il est plus heureux que L’Éternel le fasse ! Il n’y avait alors aucune peur. S’il avait été simplement dit qu’Elohim l’avait enfermé, cela aurait simplement suggéré que le créateur prenait soin de chaque créature ; mais L’Éternel l’enferme en raison de sa relation spéciale et de l’intérêt qu’il porte à cet homme juste. Quoi de plus beau en ce temps ?

Ainsi, une particularité de l’Écriture, lorsqu’elle est comprise, est pleine de vérité, ayant sa source dans la sagesse de Dieu, et non dans l’infirmité humaine. Si nous ne l’avons pas vu tout de suite, c’était simplement à cause de notre inintelligence. Lorsque nous commençons à entrer dans sa signification réelle et à retenir la vérité déterminée, la théorie des annalistes Élohistes et Jéhovistes, et leurs écrits, s’évanouit dans son propre néant. J’avoue l’ignorance humaine – la mienne en premier – mais non pas qu’il y ait un seul cas où Dieu n’a pas employé les termes exacts à tous égards. En fait, aucune langue ne pourrait exprimer aussi bien la vérité que celle que Dieu a employée.

 

8         Genèse 8

8.1        Genèse 8 :1-19

Ce chapitre nous fait voir que Dieu se souvient de Noé et de tous les êtres vivants. Il ne pouvait être dit ici que « L’Éternel se souvenait de tout ce qui vivait » parce que tout ce qui était vivant n’était pas en relation morale avec Dieu. Noé l’était sans aucun doute ; mais le but, ici, n’est pas d’attirer l’attention sur ce qui est particulier.

En temps voulu, l’arche repose sur Ararat, puis suit l’incident d’une beauté saisissante du corbeau et de la colombe qui a souvent été présenté et que nous pouvons passer. Ensuite, Dieu dit à Noé de sortir – lui et toutes les autres créatures.

 

8.2        Genèse 8 :20-

« Et Noé bâtit un autel ». À qui ? À Dieu ? À L’Éternel, ce qui est le plus approprié. On ne pourrait transposer ces deux titres sans perte. Il prit alors, lit-on « de toute bête pur et de tout oiseau pur ». C’est bien pour L’Éternel. C’est la relation de Noé que nous voyons ici. C’est l’endroit spécial où il se trouvait qui a été témoigné par l’offrande du sacrifice. Et là, L’Éternel, acceptant la douce odeur, déclare : « Je ne maudirai plus de nouveau le sol à cause de l’homme, car l’imagination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse ».

Ici encore, on observe la vérité transparente et cohérente de l’Écriture. Il se peut, dans un premier abord, que la déclaration nous semble inexplicable, mais une fois soigneusement pesée et réfléchie, sa pertinence devient manifeste. Le fait que l’homme soit mauvais puisse être un motif pour envoyer le déluge, nous le concevons ; mais quelle profondeur de grâce dans la déclaration que Dieu connaissait parfaitement l’état de ruine de l’homme au moment même où il promet qu’il ne surviendra plus de déluge sur la terre ! C’est ce qui nous est ici présenté.

Nous entrons donc ici dans un tout nouvel état de choses, et une vérité d’une importance capitale à considérer pour quiconque ne l’a pas déjà fait sienne. Quelle était la raison du retard de Dieu dans la période précédente ? L’absence de mal sur la terre, l’innocence de l’homme ; c’était monde sans péché et non déchu. Quel est le fondement des relations de Dieu maintenant ? L’homme est tombé et la créature est soumise à la vanité. Le retard de Dieu vient du fait que maintenant le premier homme est dans le péché. Oubliez la chute ; ne la considérez pas et envisagez tout cela en l’ignorant et vous vous tromperez sur chaque résultat. À côté du Christ Lui-Même, et de ce que nous avons par et en Lui, il n’y a rien de plus important que la confession de la vérité, à la fois que Dieu a créé et que sa création est en ruine. Votre jugement de Dieu et de l’homme sera falsifié, votre estimation du passé et de vos attentes de l’avenir seront toutes vaines, à moins que vous ne vous rappeliez constamment que Dieu, maintenant, dans toutes ses relations avec l’homme agit sur le fait solennel du péché – le péché originel et universel. En sera-t-il toujours ainsi ? En aucun cas. Il y a un jour à venir où le fondement de l’action de Dieu ne sera ni l’innocence ni le péché, mais la justice. Mais nous devons attendre ce jour, le jour de l’éternité – des « nouveaux cieux et de la nouvelle terre ». C’est une véritable joie de savoir que ce jour s’en vient, mais jusqu’à ce temps-là, Dieu a toujours devant lui comme théâtre et matériel où il agit, un monde ruiné – ruiné par l’homme pécheur.

Que grâces soient rendues à Dieu, Celui qui s’est présenté à Lui est venu avec une fragrance douce et parfaite, de sorte que si le péché est à l’arrière-plan, il ne peut y avoir que ce qu’Il introduit de sa propre grâce volontaire. Si son serviteur demande aux autres de voir l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, combien plus Dieu Lui-même voit-il Christ et son sacrifice ! Faut-il dire qu’en ce qui concerne son efficacité et la joie que Dieu en ressent, il n’attend pas les nouveaux cieux et la nouvelle terre, ni pour en jouir Lui-même, ni pour nous en faire connaître sa valeur ? En bref, Christ est intervenu, et cette conséquence, la plus lourde, y est liée – que, bien que tout manifeste de plus en plus le mal et la ruine, Dieu a triomphé dans la grâce et dans la foi après la chute et devant « Les nouveaux cieux et la nouvelle terre, où habite la justice ». Dieu, ayant présenté son propre Fils, a remporté la victoire, dont il nous donne les fruits par la foi avant que notre possession ne se manifeste peu à peu.

Qu’il suffise de se référer au grand principe en se rappelant que le théâtre des âges ou des dispensations de Dieu est le monde depuis le déluge. C’est une erreur d’inclure le monde avant cet événement dans le temps des dispensations. Il n’y avait pas de dispense proprement dite avant le déluge. Quelle dispense pourrait-il y avoir ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Lorsqu’il a été interdit à l’homme, au Paradis, de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, il a immédiatement enfreint l’ordre – autant qu’il semble, le premier jour. Non pas qu’on puisse dire positivement qu’il en était ainsi, mais il faut certainement supposer que peu de temps aurait pu s’écouler après avoir reçu la femme, son épouse. Et le fait évident nous est présenté, rejoindre sa femme dans le triste péché est son premier acte enregistré. Quelle dispense ou quel âge y avait-il ici ? Et qu’est-ce qui a suivi ? Il n’y avait plus de test au Paradis parce que l’homme y était chassé. Par quel test a-t-il été éprouvé à l’extérieur ? Par aucun quel qu’il soit. L’homme, la race, est devenu simplement un paria moral, rien d’autre, à parti de ce jour et ce jusqu’après le déluge. Dieu a toutefois pu opéré, dans sa grâce, avec des individus comme nous l’avons vu avec Abel, Énoch et Noé. Il y avait aussi une merveilleuse image de délivrance par le Christ avec l’arche – si familier pour la plupart d’entre nous. Mais il est évident qu’il ne pouvait y avoir de dispensation selon le vrai sens du mot. IL y a eu une épreuve de l’homme en Éden et il est tombé aussitôt ; après cela, il n’y en a plus eu dans le monde antédiluvien. L’histoire suppose que l’homme est désormais autorité à agir sans loi extérieure ni gouvernement à contrôler, bien que Dieu n’ait pas manqué d’agir dans sa bonté miséricordieuse – dans sa propre souveraineté.

 

9         Genèse 9

9.1        Genèse 9 :1-11

Mais après le déluge, nous découvrons qu’une alliance est faite avec la terre : le principe du gouvernement est établi. Nous entrons maintenant sur la scène et le temps des dispensations. Certains y verront la raison pour laquelle l’homme avant cela n’avait pas été puni par le juge alors qu’après le déluge, il y eut des procédures gouvernementales et judiciaires. Sur la terre postdiluvienne, Dieu établit des principes qui maintiennent leur cours jusqu’à ce que Jésus vienne, ou plutôt jusqu’à ce qu’Il ne vienne pas simplement pour affirmer toutes les manières dont Dieu a testé et éprouvé l’homme, par sa propre puissance et son règne personnel, mais aussi pour livrer le royaume au Père, afin que Dieu soit tout en tous, quand Il aura renversé toute domination, toute autorité et toute puissance.

 

9.2        Genèse 9 :12-17

Ceci peut alors être suffisant. Comme signe de l’alliance de Dieu avec la terre, je peux simplement me référer, en passant, à l’établissement de l’arc en ciel dans la nuée comme étant le signe de la miséricorde d’Élohim.

 

9.3        Genèse 9 :18-29

La fin de ce chapitre démontre que l’homme sur lequel le principe du gouvernement humain avait été établi ne pouvait se gouverner lui-même. C’est la vieille histoire familière – l’homme a tenté mais échoué comme toujours. C’est ainsi que l’est manifestée une grande différence entre les fils de Noé ainsi qu’aux paroles solennelles que le père prononça avec l’esprit de prophétie. « Maudit soit Canaan » est d’un intérêt profond, en particulier pour un Israélite, mais également pour quiconque apprécie la révélation de Dieu. Par la suite, nous pouvons voir à quel point la malédiction a été prouvée, elle le sera encore davantage. Le péché a commencé par un manque de respect total envers un père. Sans parler des villes détruites de la plaine, les hommes avaient sombré, à l’époque de Josué, au niveau de pécheurs éhontés qui n’ait jamais déshonoré Dieu et souillé la terre. Le croyant peut facilement comprendre comment Noé a été conduit divinement à prononcer une juste malédiction sur Canaan*. « Maudit soit Canaan, il sera l’esclave des esclaves de ses frères ». C’est toujours le cas. Un homme qui méprise celui qu’il est tenu d’honorer, sans parler de la distinction particulière que Dieu lui avait montrée, doit tomber dans la honte et la dégradation, non seulement ne peut-il être un esclave, mais « un esclave des esclaves ». Un orgueil plus élevé a toujours une chute plus profonde. D’autre part, « béni soit L’Éternel le Dieu » - car Dien ne s’attarde pas sur la malédiction, mais se tourne bientôt vers la bénédiction – « Béni soit L’Éternel, le Dieu de Sem ; et que Canaan soit son esclave ! » Et il est dit « Qu’Elohim élargisse Japheth, et il habitera dans les tentes de Sem ». A quel point une telle affirmation a été vérifiée dans l’histoire providentielle du monde, je n’ai pas besoin de prouver comment L’Éternel Dieu a relié son nom à Sem, à l’humiliation de Canaan et comment Élohim a élargi Japheth qui se répandrait bien au-delà de son lot alloué mais qui habiterait même dans les tentes de Sem, et Canaan y sera encore humilié. C’est tellement vrai de la race d’origine Japhétique (asiatique) reconnue pour son énergie et qui a poussé vers l’ouest, et non contente de l’est, a poussé à nouveau vers l’ouest – n’importe où et partout. Ainsi, Dieu se prononce avec chaque mot. Une petite clé de l’histoire du monde est contenue dans ces quelques mots de Noé.

 

*Si Canaan a entraîné son père dans la dénonciation honteuse de Noé, tous peuvent voir à quel point la phrase était juste. En tout cas, c’était pure grâce de limiter la malédiction certainement méritée par Cham, dans les limites les plus étroites possible au lieu de l’étendre à toute sa postérité. Dans le jugement, comme dans la grâce, Dieu est toujours sage.

 

10    Genèse 10

Ensuite, nous trouvons les générations des fils de Sem. Sans prétende entrer dans les détails, je peux faire remarquer que, dans la Bible, il n’y a pas de chapitre plus important que celui-ci en ce qui concerne l’arrangement providentiel des langues, des familles et des nations. Ici seul est donné la naissance de différentes races, avec leurs sources. Qui d’autre aurait pu nous dire comment et quand la terre était ainsi divisée et les terres distribuées ? C’était en effet un nouvel état de choses, non seulement différent d’avant le déluge, mais qui n’a pas duré longtemps après ce dernier. C’est l’ethnologie divine. Ici, l’homme se trouve perdu en mer mais là où il arrive à des conclusions, c’est du moins le consentement commun de tous ceux qui ont donné étudié la question, pour autant que je sache, qu’il y a trois, et seulement trois divisions d’où les nations sont issues. Et les voici donc. La parole de Dieu est devant eux. Plus que cela : c’est la conviction de tous les hommes, et des hommes dignes d’être écoutés, qu’ils ne sont pas plus sûrement divisés en trois grandes lignes qu’elles ont une origine commune. Qu’il n’y ait qu’une seule racine de ce genre est la déclaration de l’Écriture. La parole de Dieu est toujours juste. Les détails sont du plus haut intérêt, et surtout par rapport aux résultats prédits dans les derniers jours, où nous voyons les mêmes pays et nations réapparaître pour le jugement au jour d’Éternel. Nous ne pouvons pas, pour l’instant, nous attarder sur la preuve de ces choses.

 

11    Genèse 11

Le chapitre s’ouvre sur le péché de l’homme qui a aboutit à la division décrite au chapitre précédent, la raison morale de ce fait, nouvelle à ce moment-là, mais toujours, dans sa substance, existante, quels que soient les changements superficiels parmi les hommes dans leurs terres, leurs langues et leurs répartitions politiques. Jusque-là, ils avaient été d’une seule langue mais ils s’unissent maintenant pour se faire un nom, de peur d’être dispersés, non pas pour exalter Dieu ou se confier en Lui. Ils eurent leurs langages confondus et se sont dispersés. « Alors L’Éternel les dispersa de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on appela son nom Babel – confusion ; parce que L’Éternel confondit le langage de toute la terre ; et de là, L’Éternel les dispersa sur la face de toute la verre » - V.8-9.

La généalogie de Sem, avec l’âge décroissant progressivement parmi sa semence, suit jusqu’à Abram, le reste du chapitre étant ainsi le lien de transition de l’histoire du monde tel qu’il était alors, et qui l’est toujours dans son principe. Nous arrivons finalement à celui en qui Dieu introduit des principes entièrement nouveaux dans sa propre grâce pour faire face è un nouveau mal monstrueux : l’idolâtrie. Ce mal audacieux contre Dieu, nous le savons d’après Josué 24, s’est ensuite répandu très loin, même parmi les Sémites, même si nous n’en avons jamais entendu parler dans l’Écriture, quelque soit l’anarchie de l’homme par d’autres moyens avant le déluge. Mais ici, je m’arrête pour l’instant.

Puissions-nous nous confier non seulement aux Écritures, mais à Celui qui les a données ! Puissions-nous chercher à apprendre de plus en plus sa vérité en nous appuyant sur sa grâce ! Il ne refusera aucun bien à ceux qui marchent en droiture ; et il n’y a pas d’autre chemin que Jésus Christ, notre Seigneur.

 

12    Genèse 12-25

Nous avons vu jusqu’ici le récit de Dieu, de ce qu’il avait fait, puis l’épreuve et la ruine totale de la créature avec la révélation de la miséricorde divine en Christ, le Seigneur. Nous avons également vu la sanction du jugement du monde avant le déluge et l’histoire universelle, peut-on dire, des sources des nations, par rapport auxquelles il n’y a rien de sûr et certain, même à ce jour, malgré toutes les prétentions des hommes. Leur véritable histoire, bien que cela puisse paraître mince, est - dans Genèse 10 - ce qu’il y a de plus complet et compréhensif. Le chapitre suivant a révélé le fondement moral de la dispersion qui nous avait été présentée auparavant comme un simple fait. L’Esprit de Dieu nous présente maintenant la généalogie de la nation qu’il était sur le point de former pour sa propre louange et sa gloire sur la terre, une ligne directe de la succession de la famille choisie, de Sem jusqu’à Abram.

Ainsi, Genèse 12 se trouve sur un terrain entièrement nouveau. Il est évident que nous débutons ici une atmosphère sensiblement différente. Ce n’est plus l’histoire de l’homme en tant que tel, mais d’un homme mis à part pour Dieu, et ce par une promesse faite à un élu et appelé – une nouvelle racine et une nouvelle souche. Ce sont des principes que Dieu n’a jamais abandonnés depuis et ne le fera jamais. Permettez-moi de répéter que ce n’est plus l’humanité comme nous l’avons vu jusqu’ici, et non plus les nations, mais nous avons l’appel de Dieu pour Lui-même – le seul moyen de salut où la ruine est entrée avant que le jugement ne justifie la nature et la volonté de Dieu par sa puissance.  Nous savons d’ailleurs que l’idolâtrie était maintenant répandue parmi les hommes, même parmi les descendants de Sem, puisqu’un homme était appelé par et pour le vrai Dieu sur un principe qui ne changeait ni ne jugeait (sauf moralement) les associations du monde nouvellement formées, mais séparait celui qui obéissait aux promesses divines avec de meilleures espérances. Abram, devons-nous dire, était l’objet de son choix. Je ne nie pas que Dieu avait choisi auparavant, mais maintenant son choix devient un principe publiquement affirmé. Ce n’était pas seulement un appel secret connu uniquement de la personne choisie, mais il y avait une personne qui était séparée pour Dieu par son appel en tant que dépositaire de sa promesse, le témoignage de celle-ci était devant les yeux de tous, et par conséquent béni et un canal de bénédiction. Ce qui peut sembler une séparation austère d’avec ses semblables à l’esprit étroit de l’homme était en fait dans le but exprès d’obtenir la bénédiction divine et éternelle, et non pas pour lui-même et sa semence seulement, mais un flot continu de bénédiction qui se répandrait sur toutes les familles de la terre. Dieu le montrera encore. Pour le moment, elle est nulle comme tout ce qui se trouve dans les mains de l’homme; mais Dieu prouvera encore à la face du monde à quel point il a agi, véritablement et divinement, dans l’intérêt de l’homme même ainsi que pour Sa propre gloire, dans son appel d’Abram.

 

12.1   Genèse 12 :1-9

Abram sort donc à la demande de Dieu. Il quitte son pays, mais nous trouvons déjà une mesure d’infirmité qui gênait. Il y avait une personne qui s’accrochait à l’homme appelé et dont la présence fut toujours une embûche : la compagnie d’une personne qui n’est pas appelé l’est toujours. Térakh n’était pas l’objet de l’appel ; et pourtant il était difficile de refuser sa compagnie mais le résultat fut sérieux. Tant que Térakh vécut, Abram n’atteignit pas Canaan. Térakh meurt – car le Seigneur contrôle gracieusement les choses en faveur de ceux dont le cœur est simple, même au milieu de la faiblesse – et maintenant « Et Abram s’en alla… pour aller au pays de Canaan, et ils entrèrent au pays de Canaan ».  Il est aussi dit que « le cananéen était alors dans le pays » *. « Et l’Éternel apparut à Abram et dit : Je donnerai ce pays à ta semence. Et Abram bâtit là un autel à l’Éternel qui lui était apparu » - v. 7.

 

*Il est entièrement sans fondement que de déduire que ces mots, ou Genèse 13 :7, impliquent que, lorsque l’écrivain vivait, les Cananéens et les Phéréziens avaient été expulsés du pays. Ils montrent que les premiers, sinon les seconds, étaient dans le pays quand Abram y est entré et que tous deux étaient installés à son retour d’Égypte. Que cela soit une épreuve pour le patriarche, nous pouvons facilement le comprendre, mais il n’avait pas à attendre le temps de Moïse, encore moins celui de Josué, pour savoir qu’eux et tous les autres intrus étaient condamnés – voir Genèse 15 :16, 18-21. Nul doute que leur expulsion était encore à venir, mais l’écrivain tout comme Abram croyait en l’Éternel, celui qui connaît et révèle la fin depuis le commencement. Je suis conscient de l’insinuation d’Aben Ezra (1089-1167) selon laquelle la clause a été interpolée et du Doyen Prideaux (1648-1724) y cédant, bien que ce dernier sauve le crédit de l’Écriture en l’attribuant à Ezra, un éditeur inspiré. Mais il n’y a pas aucun besoin d’une telle supposition ici, si vraie ailleurs et légitime en elle-même.

 

Ici, nous trouvons, pour la première fois, le principe si cher à nos cœurs – le culte de Dieu basé sur une apparition distincte de Lui-même – il doit toujours en être ainsi. L’homme ne peut pas raisonner ce qui est un motif d’adoration. Elle découle et se présente à nous comme découlant de l’apparition de l’Éternel. Ce n’est plus simplement l’appel, mais l’Éternel lui « apparu ». La véritable adoration émane du Seigneur, connue en ce qui, en tout cas, est une figure d’une connaissance personnelle de Lui-même. Ainsi, ce n’est plus une simple bénédiction accordée, mais reconnue en Lui. Bien sûr, personne ne veut nier le fait que tant qu’il n’a pas été connu dans la révélation de son propre Fils par la puissance du Saint Esprit, il ne pouvait y avoir ce que nous entendons maintenant par « adorer en esprit et en vérité », mais au moins cela énonce le principe.

Une autre chose digne de mention est ceci : ce n’est qu’à Canaan que cela s’est passé, ou aurait pu se passer. Il n’y avait pas de culte en Mésopotamie, aucun autel qui en était le symbole n’y a été vu. Il n’y avait pas non plus d’autel à Charan. C’est à Canaan que nous voyons le premier. Canaan était le type clair de cette terre céleste où nous savons que Christ est maintenant. Ainsi, nous voyons d’abord l’Éternel se révéler personnellement, et ceci ensuite en relation avec le type des lieux célestes. Ce sont clairement les deux racines de l’adoration, telles qu’elles nous sont présentées dans ce passage instructif.

De plus, Abram se déplace dans le pays; il installe sa tente ailleurs. C’était d’une grande importance. C’était un pèlerin et non pas un colon dans le pays. Il l’était tout autant qu’avant d’y venir. Quand il a laissé tout ce qui lui était cher, la campagne ou la parenté, ou la maison du père, il était évident qu’il ne pouvait être que pèlerin et il ne s’est pas installé. Il monte sa tente mais il construit son autel. Qui pourrait hésiter à dire que dans le pays, Abram a acquis une intelligence plus véritablement céleste ? La promesse de Dieu concernant une terre l’a fait sortir de sa propre possession – de ce qui est la figure de la terre; mais quand il est à Canaan, Dieu lui fait lever le regard vers les cieux au lieu de lui permettre de se reposer dans ce monde. Et c’est exactement ce que nous montre l’épitre aux Hébreux – non seulement la foi qui l’a amené dans ce pays, mais également la foi qui l’a conservé comme étranger une fois arrivé. Ceci est vraiment précieux et c’est exactement la foi d’Abram.

C’est donc en tant que pèlerin reconnu qu’il adore dans la terre promise.

 

12.2   Genèse 12 :10-20

Puis nous avons autre chose, non pas une infirmité mais malheureusement, un échec, manifeste et sérieux. Celui qui avait répondu à l’appel de Dieu, l’étranger dans la terre qui lui avait été donnée de Dieu, craignant la pression des circonstances, descend dans le grenier de la terre, le pays qui se vante de ressources inépuisables. Abram y est allé de son propre chef, sans Dieu ni Sa parole. Non seulement il n’y a pas d’autel, mais il est sans la direction et la sauvegarde du pouvoir divin moralement. Abram échoue lamentablement. Ne dites pas que c’est dénigrer l’homme béni de Dieu; il s’agit plutôt de ressentir et de confesser ce que nous sommes, ce qui fait autant partie – même si humiliant – de notre devoir chrétien que d’adorer ce que Dieu est dans sa propre excellence envers nos propres âmes. La chair n’est pas meilleure dans un Abram que n’importe quel autre. C’est le même bourbier ruineux partout lorsqu’on y fait confiance, dans chaque personne et en toutes circonstances. Et c’est là qu’Abram – qui avait déjà échoué dans l’incrédulité qui l’avait poussé à chercher l’Égypte, loin du pays dans lequel Dieu l’avait appelé – nie sa femme, l’exposant au danger le plus imminent de souillure, et n’apportant aucune bénédiction sur les familles de la terre, mais une plaie de l’Éternel sur Pharaon et sa maison. Ainsi Abram éprouve le désespoir absolu soit en bénédiction pour les autres, soit en se préservant même pour nous-mêmes lorsque nous nous éloignons de la position où Dieu nous appelle.

 

12.3   Genèse 13 :1-13

Mais Dieu était fidèle et ici nous voyons Abram retourner à l’endroit où se trouvait sa tente au commencement. Il est restauré et reprend ainsi sa place de pèlerin et d’adorateur. Telle est la bonté restauratrice de Dieu. Mais ici, nous trouvons une autre charge en Lot, si nous pouvons dire, bien que personnellement, il fut un homme de Dieu. L’Esprit témoigne qu’il était juste, mais il n’avait pas une foi telle qu’Abram et il n’était pas non plus inclus dans ce caractère d’appel que nous devons soigneusement distinguer de l’action intérieure de la grâce divine. Gardons à l’esprit qu’Abram avait la lignée publique du témoignage de Dieu et le lieu de promesse spéciale. C’est simplement de l’ignorance de supposer qu’il n’y avait pas de saints de Dieu en dehors de cet appel, ce qui n’a rien à voir avec la question d’être des saints, car Lot en était clairement un et nous verrons dès le chapitre suivant qu’il n’est pas le seul. Mais Lot s’accroche à Abram, et bien que cela n’ait pas le même effet neutralisant que son père Térakh, il a néanmoins apporté des difficultés. Et là encore, Abram, restauré dans son âme, brille avec la simplicité de la foi. Ce n’était pas à lui de lutter – V.8. Malheureusement, Lot n’avait pas honte de choisir. Il a utilisé ses yeux. – V.9-11. Le reconnaissant pleinement comme un croyant, il est clair qu’il manquait de foi dans sa marche actuelle. Il a préféré choisir pour lui-même plutôt que de demander à Dieu de donner. Abram est parti calmement avec Dieu. C’était bien.

 

12.4   Genèse 13 :14-18

Après que Lot eut choisi ainsi le meilleur pour lui-même, aussi honteux que ce soit que le neveu ait agi ainsi dans un pays que Dieu avait promis à Abram seulement, un autre décide de l’affaire. « Et l’Éternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui ». Ainsi, l’Esprit note maintenant que tout était selon la simple volonté de Dieu, qui n’était pas un spectateur insouciant et qui n’a pas manqué d’éliminer les éléments qui l’entravaient. Maintenant qu’il en était ainsi, l’Éternel a dit : « Lève tes yeux, et regarde, du lieu où tu es, vers le nord, et vers le midi, et vers l’orient et vers l’occident » - Il ne l’avait jamais dit auparavant – « car tout le pays que tu vois, je te le donnerai, et à ta semence, pour toujours ; et je ferai que ta semence sera comme la poussière de la terre… ta semence sera aussi comptée. Lève-toi, et promène-toi dans le pays en long et en large, car je te le donnerai ». Abram devait prendre possession par la foi. « Et Abram leva ses tentes, et vint et habita auprès des chênes de Mamré, qui sont à Hébron; et il bâtit là un autel à l’Éternel ». Eh bien, il pouvait ! Ainsi, nous apprenons qu’il y a une nouvelle manifestation d’adoration, et dans les circonstances les plus heureuses possibles.

 

13    Genèse 14

Ces derniers chapitres peuvent être considérés comme formant une section principale de la vie d’Abram et nous trouvons ici la conclusion. C’est plus particulièrement ce qui lui appartient publiquement et par conséquent, nous avons pour caractère public d’Abram l’appel de la séparation, la promesse garantie, lui-même étant manifestement et à la fois aussi bien pèlerin que fidèle du pays. Il est vain de parler d’être un pèlerin de cœur. Dieu recherche ce caractère, mais il ne nous établit pas forcément juges bien que sans doute ceux qui sont les plus simples ne se soucieront pas du jugement de leurs semblables. En même temps, il est bon de juger en grâce quand nous avons à faire avec les autres. S’il y a réalité, elle se recommandera à la conscience des autres, mais je dis qu’être manifestement, indiscutablement, un pèlerin est la seule bonne chose pour celui qui est ainsi appelé à se séparer par Dieu. De même pour un adorateur, non moins vraiment séparé du monde, que de connaître et de jouir du Dieu qui l’a appelé. Puis nous voyons l’absence fatale de vérité lorsque les fidèles sont dans le monde qu’on trouve en type dans l’Égypte. Nous avons également lu sur la grâce de soutien qui restaure et redonne la place de celui qui était manifestement un adorateur en dernier. Ce furent les grands moments de sa carrière publique et séparée.

L’œuvre est accompli, comme remarqué, avant Genèse 14 où l’on voit un raid effectué par certains rois plus éloignés du pays contre ceux qui régnaient dans la vallée du Jourdain ou dans les environs, quatre contre cinq. Au milieu de leur bagarre, celui qi avait choisi le monde en souffre. Lot, avec tout ce qu’il avait, est emporté par les rois conquérants qui sont venus du nord-est, et là-dessus, Abram – guidé par Dieu, je ne peux en douter – avec ses serviteurs armés, sort avec la puissance manifeste de Dieu puisque les vainqueurs tombent aussi complètement devant Abram que les autres qui avaient été conquis. Là-dessus, le prêtre du Dieu Très-Haut se présente – mystérieusement sans doute – roi de Salem ainsi que par son nom, Roi de Justice. Sur ce sujet, l’apôtre Paul s’étend dans l’épitre aux Hébreux – Chapitre 7 – où il nous montre la fin de la carrière publique du pèlerinage et du culte pour l’homme de foi. Le Seigneur Jésus Lui-même est l’anti-typique Melchisédec qui nous rafraîchira lorsque la dernière victoire aura été remportée à la fin de cet âge. Alors, les rois assemblés seront vaincus après de terribles convulsions parmi les autres tessons de la terre, et le Très-Haut apportera cette magnifique scène de bénédiction représentée par Melchisédec. Dieu en Christ prendra la place du possesseur du ciel et de la terre, se réjouissant de la joie de l’homme, comme l’homme sera fait pour se réjouir de la bénédiction de Dieu; quand ce ne sera plus comme maintenant avec de simples sacrifice et des intercessions fondés sur Lui, mais quand, outre ce qui trouve sa place ailleurs et qui est maintenant le seul réconfort pour nos âmes, il y aura une nouvelle scène et Dieu prendra un autre caractère, le Dieu Très-Haut, et alors tous les faux dieux tomberont devant Lui. C’est donc clairement la clôture de cette série et le type du millénaire. Le Seigneur Jésus sera le lien, pour ainsi dire, entre le ciel et la terre, quand il bénira Dieu au nom d’Abram et il bénira Abram au nom de Dieu. Ceci à mon avis, termine la série qui a commencé avec Genèse 12.

Il convient de noter qu’ici, à cette occasion, Abram ne construit pas d’autel. Et comme il n’y avait pas d’autel, le cours du pèlerinage est exécuté. On ne trouve plus la séparation du monde et le culte céleste. Une tente et un autel seraient aussi inadaptés, élevés par Abram à ce stade, alors que c’était tout à fait approprié avant. C’est la scène millénaire où Dieu seul est exalté, ses ennemis confondus, son peuple sauvé et béni.

 

14    Genèse 15

Ce chapitre introduit une nouvelle forme de communication de Dieu. On observera donc que la langue indique une rupture ou un changement. L’expression « Après ces choses » sépare ce qui va suivre de ce qui était avant, de ce qui était arrivé à sa conclusion naturelle. Je pense pouvoir faire appel au chrétien sur ces choses, sans prétendre le moins du mone faire plus que donner un jugement à ce sujet. Néanmoins, quand vous trouvez un certain nombre de versets de l’Écriture qui concordent tous simplement et sans violence, revêtus d’une certaine forme et qui vont tous dans la même direction, nous pouvons assez bien comprendre que, comme nous le savons, ce n’est pas un simple homme qui a écrit. Il faut avoir confiance que c’est Dieu qui daigne nous donner le sens de sa propre parole. Je vous accorde que la vérité doit porter avec elle sa propre preuve – le cachet et la cohérence de ce qui révèle ce que notre Dieu est à nos âmes. Il ne fait aucun doute que nous devons être humbles, se méfier de nous-mêmes et toujours prêts à accepter les corrections des autres. Je crois cependant que pour autant que nous en ayons parlé, tel est le sens général de ces trois chapitres. À partir de là, vous observerez donc un changement frappant. Il n’est pas seulement di « Après ces choses », comme marquant une pause, mais aussi une nouvelle formule. « La parole de l’Éternel fut adressée à Abram dans une vision ». Nous n’avions rien de semblable auparavant. « L’Éternel a appelé », « L’Éternel est apparu », L’Éternel a dit » mais rien comme ici : « La parole de l’Éternel ».

C’est un nouveau départ. Et c’est encore plus manifeste en gardant à l’esprit quel est le caractère de ce recommencement. « Abram, ne crains point; moi, je suis ton bouclier et ta très grande récompense. Et Abram dit : Seigneur, Éternel, que me donneras-tu ? Je m’en vais sans enfants, et l’héritier de ma maison, c’est Éliézer de Damas. Et Abram dit : Voici, tu ne m’as pas donné de postérité, et voici, celui qui est né dans ma maison est mon héritier. Et voici la parole de l’Éternel. » * Observez-la encore ici. Il est clair que c’est une caractéristique qui ne peut être négligée sans perte. « La parole de l’Éternel vint à lui disant : Celui-ci ne sera pas ton héritier, mais celui qui sortira de tes entrailles, lui sera ton héritier. Et il le fit sortir dehors et dit : Regarde vers les cieux et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit : Ainsi sera ta semence. Et il crut l’Éternel. » N’est-ce pas un nouveau commencement ? N’est-ce pas l’Écriture évidente et connue que le Nouveau Testament utilise avec beaucoup d’effet, et se réfère à maintes reprises comme la grande note et le témoignage permanent de la justification d’Abram ? Si nous ne regardons pas en arrière avec ce type, mais que nous ne le considérerions que comme suivant la scène de son adoration et de son pèlerinage, en fait, l’ombre du millénaire, ce passage n’a aucune force, ou induirait en erreur. Quoi ! L’homme serait justifié après avoir été non seulement appelé, mais étant un adorateur entrant dans de telles merveilles comme Abram l’avait fait ! Considérez ce passage comme un recommencement, et tout est clair. La justification n’est certainement pas après que le Seigneur ait conduit l’âme de la manière profonde dont Abram avait été enseigné. Je vous accorde que l’ordre des faits est tel que nous le lisons, mais ce qui nous intéresse maintenant, ce n’est pas la simple histoire, mais la forme sous laquelle Dieu nous a présenté son Esprit dans sa parole. Il a ainsi ordonné les circonstances de l’histoire d’Abram et leur a présenté le sceau de la vérité éternelle sur elles, non seulement comme le récit d’Abram, mais en regardant les temps de la rédemption, afin de former nos âmes selon son propre esprit.

 

*Dr Davidson (Intro. O.T. I pp.21-22) interprète cela comme une incohérence avec Exode 6 :3. « Dans Genèse 15, il est rapporté que Dieu a été manifesté à Abraham, qui croyait en l’Éternel, et par conséquent sa ‘foi a été comptée pour justice’. Là, le Seigneur lui promet un héritier. Il lui déclare que sa postérité sera innombrable comme les étoiles du ciel, qu’elle sera affligée dans un pays étranger pendant 400 ans, mais qu’il en sortira avec une grande richesse et l’assura qu’il avait donné le pays de Canaan, du fleuve d’Égypte à l’Euphrate, à sa postérité. Voici l’Éternel, le Dieu de l’alliance qui se révèle à Abraham d’une manière particulière, l’encourageant par une abondance de promesse et confirmant sa parole par un signe, concluant une alliance avec son serviteur et condescendant à l’informer de l’avenir de sa race. Qu’Abraham ait bien saisi le caractère de l’Être qui s’est ainsi révélé est évident à partir des paroles du sixième verset ainsi que du langage qu’il lui adresse dans le huitième : « Seigneur Éternel ». Par conséquent, sur l’hypothèse d’un seul et même écrivain du Pentateuque, et la justesse de l’explication alléguée, nous soutenons que le contraste entre la connaissance d’Abraham du nom de l’Éternel – Jéhovah – et la pleine connaissance de ce nom ait d’abord été connue de Moïse est sans fondement. Si notre vision d’Exode 6 :3 est correcte, il est presque certain qu’un écrivain n’aurait pas pu composer le livre de la Genèse, sinon il aurait violé un principe expressément énoncé par lui-même dans le passage ». L’erreur est entièrement due au manque de perception à savoir que Dieu n’aurait donné son nom personnel de Jéhovah qu’à l’époque de Moïse comme motif formel caractéristique de la relation avec les fils d’Israël. Ils devaient marcher devant Lui, Jéhovah, comme les pères avaient marché devant El-Shaddaï. Cela ne signifie en aucun cas que les mots Jéhovah et El-Shaddaï n’étaient utilisés et compris que par Moïse et les patriarches. Les mots existaient et étaient employés librement auparavant, mais comme Dieu n’a jamais donné à personne, avant Abraham, Isaac et Jacob le droit de marcher devant lui en comptant sur sa protection toute-puissante, de même Il a d’abord donné à Israël, à l’échelle nationale, le titre de son éternelle immuabilité en tant que l’Éternel – Jéhovah – comme ce sur quoi ils pouvaient compter. L’utilisation de chaque nom n’a rien à voir avec des auteurs ou des documents différents mais dépend de motifs moraux. Ce n’est ni une question d’antiquité, ni de piété ; pas d’antiquité car dès le commencement, Éternel était librement employé ; pas de piété, car les Psaumes – Ps 42, Ps 63, etc. – montrent qu’il peut y avoir une piété authentique et fervente tout autant devant Elohim que l’Éternel. L’absence ou la présence de l’affichage du caractère de relation de Son alliance, en particulier avec Israël, est la clé véritable et invariable.

 

Je considère donc que, comme la série précédente nous a présenté la vie publique d’Abram, ce qui est considéré ici, c’est ce qui lui appartient individuellement et les relations de Dieu avec lui de ce que l’on peut appeler d’une manière privée plutôt que publique. Ainsi, cette autre série part de Genèse 15 et se termine avec Genèse 21, où l’on peut à nouveau observer une introduction similaire pour une nouvelle série car le début de Genèse 22 se lit ainsi : « Et après ces choses ». N’est-il pas clair alors que ces mots, « Après ces choses » nous introduisent dans une nouvelle phase ? Je ne suis pas conscient que cette même phrase se présente quelque part entre les deux. Par conséquent, Dieu a un dessein évident qu’il introduit. Regardons maintenant le fil de cette nouvelle section et ce qui nous y est présenté.

Tout d’abord, elle est fondée sur les désirs qu’Abram exprime à Dieu, le désir que ce ne soit pas simplement un enfant adopté mais véritablement de son sang. C’était un désir que Dieu écouta, mais comme c’était un sentiment qui n’émanait d’aucune autre source plus élevée qu’Abram, il avait force de contrat. Il vaut toujours mieux dépendre du Seigneur pour tout. Il ne s’agit pas simplement d’éviter la manière douloureuse dont Lot a exercé son choix, mais Abram lui-même n’est pas à l’apogée de la communion dans ce chapitre quelle que soit la miséricorde de Dieu envers lui. Il vaut mieux attendre le Seigneur que de courir devant lui. Nous ne sommes jamais au pire quand il fait le premier pas. La place la plus heureuse se trouve toujours dans la confiance en son amour. Si le Seigneur avait pressé son serviteur de lui parler avec un cœur ouvert, cela aurait été une autre affaire. Abram a cependant présenté son désir, et le Seigneur y répond gracieusement. Il est aussi très évident qu’Il se lie remarquablement. Il fut donné à Abram une sorte de sceau et d’acte formel qu’il lui assurerait l’héritier espéré. Qui pourrait en déduire qu’Abram se trouve ici dans l’humeur la plus brillante dans laquelle l’Esprit de Dieu le présente ? Il demande et l’Éternel répond, sans aucun doute ; il veut un signe par lequel il puisse savoir qu’il héritera ainsi : « À quoi connaîtrai-je que je le posséderai ? » - V.8. Cela ne semble pas susciter cette admirable confiance en l’Éternel qui le caractérisait à d’autres moments.  Nous ne prétendons pas trouver à redire à celui qui aurait dû apprendre beaucoup avec plaisir. C’est à nous de rechercher, autant que la grâce nous le permet, ce que Dieu a écrit pour notre instruction.

L’Éternel lui ordonne donc de prendre une génisse, une chèvre, un bélier de trois ans, une tourterelle et un jeune pigeon puis « Et comme le soleil se couchait, un profond sommeil tomba sur Abram; et voici, une frayeur, une grande obscurité, tomba sur lui » - V.12. Il me paraît très évident que les circonstances détaillées ici convenaient à la condition d’Abram; qu’il y avait des questions, et peut-être des doutes liées à cette perspective que l’Éternel avait mise devant son âme et que, par conséquent, nous pouvons découvrir, avec toute assurance, grâce à la manière dont la communication lui a été faite, l’état de l’expérience d’Abram. D’où aussi la nature de la communication : « Sache certainement que ta semence séjournera dans un pays qui n’est pas le sien, et qu’ils l’asserviront et l’opprimeront pendant quatre cents ans. Mais aussi je jugerai, moi, la nation qui les aura asservis; et après cela ils sortiront avec de grands biens. Et toi, tu t’en iras vers tes pères en paix; tu seras enterré en bonne vieillesse. Et en la quatrième génération ils reviendront ici, car l’iniquité des Amoréens n’est pas encore venu à son comble » - V.13-16.

Ce n’est pas tout. « Et il arriva que le soleil s’étant couché, il y eut une obscurité épaisse; et voici une fournaise fumante, et un brandon de feu qui passa entre les pièces des animaux » - V.17. Le caractère de l’ensemble est clair. Il y a une fournaise fumante, emblème du procès d’une part, non sans ténèbres ; Il y a le brandon de feu, la promesse et l’engagement sûrs de la part de Dieu, la promesse prophétique et sûre donc de la délivrance de Dieu. Néanmoins, ce n’est pas une vision brillante, c’est une horreur des ténèbres qui se voit dans le sommeil qui lui était tombé dessus. Le tamisage et la tribulation doivent venir, mais le salut également en temps voulu. Il y a encore plus que ça. Les limites mêmes du pays sont données et les races avec lesquelles la semence d’Abram devrait avoir à faire.

En résumé, nous voyons que toute la scène, habillée en quelque sorte d’un caractère juif, a naturellement les éléments de sacrifice qui, sous diverses formes, ont été mis en avant par la suite dans l’économie lévitique et quelle est également empreinte de prophétie qui ne nous présente jamais les profondeurs de la nature de Dieu, mais montre pleinement son jugement de l’homme. La prophétie, aussi admirable qu’elle soit, est toujours en deçà de la plénitude de la grâce et de la vérité qui est en Christ. La prophétie concerne la terre, les juifs et les nations, les temps et les saisons. Nous trouvons donc ici des dates et des générations, la terre et ses limites, l’Égypte et les races cananéennes. Ce n’est ni le ciel, ni le Dieu et Père de notre Seigneur comme il se laissera connaître plus tard, très loin de là. C’est Dieu qui sait ce qu’il veut faire sur terre et en donne la certitude à un ami qui en doute, s’assurant et se liant pour réconforter la foi qui voulait un soutien extraordinaire – néanmoins non sans affliction pour sa semence, non sans leur service pour une nation étrangère, mais l’Éternel qui les fait sortir en triomphe à la fin. Aussi admirable que soit la vision, elle ne lève pas les regards vers la gloire de Dieu, non plus qu’elle ne présente en aucune façon les profondeurs de Sa grâce.

 

15    Genèse 16

Si nous lisons correctement ce chapitre, ce n’est pas une petite confirmation de la condition d’Abram. Sans aucun doute, Sarah était plus à blâmer que lui. En bref, la hâte a manifesté un manque manifeste de foi et c’est ainsi qu’Agar fut donnée par Sarah à son mari et les fruits de cette union apparurent bientôt. Comme toujours, celle qui méritait le plus de blâme souffrit le plus. Ce n’est pas tant Abram que Sarah qui connu sa propre folie à propos de sa servante. Nous trouvons à nouveau, dans ce chapitre, la fidélité de Dieu même dans le cas d’Agar à qui Il dit de retourner auprès de sa maîtresse et de s’humilier devant elle. L’Éternel continue ici encore le témoignage prophétique par son ange et fait ressortir la remarquable préfiguration des Bédouins qui demeurent à ce jour un témoin mineur, mais néanmoins réel de la vérité de la parole de Dieu.

 

16    Genèse 17

Dans ce chapitre, nous trouvons une scène plus élevée. « Abram était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans; et l’Éternel apparut à Abram et lui dit : Je suis le Dieu Tout-Puissant; marche devant ma face et sois parfait, et je mettrai mon alliance entre toi et moi, et je te multiplierai extrêmement » - V.1-2. Ici, ne n’est plus Agar, un type de l’alliance du Sinaï ; ce n’est pas non plus une prédiction que la voie de l’homme n’amène que l’enfant de la chair dans la maison ce qui est un problème pour tous. Non, ici, l’Éternel, sans qu’Il soit sollicité et de sa propre grâce, apparaît à nouveau à son serviteur bien-aimé. « Je suis », dit-il, « El-Shaddaï » - Dieu Tout-Puissant – « marche devant ma face, et sois parfait, et je mettrai mon alliance entre toi et moi, et je te multiplierai extrêmement. » Dieu, et non l’homme, occupe la première place maintenant. Ce n’est pas Abram qui demande, mais Dieu qui parle. Abram en conséquence, au lieu d’avancer ses désirs et ses difficultés, est tombé sur sa face – au bon endroit – « et Dieu parla avec lui » - V.3. Il avait une plus grande liberté qu’il n’avait jamais eu auparavant, mais cela ne diminuait en rien la vénération de son esprit. Jamais Abram ne fut plus prostré devant Dieu que lorsque ce dernier lui ouvrit ainsi Son cœur au sujet de la semence de la promesse et qu’Il était sur le point de communiquer à nouveau au sujet du monde.

Elohim – Dieu – « parla avec lui, disant : Quant à moi, voici, mon alliance avec toi, et tu seras père d’une multitude de nations » - V.4. Il ne s’agit plus de sa semence étrangère dans un pays qui n’est pas le sien. Maintenant, nous avons la vaste étendu des desseins terrestres de Dieu qui commencent à se déployer devant nous, même en ce qui concerne la terre entière, et Abram était concerné en tout. « Et ton nom ne sera plus appelé Abram, mais ton nom sera Abraham, car je t’ai établi père d’une multitude de nations. Et je te ferai fructifier extrêmement, et je te ferai devenir des nations; et des rois sortiront de toi » - V.5-6. Pas un mot de cela n’avait été soufflé auparavant. Qu’il eut une lignée pour lui succéder, une lignée qui hériterait de la terre et la posséderait pour toujours, tel était le plus élevé déjà garanti. Et quand l’esprit doutait et recherchait la sécurité de Dieu Lui-même, ce dernier daigna, pour ainsi dire, se lier avec lui et lui fit encore savoir que beaucoup de chagrins et d’afflictions devaient précéder l’heure de Son jugement en faveur de la semence choisie. Mais ici, tout est d’une autre ordre et d’une autre mesure – la bienfaisance selon la grâce et les desseins de Dieu. « Et je te ferai fructifier extrêmement, et je te ferai devenir des nations; et des rois sortiront de toi. Et j’établirai mon alliance entre moi et toi et ta semence après toi, en leurs générations, pour être une alliance perpétuelle, afin que je sois ton Dieu, à toi et à ta semence après toi. Et je te donne, et à ta semence après toi, le pays de ton séjournement, tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle; et je serai leur Dieu. Et Dieu dit à Abraham : Et toi, tu garderas mon alliance, toi et ta semence après toi, en leurs générations. C’est ici mon alliance, que vous garderez entre moi et vous et ta semence après toi : que tout mâle d’entre vous soit circoncis » - V.6-10.

Ne supposons pas que la circoncision soit nécessairement un acte légal. De la manière qu’elle est présentée ici, c’est le fait relatif de la grâce – le signe de la mortification de la chair. Sans aucun doute, la circoncision a été incorporé dans la loi lorsque ce système a été ensuite imposé; mais en soi, comme le montre notre Seigneur lui-même, ce n’était pas de Moïse, mais des pères, et comme étant des pères – Abraham – c’était, nous le voyons ici, un emblème significatif de la mise à mort de la chair. Dieu voulait que cela soit traité comme une chose impure et ce n’est certainement pas la loi. Il peut être changé en légalisme, comme tout autre chose, mais dans ce cas, c’est plutôt en contraste avec la loi. Cela signifie que la chair est jugée, ce qui est la vraie signification spirituelle de ce que Dieu a alors institué.

Le chapitre montre alors la grâce qui donne selon l’abondance propre à Dieu : en même temps, la chair est jugée devant lui. Telle est la signification de ce sceau remarquable. En conséquence, nous avons la promesse absolue faite lorsque le nom de Sara ait changé de « ma princesse » - Saraï – à « princesse » - Sara. Elle devait donc, désormais, être appelée ainsi. « Quant à Saraï, ta femme, tu n’appelleras plus son nom Saraï, mais « Sara » sera son nom. Et je la bénirai, et elle deviendra des nations; des rois de peuples sortiront d’elle » - V.15-16. Puis, le cœur d’Abraham se tourne vers Ismaël, avec la remarque historique que la circoncision fut instituée dès ce jour-là.

 

17    Genèse 18

Ce chapitre nous montre que la grâce donne non seulement la communion avec l’Éternel en ce qui nous concerne, mais que son serviteur est autorisé à jouir des communications du cœur de Dieu même quant à ce qui est entièrement de l’extérieur. Dieu avait commencé à parler avec une intimité telle qu’Abraham n’avait jamais connue auparavant, Il ne se repentirait certainement pas de son amour. Ce n’est jamais Dieu qui s’éloigne de nous, mais plutôt nous de Lui. « Et l’Éternel lui apparut auprès des chênes de Mamré; et il était assis à l’entrée de la tente, pendant la chaleur du jour. Et il leva les yeux et regarda; et voici, trois hommes se tenaient près de lui; et quand il les vit, il courut de l’entrée de la tente à leur rencontre, et se prosterna en terre » - V.1-2. Voyez le caractère d’Abraham, il est très beau; une véritable humilité mais une dignité remarquable. « Et il dit : Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe point outre, je te prie, d’auprès de ton serviteur. Qu’on prenne, je te prie, un peu d’eau, et vous laverez vos pieds, et vous vous reposerez sous l’arbre; et je prendrai un morceau de pain, et vous réconforterez votre cœur, après quoi vous passerez outre, car c’est pour cela que vous avez passé près de votre serviteur. Et ils dirent : Fais ainsi, comme tu l’as dit » - V.3-5. À ce moment, il ne semble pas y avoir de raison de supposer qu’Abraham ait eu la moindre connaissance ou un soupçon de qui il s’agissait. Nous verrons en combien de temps il le comprendra et en prendra conscience mais il se comporte avec une parfaite convenance. Il ne parle pas ouvertement, ni ne rompt ce que nous pouvons appeler l’incognito que l’Éternel a voulu assumer. Il l’a compris, son œil était unique, son corps plein de lumière.

Extérieurement, c’était une simple préparation patriarcale pour les étrangers de passage. Certains, vous savez, sans oublier de divertir des inconnus, ont reçus des anges sans le savoir. C’était l’honneur d’Abraham de recevoir l’Éternel. En temps voulu, il entend la question qui lui est posée qui, je pense, est le point qui le fait pénétrer dans l’esprit de l’action divine : « Où est Sara, ta femme ? … Et il dit : Je reviendrai certainement vers toi quand son terme sera là, et voici, Sara, ta femme, aura un fils » - V9-10. Abraham pouvait-il ignorer plus longtemps à qui appartenait cette voix ? Néanmoins, il ne parle pas avant l’heure venue. Si l’Éternel a voulu se présenter à lui avec deux de ses serviteurs, s’il les a revêtus de l’apparence commune de l’humanité, il n’appartient certainement pas aux fidèles de rompre le silence que l’Éternel a préservé. Et ce n’était qu’une partie de la manière admirable avec laquelle son cœur répondait à la confiance que l’Éternel avait en lui.  Sarah montre une fois de plus son incrédulité tandis que l’Éternel la réprimande, malgré son déni, et reste avec Abraham. Quand les hommes se levèrent pour se diriger vers Sodome, Abraham les accompagne instinctivement quoique l’Éternel demeure avec lui et dit : « Cacherais-je à Abraham ce que je vais faire? » - V. 17.

Comme Genèse 17 avait donné l’occasion à l’Éternel de communiquer à Abraham ce qui concernait si intimement sa lignée, et ce pour toujours, ce chapitre lui révèle ce qui concerne le monde. Ainsi, bien que ce ne soit pas la relation intime des enfants de Dieu, nous voyons comment la compréhension de l’avenir n’est pas seulement profitable mais devient un moyen de maintenir et même d’approfondir la communion. Laissez-moi attirer votre attention sur ceci. Ne vous trompez pas, frères bien-aimés. Débuter l’étude du future et en faire notre sujet principal n’approfondit pas réellement nos âmes dans les voies de Dieu mais les attire plutôt vers des principes mineurs et terrestres desquels il est difficile d’échapper plus tard. Néanmoins, il est évident que Dieu nous a tout donné et qu’Il souhaite que ce qu’il a donné soit utilisé et apprécié par nos âmes.

Quel est donc la puissance de préservation ? La grâce, quand ce n’est pas une question sur ce qui va arriver, quand ce ne sont surtout pas des questions qui s’élève de nos cœurs. C’était le cas dans Genèse 15, mais maintenant Abraham a été entièrement libéré par l’Éternel. Il est libre quant aux questions le concernant lui et sa postérité. Son cœur est rassuré. L’Éternel a abondé au-delà de sa plus grande pensée. Abraham a devant lui des perspectives infiniment plus grandes que ce qu’il n’avait jamais osé demander à Dieu car ce dernier ouvre Ses propres pensées, Ses propres conseils qui doivent nécessairement toujours être au-dessus des plus grandes attentes de l’homme, et voici que le dévoilement de l’avenir, au lieu de nous abaisser à la terre, devient au contraire un moyen de nous attirer dans la présence du Seigneur en désirant Sa grâce. C’était maintenant le cas d’Abraham. Tout dépend de cela ; nous ne devons pas d’abord céder aux préjugés de notre esprit avant d’entrer dans la liberté parfaite et la jouissance de notre place avec Jésus Christ dans la présence de Dieu. Après cela, nous pouvons écouter et alors tout nous est profitable et béni.

Tel est le cas d’Abraham maintenant. C’est encore l’Éternel qui fait le premier pas. C’est Lui qui dit : « Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? » - V.17. Quelle différence pour l’homme qui voulait avoir l’assurance qu’il aurait la descendance promise. Ici, l’Éternel le rencontre et lui prédit la ruine imminente des villes de la plaine. L’Éternel l’éclaire et tout devient clair. Mais ce n’est pas un cœur qui doute ou un esprit curieux, c’est celui qui s’incline en un hommage sincère, en se confiant en Dieu, qui se plait à se confier en Lui. En vérité, Dieu allait agir sur le monde, il allait juger cette scène coupable, il allait effacer ce puits d’iniquité – Sodome et Gomorrhe et les autres villes de la plaine qui étaient comme le jardin de l’Éternel mais duquel malheureusement s’élevait une odeur pestilentielle contre Dieu Lui-même de sorte qu’il devait, en quelque sorte, faucher cette iniquité sinon le monde entier en serait pollué.

C’est alors que Dieu parle à son serviteur. Il aimait faire connaître ses voies. Abraham était maintenant en état de jouir sans sombrer en aucune façon dans l’esprit terrestre. Il pouvait entendre tout ce que l’Éternel lui dirait. Ensuite, au lieu de le décourager de quelque manière que ce soit, l’Éternel le soulevait plutôt dans la jouissance de Ses secrets, dans des relations confidentielles avec Lui, car en effet, il était l’ami de Dieu. Abraham profite de tout ici et nous verrons bientôt l’effet moral sur son esprit. « Puisque Abraham doit certainement devenir une nation grande et forte et qu’en lui seront bénies toutes les nations de la terre ? Car je le connais, » - Oh ! Quel mot ! – « Je le connais, et je sais qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui » - Quelle confiance en lui le Seigneur exprime-t-il ! – « Je le connais, et je sais qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui, de garder la voie de l’Éternel, pour pratiquer ce qui est juste et droit, afin que l’Éternel fasse venir sur Abraham ce qu’il a dit à son égard – V.18-19. « Le cri de Sodome et Gomorrhe est grand, et que leur péché est très aggravé, eh bien, je descendrai, et je verrai s’ils ont fait entièrement selon le cri qui en est venu jusqu’à moi ; et sinon, je le saurai. Et les hommes se détournèrent de là, et ils allaient vers Sodome; et Abraham se tenait encore devant l’Éternel. Et Abraham s’approcha » - tel fut l’effet – « Abraham s’approcha et dit : Feras-tu périr le juste avec le méchant ? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville » – V.18-23.

Ce n’est peut-être pas maintenant le moment opportun de dire grand-chose sur une telle scène, mais je ferai au moins cette observation qu’il n’y a pas d’angoisse à son égard, et pour cette raison même que tout son cœur peut s’ouvrir, non seulement vers le Dieu qui l’aimait et qu’il aimait, mais également pour son neveu, Lot le juste, qui avait joué un si pauvre rôle, souffert pour sa folie, et une fois de plus avait peu profité de la discipline et était sur le point d’être encore plus humilié qu’Abraham n’aurait pas su anticiper. Non seulement l’homme de foi est allé à la poursuite des rois victorieux de la terre pour le sauvetage de Lot, mais il ose maintenant, avec la confiance de la bonté de l’Éternel, s’approcher et plaider pour celui qui habitait toujours Sodome et dont l’âme juste était contrariée et aimait le Seigneur en dépit de son esprit terrestre et sa mauvaise situation. N’est-ce pas permis de l’Éternel qu’Abraham ai pu intercéder ? N’a-t-il pas fortifié le cœur de son serviteur pour continuer, jusqu’à ce qu’il ait honte ? Comme partout, donc ici, c’est l’homme qui a cessé de plaider avec l’Éternel et non ce dernier qui a refusé d’encourager et d’entendre la voix d’une nouvelle intercession.

Voici l’effet de la prophétie qui s’installe dans le cœur qui a été libéré par la grâce de Dieu et rendu pratiquement céleste. Au lieu d’exercer un caractère néfaste en se livrant à une vaine curiosité pour les autres, ou en provoquant une simple occupation de soi – le désir de savoir ce que le Seigneur me donnera – nous voyons le cœur du croyant qui cherche à rencontrer l’autre. C’est ce que Dieu veut. C’est l’esprit d’intercession pour les autres que nous trouvons être le résultat de l’écoute du Seigneur et de l’appréciation des communications de ce qui n’était pas encore accompli, non pas parce qu’ils le concernaient mais parce qu’ils étaient les secrets du Seigneur pour les autres – même le monde lui-même – qui lui avaient été confié et avaient attisés ses affections de manière divine. En est-il ainsi avec nous dans notre utilisation de la parole prophétique ? Doit-il en être autrement ? Pussions-nous recueillir de tels fruits de notre étude de l’Ancien Testament.

 

18    Genèse 19

Dans ce chapitre, nous voyons le coup du jugement tomber. Les anges arrivent à Sodome et Lot montre qu’il est maître dans la même école de grâce courtoise qu’Abraham, mais les hommes de la ville coupable justifient l’Éternel dans cette transaction sans précédent lorsque le soleil se leva à nouveau sur la terre. Entre-temps, Lot a été emmené avec ses filles sans leurs maris incrédules, mais sa femme ! « Souvenez-vous de la femme de Lot » - Luc 17 :32. Sa femme reste à jamais le cas le plus solennel jamais enregistré de celui qui était personnellement à l’extérieur, mais de cœur attaché à la scène du mal.

Pourtant, Lot délivré ne l’est qu’à moitié et ici encore, nous apprenons comment la parole écrite et bénie expose en grands faits le jugement moral de Dieu avant que le temps soit venu de parler avec une clarté évidente. Nous avions vu des résultats assez douloureux dans le cas de Noé qui, buvant le fruit de la vigne à son déshonneur, prononça une malédiction sur une branche de sa postérité, sans oublier de bénir le reste. C’était la malédiction d’une juste cause, néanmoins quelle tristesse pour le cœur d’un parent qui la prononce. Ici, donc, même après sa délivrance par Abraham, Lot est délivré par les anges de la pire des associations, mais comme mutilé et blessé pour être encore plus déshonoré. Ce serait douloureux s’il fallait dire un mot de ce qui suit. Et pourtant, n’étais-ce pas nécessaire moralement pour Israël de se souvenir de la source d’une épine perpétuelle dans leur côté – l’origine honteuse du Moabite et de l’Ammonite, deux nations, voisines et apparentées, notoires pour l’envie et l’inimitié continuelles contre le peuple de Dieu. Dans sa sagesse, Dieu écrit tout. Le péché d’alors, comme maintenant, produisait une moisson grande et prolongée même si la grâce souveraine de Dieu, dans certains cas, interdit que ce soit une moisson perpétuelle de misère pour ceux qui s’y livraient. « Celui qui sème pour sa propre chair » – peu importe qui, où et quand – « moissonnera de la chair la corruption » - Galates 6 :8.

 

19    Genèse 20

Puis, une nouvelle scène suit où, malheureusement, Abraham tombe à nouveau. Il n’y a aucune puissance dans les apparences pour soutenir les riches triomphes de la foi. Comme d’une part, après l’échec, Dieu peut amener une grâce profonde qui n’a jamais été connue auparavant, ainsi de l’autre on ne trouvera ni force ni continuité à partir de la plus réelle des bénédictions, mais en Dieu seul. Quelque soit la joie pour notre âme ou la bénédiction pour les autres, la puissance appartient toujours à Dieu et ne nous appartient que si nous lui sommes dépendants. Et maintenant, la situation était encore plus douloureuse qu’avant parce que Sarah était la mère qui avait été choisie pour l’héritier qui allait venir. Il n’y avait pas plus d’hésitation ni sur elle, ni sur Abraham qui depuis longtemps était le père désigné. Malgré tout, Abraham, pour des raisons qui lui appartiennent, est à nouveau coupable d’avoir nié leur relation. Qu’est-ce que l’homme ? Frères bien aimés, nous en connaissons Un qui a, à tout prix, formé la relation la plus intime avec nous. Il ne méritait rien de moins et ne le niera jamais. Puisse-t-Il avoir notre confiance inébranlable !

Mais Abimélec était évidemment consciencieux et Dieu prenait soin de lui bien que la gravité de l’affaire ne fût pas affaiblie dans son esprit. Dieu lui fait savoir, dans un rêve, quelle était la situation et son importance, il ne devait pas toucher la femme de l’homme. « Il est prophète et il priera pour toi » - V.7 – un exemple très instructif de la manière dont Dieu tient à Ses principes. Il honorera Abraham même devant Abimélec, mais il peut agir avec discipline avec Abraham.  Peut-être que Abimélec serait prêt à dire « Comment Abraham peut-il être un prophète – lui un homme qui dit des mensonges en reniant sa propre femme? » Néanmoins, dit Dieu, « c’est un prophète ». Nous pouvons être assurés de ceci cependant, que le Seigneur n’a en aucune façon retenu la bouche d’Abimélec d’une réprimande sévère quand il a dit à Sara : « Voici, j’ai donné mille pièces d’argent à ton frère ; voici, cela te sera une couverture des yeux pour touts ceux qui sont avec toi, et pour tous. Ainsi, elle fut reprise* » - V.16. Quel voile Abraham avait été pour sa pauvre femme ! Il ferait mieux de lui acheter un voile avec les mille pièces d’argent. C’était une condamnation profondément tranchante – une réprimande sans doute adressée à Sara, mais comme elle a dû toucher Abraham au vif ! La Bible a enregistré le péché du père des fidèles pour le bien de tous les enfants. Où était la fidélité d’Abraham maintenant ? Dieu a d’abord veillé à ce que sa foi n’échoue pas. Que le péché nous soit un avertissement et que la grâce fortifie aussi notre foi !

 

*Il y a ici des difficultés comme en témoignent les différences de traducteurs. Ainsi Benisch traduit la dernière clause « et tu peux faire face à tout le monde », c’est-à-dire qu’elle a été rétablie par l’amende pour couvrir les yeux. De Sola, Lindenthal et Raphall, dans leur version, vont encore plus loin : et à tous les autres comme une justification.

 

20    Genèse 21

Ce chapitre présente la scène de clôture de cette portion. L’enfant et l’héritier de la promesse est donné ; l’enfant de la chair est renvoyé. Tout est maintenant réglé selon Dieu. Tout ce qui était incompatible avec Sa grâce avait été autorisé auparavant doit disparaître. Agar, l’esclave, doit partir, et l’enfant qui n’était pas promis doit aussi partir. L’Éternel ne peut plus tolérer que l’enfant de la chair soit avec Isaac et Sarah dans la maison d’Abraham.

Remarquable à dire, alors que la bonté de Dieu ne parvient pas à ne pas se soucier d’Agar, Ismaël est également compris dans cette conclusion. Et vient Abimélec qui cherche une alliance avec l’homme dont l’échec doit l’avoir surpris et fait trébuché pas si longtemps auparavant. Abimélec, avec Picol, capitaine en chef de son armée, reconnait que Dieu est avec Abraham dans tout ce qu’il a fait, l’adjure de faire grâce à sa race et est maintenant réprimandé pour le tort fait aux serviteurs d’Abraham – V.22. Le roi gentil, en bref, aspire à la contenance et à la protection d’Abraham qui « planta un tamarisc » comme on nous le dit ici – V.33, à Beer-Shéba, et y invoqua le nom de l’Éternel, le Dieu d’éternité. Il est donc clair que nous voyons ici l’héritier du monde amené en figure. Il ne s’agit pas encore d’introduire des relations plus profondes; néanmoins, c’est l’héritier non seulement de la terre de Palestine mais du monde qui se présente ici. Par conséquent, l’Éternel nous est présenté sous un caractère qui ne nous a pas été nommé auparavant, le Dieu d’éternité – El-Olam. Cela conclue la section et nous ramène à un autre type de jour du millénaire. C’est alors que les Gentils recherchent la protection des fidèles; c’est alors que l’Éternel se montrera le Dieu des siècles, le gardien et le bienfaiteur du véritable héritier; c’est alors que les prétentions de la chair et de la loi seront à jamais écartées, et les promesses auront tout leur accomplissement pour Sa gloire qui les a données. Encore une fois, ceci conclu, il semblerait, d’une manière similaire de la portion précédente. Nous avançons vers le millénaire.

 

21    Genèse 22

Après cela, un ordre de choses encore plus profond débute où la lumière distinctive de Dieu brille, pourrait-on presque dire, à chaque pas. Ici, nous examinons un type devant lequel presque tous les autres, même dans ce précieux livre, peuvent être considérés comparativement comme petit. Il fait de l’ombre à un amour tel que Dieu Lui-même ne peut rien trouver à surpasser, ne serait-ce que de le comparer. C’est la figure choisie de son propre amour, et ce non seulement dans le don mais dans la mort de son Fils qui a aussi daigné être pour nous l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Une scène à la fois si simple et si profonde exige peu de choses nous ne commenterons que très peu sur ce qui est heureusement le plus familier de tous les types à tous les chrétiens, car, moralement considéré, c’est un appel inégalé pour nos cœurs. Nous ne devons pas l’oublier comme étant une véritable épreuve de la foi d’Abraham en plus d’être une manifestation si précieuse de l’amour de Dieu. Si Isaac a été épargné du coup auquel Abraham l’a entièrement dévoué dans la confiance que Dieu le ressusciterait pour honorer la lignée de la promesse, le type de mort, un sacrifice, a été pleinement réalisé par la substitution du bélier pris dans le fourré et tué par le père. Ensuite, vient le serment de l’Éternel fondé sur cet acte dont l’apôtre Paul utilise de manière si frappante dans l’épitre aux Galates où il dessine le contraste remarquable entre la semence unique et la multiplicité. La semence étant Christ, et là où le nombre n’est pas exprimé, nous trouvons la bénédiction des Gentils tandis que, quand nous entendons parler de la semence aussi nombreuse que les étoiles et le sable, le lien au-delà de toute controverse est avec la suprématie des juifs sur leurs ennemis. Si nous examinons attentivement le passage, il peut être facilement vu dans toute sa force. « J’ai juré par moi-même, dit l’Éternel : parce que tu as fait cette chose-là, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, certainement je te bénirai, et je multiplierai abondamment ta semence comme les étoiles des cieux et comme le sable qui est sur le bord de la mer » - V.16-17. Ici, c’est expressément la semence nombreuse et ce qui suit ? Y a-t-il une promesse de bénédiction aux Gentils ? Au contraire, c’est une espérance proprement juive : « Ta semence possédera la porte de ses ennemis » - V.17. Est-ce la place spéciale du Christ ? Est-ce Sa relation avec nous maintenant parmi les Gentils ? Tout le contraire. Cela reste à vérifier quand Il régnera en tant que Chef d’Israël, et Il leur donnera le pouvoir et régnera sur leurs ennemis. En Son temps, tout ira bien.

Mais qu’est-ce que l’apôtre cite et dans quel but ? Non pas ceci, mais le verset suivant qui est d’une nature totalement différente : « Et toutes les nations de la terre se béniront en ta semence » - V.18.  La force de l’argument de l’apôtre est que, là où l’Écriture mentionnée ne dit rien de nombre, ne nommant que « ta semence » comme telle, là la bénédiction des Gentils est assurée. D’autre part, là où il parle de la semence multipliée selon les images les plus frappantes d’un nombre incalculable, l’Éternel promet ici l’exaltation terrestre et le pouvoir des juifs sur leurs ennemis – une bénédiction en contraste avec celle de l’Évangile et de l’argument dans Galates. C’est cette distinction que l’apôtre applique sur le sujet avec une telle profondeur de perspicacité. La conclusion est évidente. Les Galates n’avaient pas besoin de devenir juifs pour obtenir la bénédiction. Pourquoi alors devraient-ils être circoncis ? Ce que Dieu leur donne dans l’Évangile et qu’ils ont reçu par la foi, c’est Christ, mort et ressuscité, comme l’était Isaac dans la figurer – comparez Hébreux 11 :17-19. De cette semence, il ne parle pas comme de plusieurs origines mais comme d’une seule, et cette semence assure la bénédiction des Gentils en tant que Gentils. Par conséquent, là où Dieu parle de la postérité d’Abraham en dehors des nombres – V.18 – il y a la bénédiction des Gentils. C’est ce dont nous avons réellement besoin, et c’est ce que nous avons en Christ. Bientôt, il y aura la nombreuse semence dont il est question au verset 17. Ce sera le peuple d’Israël, et il possédera la porte de ses ennemis. Je ne peux rien concevoir de plus admirable en soi, ni de plus complet comme réfutation des judaïsants qui auraient voulu compromettre l’Évangile et abaisser les Galates en tant que simples Gentils regardant leurs supérieurs juifs en cherchant la circoncision après avoir reçu un Christ ressuscité. En vérité, le fait de l’Ancien Testament et le commentaire du Nouveau sont tous deux divins. Et comme le fait lui-même était le plus frappant, l’application de l’apôtre n’en est pas moins profonde.

 

22    Genèse 23

Un autre événement instructif s’ouvre sur nous. Ce n’est pas la mort d’Agar qui présente l’alliance sinaïtique ou légale : nous aurions pu nous attendre à une affaire du genre et nous pourrions tous la comprendre. Mais la merveille est que, après la figure du fils conduit en sacrifice au mont Moriah mais ressuscité - la mort et la résurrection du Christ, comme l’apôtre Paul lui-même l’explique aux Hébreux – nous voyons la mort de Sara, de celle qui représente la nouvelle alliance, non pas de la loi mais de la grâce. Et quelle est la signification de ce type, et où trouve-t-il sa réponse dans les relations de Dieu quand on pense à l’antitype ? C’est aussi certain que clair. La vraie clé est placée entre nos mains dans les Actes des Apôtres, sans parler d’aucun autre passage de l’Écriture. Lorsque l’apôtre Pierre s’est tenu devant les hommes d’Israël et a rendu témoignage de la mort et de la résurrection du Seigneur Jésus, le véritable Isaac, que leur a-t-il dit ? Ceci – que s’ils étaient disposés par grâce à se repentir et à se convertir, Dieu apporterait assurément ces temps de rafraîchissement dont Il avait parlé par la bouche de tous Ses saints prophètes depuis le commencement du monde. Il a ajouté qu’ls étaient les enfants, non seulement des prophètes mais également de l’alliance que Dieu a conclue avec les pères en parlant avec Abraham « et toutes les nations de la terre se béniront en ta semence » - Actes 2; Ge 22 :18 ».

Et voilà la solution requise car Pierre a présenté après cela la disposition de Dieu à apporter la bénédiction de la nouvelle alliance s’ils inclinaient, par grâce, leur cou raide devant le Seigneur Jésus. Ils n’ont pas écouté, ils ont rejeté le témoignage et ont finalement mis à mort l’un des témoins les plus brillants. En fait, l’incrédulité était complète pour le témoignage du Saint Esprit fondé sur la mort et la résurrection de Christ, et, en conséquence, cette présentation de l’alliance à Israël disparaît complètement. C’était l’antitype de la mort de Sara – la mort pour le temps de toutes ces ouvertures de l’alliance avec Israël. Nulle part, ensuite, nous n’entendons parler de son renouvellement. Il ne fait aucun doute que Sara ressuscitera, et ainsi la nouvelle alliance apparaîtra lorsque Dieu agira, au milieu du peuple juif, dans les derniers jours. Pendant ce temps, la présentation de l’alliance à Israël, comme ce que Dieu était disposé à ce moment-là à apporter, l’offre faite par grâce, passe sans être vue et une chose nouvelle prend sa place.

 

23    Genèse 24

Et voici donc. Immédiatement après la mort et l’ensevelissement de Sara, un nouveau personnage nous est présenté – un autre objet distinct de ce que nous avons vu auparavant. Qu’est-ce ? L’introduction d’une personne tout à fait inconnue appelée à être l’épouse d’Isaac, le fils de la promesse mort et ressuscité au sens figuré. Ce n’est plus une question de relations d’alliance. L’appel de Rébecca n’a pas été pensé auparavant – c’est un élément tout à fait nouveau dans l’histoire. Puis nous voyons le type qui nous est si familier, Éliézer, le fidèle serviteur de tout ce que le père avait, maintenant l’exécuteur testamentaire des nouveaux buts de son cœur, qui va chercher la mariée de Mésopotamie. Comme aucune servante de Canaan ne pouvait être mariée au fils d’Abraham, donc lui, Isaac, ne devait pas quitter Canaan pour la Mésopotamie ; Éliézer devait amener l’épouse, si elle voulait, mais Isaac ne devait pas y aller. C’est sur ce point qu’il est fortement insisté et je dois attirer votre attention sur sa signification typique. Le serviteur propose une difficulté – supposons que la femme ne veuille pas venir, est-ce qu’Isaac devrait y aller pour la chercher ? « Et Abraham lui dit : Garde-toi d’y faire retourner mon fils » - V.6. Lorsque l’église est appelée pour être l’épouse de Christ, il demeure exclusivement dans les lieux célestes. Il n’a rien à voir avec le monde pendant que l’église est en train de se rassembler parmi les juifs et les gentils. Il ne quitte pas le ciel, ni ne vient sur le monde pour s’associer avec la terre, alors qu’il s’agit de former l’épouse – le Christ est exclusivement céleste. C’est le même Isaac qui avait été condamné à mort par sacrifice. De même qu’Isaac est ressuscité en figure et ne doit en aucun cas aller de Canaan à la Mésopotamie pour Rébecca, de même Christ doit avoir seulement des associations célestes, et aucune avec le monde, pendant que l’appel de l’église est en cours. L’ignorance de cela et plus encore l’indifférence à son égard, quand c’est une chose connue, doit rendre le chrétien mondain car la communion avec le Christ, là où il se trouve, rend un esprit attiré par les choses célestes. Cela prouve à quel point toute position associée avec le monde est irrémédiablement faussée. Le seul moyen sûr pour le chrétien de prendre position correctement sur toute question est de déterminer à partir de la parole de Dieu comment elle se situe par rapport à Christ et à Sa gloire. Quand Christ s’associe avec le monde, nous pouvons y avoir part aussi, si Christ est entièrement au dehors, et comme il en est manifestement séparé puisqu’il est dans le ciel, nous devrions l’être aussi. Juger et marcher selon Lui est ce que nous ferions bien de cultiver.

Il ne faut pas traiter nos devoirs ici-bas comme étant de la « mondanité » juste pour mieux s’en décharger. Si, au lieu de plaire et de faire la volonté du Seigneur ici-bas, nous avons l’esprit occupé par les choses du monde, c’est l’esprit du monde. Ce n’est pas tant ce que vous faites qui est important mais la communion avec Son esprit ; c’est peut-être en apparence l’œuvre la plus sainte mais si elle relie le Christ et son nom au monde, nous nous leurrons et jouons d’autant plus entre les mains de l’ennemi. D’un autre côté, cependant, à supposé qu’il soit lié au monde, Il se peut que ce soit un acte très ordinaire mais aussi éloigné que possible de la mondanité, même s’il s’agit de cirer une chaussure. Il n’est guère besoin de dire que la puissance du christianisme peut être appréciée dans le cœur et les voies d’un cireur de chaussures aussi véritablement que partout ailleurs. Tout ce qui est en dehors de Christ ne sera pas préservé et doit porter la marque du monde tandis que d’un autre côté, l’efficacité du Christ est si grande que si mon cœur est attaché à Lui, et recherche ce qui convient à Celui qui est assis à la droite de Dieu, nous devenons véritablement Ses témoins., En supposant qu’il y ait une véritable relation avec Lui, elle donnera assurément à ce que nous faisons une empreinte céleste et donnera la plus vraie et la plus élevée des dignités, peu importe ce que nous pouvons être.

Il ne m’appartient pas, bien entendu, d’entrer dans les détails de ce chapitre maintenant. J’en ai assez dit pour montrer le principe général. Premièrement, la nouveauté et le caractère sans précédent en ce qui concerne Isaac et Rebecca. Ce n’était pas simplement la continuation de ce qui était déjà connu, mais une suite non seulement au sacrifice typique de Moriah, mais à la mort de Sara. Il est merveilleux de voir la vérité du Christ illuminer des chapitres consécutifs de l’Ancien Testament. Nous savons, malheureusement, ce que c’est que d’être incertain et insatisfait en présence du mot écrit quoiqu’il soit vraiment très simple. Encore une fois, il y a la disparition de toutes les transactions d’alliance. Combien de temps avons-nous été confus dans tout cela ! Sara est morte, maintenant partie. L’épouse est alors recherchée, appelée et vient car il s’agit d’une épouse, non d’une mère. Encore une fois, nous voyons Éliézer, le type de l’Esprit de Dieu, caractérisé par ceci – le cœur va vers le Seigneur à la fois avec une entière dépendance et une louange simple alors qu’il reçoit la réponse rapide et sans équivoque de Sa grâce. Éliézer avait reçu sa mission d’Abraham, ainsi est l’Esprit envoyé du Père en mission d’amour dans l’église. La prière et l’adoration conviennent donc aux membres du corps de Christ et devrait s’élever intelligemment avec le dessein de Dieu, tout comme la prière d’Éliézer était entièrement fondée sur l’objet que celui qui l’a envoyé avait en vue. Il a osé beaucoup demandé pour l’épouse et rien n’a détourné son cœur du but.

Il est bien que les hommes, dans un monde mauvais, soient remplis d’entreprises pour faire le bien; mais là, il y en avait un qui, avec la plus grande simplicité, savait qu’il faisait de son mieux et c’est ce que nous devrions tous faire. Le meilleur de tous les services, servir la gloire du Père dans le Fils qui doit recevoir l’église comme épouse – cela vaut la peine de vivre et aussi de mourir – si c’est la volonté de Dieu que nous devrions pendant ce temps nous endormir au lieu d’attendre la venue du Seigneur. Il ne s’agit pas simplement de rechercher le salut des pécheurs, mais de faire sa volonté en fixant les yeux sur le Christ et son amour et non seulement avec prière mais aussi avec un caractère qui Lui est naturel. Il y a davantage de prière dans ce chapitre que dans aucun autre de la Genèse et d’ailleurs, il y a aussi plus clairement qu’ailleurs le cœur qui se tourne vers l’Éternel pour L’adorer. Ces deux choses devraient caractériser le chrétien et l’Église maintenant que Christ, le Fils de Dieu est mort et ressuscité et que nous pouvons apprécier des immenses résultats par la foi – la prière et l’adoration, à l’unisson, avec le dessein de Dieu dans l’appel de l’épouse, l’église, non une simple action isolée, bien que cela puisse avoir sa place et être plus juste pour des besoins particuliers. Le trait le plus caractéristique devrait pourtant être celui-ci – que Dieu a permis à nos cœurs d’entrer dans Son propre secret, dans ce qu’il fait pour Christ. Il nous a permis de savoir où est Christ et ce que l’Esprit, qui daigne être l’exécutif ici-bas, fait pour Son nom dans ce monde. Par conséquent, et pour cela, nos cœurs peuvent s’élever dans la prière et la louange en se tournant vers notre Dieu et Père connaissant Sa bonté et Sa fidélité maintenant, et pour toujours. Le Nouveau Testament nous montre ce qu’était et devrait être l’Église et il n’y a pas un chapitre de la Genèse qui le démontre d’une manière plus importante qu’ici. Est-ce par hasard, ou le clair dessein de Dieu que ce n’est que dans ces incidents que nous devrions retrouver ces images de l’attente nuptiale et de la confiance dans l’amour de quelqu’un qui n’a pas encore été vu, et d’aller à la rencontre de l’époux ?

 

24    Genèse 25

Ce chapitre clôture l’histoire d’Abraham en présentant sa relation de père avec certaines tribus arabes qui, en étant de sa souche, se sont mêlées aux Ismaélites. Ces fils, contrairement à Isaac, ont reçu des cadeaux et ont été renvoyés. Isaac doit demeurer l’héritier incontesté de tous, et demeure à jamais le fils de la maison du père. Les buts de l’amour se concentrent sur lui puisque l’héritage, en sa plus grande partie, lui appartenait.

Cela suffit pour ce soir. Bien que parfaitement persuadé qu’une esquisse superficielle a ses inconvénients, je suis également assuré qu’elle n’est pas sans quelques avantages. Il est bon pour nous d’avoir une vue large et globale, tout comme il est bon, quand nous la possédons, de compléter les détails. Nous ne nous approcherons jamais d’une intelligence claire ou complète de l’Écriture si nous négligeons l’une ou ne cherchons pas l’autre. La grâce seulement par le mort écrit utilisé dans la foi peut donner et garder les deux pour nos cœurs à la louange du nom du Seigneur.

 

25    Genèse 25 :19 à la fin

Ayant déjà montré la position d’Isaac, je reprends brièvement en faisant remarquer qu’il se tient clairement devant nous en tant que représentant du Fils, également comme mort, ressuscité et dans le ciel. Tous se souviendront que nous avons vu, allégoriquement, sa mort et sa résurrection dans Genèse 22. Après le décès de celle qui était la figure de la nouvelle alliance*, viennent les relations entièrement nouvelles de Dieu dans l’appel de l’épouse pour le Fils, ici, soigneusement et exclusivement liées au type du ciel. Il n’est pas nécessaire d’insister davantage sur la portée pour le grand mystère du Christ céleste et de l’Église, de son corps et de son épouse.

 

*NdT Voir Galates 4 :21-28

 

Avant de poursuivre l’histoire d’Isaac, nous trouvons ici un épisode qui nous présente la naissance des deux fils d’Isaac et de Rébecca. Dieu avait déjà affirmé le principe de Son choix dans le fils de la femme libre, Sara, lorsque l’enfant de la chair fut mis de côté. Il y avait cependant cette différence; ce n’était que l’introduction qui annonçait le grand principe de la souveraineté de Dieu. Il y avait une différence de mère, mais pas chez le père. Il était nécessaire, dans la sagesse de Dieu, que la souveraineté soit affirmée encore plus précisément. Et c’est ici le cas car Ésaü et Jacob sont jumeaux, fils de même père et de la même mère. Il était donc impossible de trouver un rapport d’égalité plus étroit que ces deux-là, fils d’Isaac et de Rébecca. Néanmoins, dès le départ, entièrement en dehors de tout motif de nature à déterminer une préférence, Dieu montre qu’Il sera souverain. Il peut faire preuve de la plus grande miséricorde et Il le fait, mais Il est Dieu, et en tant que tel, il se réserve le droit de choisir. Même un homme agira ainsi et Dieu serait inférieur à l’homme s’Il ne le faisait pas. Il revendique Son choix et le fait en l’exposant de la manière la plus claire, raisonnée, comme nous le savons, dans la puissance de l’Esprit de Dieu, dans l’épitre aux Romains*, et à laquelle il est fait allusion ailleurs dans la Bible. Je n’y fais référence qu’en passant pour montrer à quel point cela ressort clairement des circonstances.

 

*NdT Romains 9 :7-13

 

En même temps, il y a autre chose à considérer. L’histoire d’après illustre les deux hommes et leur postérité. Quoiqu’on puisse dire de l’échec de Jacob, il est parfaitement clair que non pas Jacob mais Ésaü était profane, méprisant Dieu et par conséquent son droit d’aînesse. Ceci est mis en évidence dans le même chapitre. Dieu avait établi son choix avant toute action du genre et Il l’a rendu sans ambiguïté. J’ajouterais seulement ceci, que bien que l’Écriture soit tout à fait claire que Dieu a fixé son choix indépendamment de quoi que ce soit, il n’est jamais dit ni insinué dans aucune partie de la Parole de Dieu que l’expression solennelle du prophète Malachie « j’ai haï Ésaü » était applicable dès le début. Le choix était vrai, mais pas la haine. En fait, quand nous examinons les faits, il n’y a rien qui soit plus loin de la vérité que cette pensée. Dans le premier livre de la Bible, le choix de Jacob, et non d’Ésaü, est clair. C’est dans la prophétie de Malachie que la haine d’Ésaü est, pour la première fois, clairement affirmée. Comme la parole de Dieu est admirable en cela ! Apprécions d’abord que Dieu ait son choix; puis que Dieu, loin de prononcer sa haine, a attendu qu’il y ait ce qui, assurément, la méritait – Il a attendu, comme nous le voyons, jusqu’au tout dernier moment. Confondre ces deux choses si clairement différentes, le choix au début et la haine à la fin, ne semble rien d’autre que la folie étroite de l’esprit humain. La vérité est que tout le bien est de la part de Dieu, tout le mal appartient à l’homme. Il est souverain; mais tout âme condamnée en reconnaîtra elle-même la justice absolue.

 

26    Genèse 26

L’histoire d’Isaac reprend son cours. Gardons à l’esprit que c’est le récit du Fils ressuscité. Remarquez donc la différence lorsque l’Éternel apparaît à Isaac. J’attire votre attention sur cela comme un fait intéressant ainsi que comme un exemple du caractère profondément imagé de l’Écriture. À Abraham, Dieu est apparu comme le Dieu Tout-Puissant – El Shaddaï – et il sera également révélé ainsi à Jacob mais je ne suis pas conscient qu’il ne se soit jamais représenté ainsi à Isaac. La raison est manifeste. En fait, bien que la révélation du Tout-Puissant – El Shaddaï – est sûrement incluse comme avec son père et son fils, Isaac a une place tout à fait particulière et qui n’est pas liée, dans le récit, de la même manière aux dispensations de Dieu comme avec Abraham d’une part, et Jacob d’autre part. Ici, nous trouvons Dieu soit dans sa propre majesté abstraite en tant que Dieu Créateur – Elohim, soit dans une relation particulière en tant que l’Éternel, les deux formes dans lesquelles l’on parle de Dieu. Celles-ci sont utilisées, mais pas le « Tout-Puissant. Isaac parle en effet de Lui du Tout-Puissant quand il bénit Jacob, mais quand Dieu apparaît, l’Écriture le décrit simplement comme étant Dieu ou l’Éternel. La raison est claire : nous sommes sur le terrain où Dieu voulait que nous puissions apprécier les relations très particulières avec celui qui présente l’Époux de l’église. Par conséquent, ce qui était simplement de nature terrestre, passagère ou dispensationnelles n’est pas présentée.

Encore une fois, quand Dieu apparaît à Isaac, Il lui dit : « Ne descends pas en Égypte; demeure dans le pays que je t’ai dit » - V.2. Isaac est toujours un habitant de la terre céleste. Cela convient admirablement à la position du Christ en tant qu’Époux ressuscité et sera bientôt trop évident pour demander des preuves supplémentaires. « Séjourne dans ce pays-ci, et je serai avec toi, et je te bénirai; car à toi et à ta semence je donnerai tous ces pays, et j’accomplirai le serment que j’ai juré à Abraham, ton père, et je multiplierai ta semence comme les étoiles des cieux » - V.3-4. Ici, on ne parle pas du sable de la mer. Isaac est comme toujours exclusivement lié à ce qui est céleste, conformément à ce qu’il représente. Dans le cas d’Abraham, c’est la double figure qui apparaît : les enfants devaient être comme les étoiles du ciel mais aussi comme le sable de la mer. Isaac a une place particulière. Abraham comprend les deux, comme nous le savons, il est lié à ce qui est céleste mais également à ce qui est terrestre. Pour Isaac, nous trouvons les lieux célestes, une relation après la résurrection pour autant que cela puisse être exprimé en type. Ce n’était que l’ombre, pas l’image même ; et malheureusement, nous constatons que celui qui n’était que le type nie sa relation, ce que le Christ ne fait jamais. Isaac a échoué comme Abraham auparavant. Une fidélité inébranlable n’est vraie que pour Un seul.

En même temps, nous trouvons la fidélité sans faille de Dieu Immédiatement après, Isaac est béni et récolte même au centuple. Qu’est-ce que la bonté de Dieu ? Et Abimélec cherche aussi sa faveur, mais Isaac reste toujours dans la terre céleste emblématique, le type de la position actuelle de Christ.

 

27    Genèse 27

Ce chapitre nous laisse entrevoir les circonstances qui ont sondé le cœur de toutes les personnes concernées. On voit la nature qui a fait place à la personnalité complexe de Jacob. C’était un croyant mais en qui la chair était peu jugée, et non seulement en lui mais également en Rébecca. Entre eux, il y a beaucoup de douleur et bien qu’Isaac ne soit pas sans faiblesse ou faute, il y avait de la tromperie chez la mère et le fils. Quant à Ésaü, il ne s’y trouvait rien de Dieu et par conséquent, aucun motif de plainte à ce sujet. En même temps, il y avait aussi une injustice caractérisée dont Dieu ne fait la lumière dans aucune âme. Par conséquent, nous trouvons que bien que la bénédiction ait été arrachée frauduleusement d’Isaac, il étonné de découvrir à quel point il s’était laissé entraîner par la nature car effectivement, la chair s’est façonnée en Isaac, mais je peux dire que pour un temps, elle a régné sur Rébecca et Jacob. Sous le choc de cette révélation, mais rétabli dans son âme, il réalise qu’à cause de ses affections, il se trouve en danger de lutter contre le dessein de Dieu. Malgré tous les défauts de Rébecca et de Jacob, ils ont au moins retenu la Parole de Dieu. Dans l’ensemble, c’est un spectacle humiliant : Dieu seul brille sur toute la scène. Isaac donc, se réveille pour réaliser sa chute, affirme la certitude du dessein de Dieu et déclare, dans les termes les plus catégoriques que, malgré la manière dont Jacob s’était accaparé sa bénédiction, il sera béni de Dieu.

 

28    Genèse 28

Isaac appelle Jacob et l’envoie à Paddan-Aram pour s’y trouver une épouse avec la bénédiction du Dieu Tout-Puissant – El Shaddaï. Maintenant, les relations gouvernementales de Dieu commencent à apparaître et Jacob est le type permanent du peuple de Dieu qui ne marche pas en communion avec Lui comme Abraham auparavant, et par conséquent le premier type de pèlerin et d’adorateur aussi ; non pas comme le fils, ressuscité des morts et habitant la terre céleste, mais comme un paria, un pèlerin, forcé contre sa volonté dans le gouvernement de Dieu et par conséquent, le type le plus approprié d’Israël, expulsé de leur propre pays pour cause d’infidélité et passant sous la discipline corrective quoique béni ici-bas, en paix et avec joie à la fin. C’est ce que représente Jacob – aucun n’est plus approprié pour être un tel type, comme nous le découvrirons par le nom même que Dieu lui donne. Isaac appela donc Jacob, le bénit, lui commanda en disant : « Tu ne prendras pas de femme d’entre les filles de Canaan. Lève-toi, va à Paddan-Aram, à la maison de Bethuel, père de ta mère, et prends de là une femme d’entre les filles de Laban, frère de ta mère. Et que le Dieu Tout-Puissant – El Shaddaï – te bénisse, et te fasse fructifier et te multiplier » – V.1-3.

Jacob part donc sur son chemin solitaire pour aller à Paddan-Aram et c’est en chemin qu’il rêve. Il vit se tenir au-dessus d’une échelle, l’Éternel qui se présente à Jacob comme étant le Dieu de ses pères : « Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac ; la terre sur la terre où tu es couché, je te la donnerai, et à ta semence; et ta semence sera comme la poussière de la terre » – V.13-14. Remarquez à nouveau la cohérence de la parole de Dieu. Pas un mot sur les étoiles du ciel. Abraham avait les deux, Isaac avait la partie céleste seulement, et Jacob seulement la partie terrestre. Et il dit « Et voici je suis avec toi; et je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans cette terre-ci, car je ne t’abandonnerai pas jusqu’à ce que j’aie fait ce que je t’ai dit » - V.15. Jacob se réveille, et comme c’est toujours le cas lorsqu’une personne est simplement sous le gouvernement de Dieu sans être fondée sur Sa grâce, il prend peur. La présence de Dieu est plus ou moins un sujet de terreur pour l’âme comme Il l’a d’ailleurs exprimé. « Et il eut peur et dit : Que ce lieu est terrible ! Ce n’est autre chose que la maison de Dieu, et c’est ici la porte des cieux » - V.17.  Beaucoup d’entre nous peuvent être étonnés de penser à une telle conclusion, que la maison de Dieu puisse être associée à la terreur. Il en est toujours ainsi quand le cœur n’est pas établi dans la grâce; et le cœur de Jacob en était loin. Il était l’objet de la grâce sans en être établi. Néanmoins, il n’y a aucun doute sur la grâce de Dieu à son égard, si peu qu’il puisse pour l’instant en apprécier la plénitude.  Jacob se lève alors de bonne heure, prend la pierre qu’il avait utilisé comme chevet et la dresse en stèle appelant le nom du lieu Béthel et faisant un vœu car tout ici est d’une saveur juive : Si Dieu* est avec moi et me garde dans ce chemin où je marche, et qu’Il me donne du pain à manger et un vêtement pour me vêtir » - V.20. Ses exigences n’étaient vraiment pas très grandes, et c’est par nécessité qu’il contracte cet accord – « et que je retourne en paix à la maison de mon père, l’Éternel sera mon Dieu. Et cette pierre que j’ai dressé en stèle sera la maison de Dieu; et de tout ce que tu me donneras, je t’en donnerai la dîme » - V.21-22. Il n’était en aucune manière un homme libéré de lui-même ou de la terre. C’est l’image la plus près d’un homme sous la loi. Il est donc approprié comme image du juif errant par sa propre faute, mais sous le gouvernement de la main puissante de Dieu, et pour son bien, à la fin, par Sa miséricorde ! C’est précisément ce que Jacob lui-même doit expérimenter, comme nous le verrons.

 

*Il n’y a pas de réelle difficulté à comprendre la convenance des différents noms divins dans ces chapitres selon le motif qui les régissent. Ainsi, El-Shaddaï est le nom patriarcal particulier du protecteur garanti; l’Éternel de la relation spéciale pour les bénédictions de l’alliance d’Israël selon la promesse; mais l’Éternel est aussi Dieu-Créateur – Elohim – dans sa propre majesté ou Il ne serait qu’une divinité simplement nationale. Comparez Genèse 17 où c’est justement l’Éternel qui apparaît et se présente comme El-Shaddaï, pourtant immédiatement après avoir eu des entretiens en tant que Dieu-Créateur avec Abram. Voir aussi Genèse 22 :1, 8, 9, 12 et aussi 11, 14, 15 et 16 où la théorie des divers documents est manifestement réfutée. Ésaü, dans Genèse 27, n’a ni alliance, ni nom divin d’aucune sorte.

 

29    Genèse 29

Il continue ainsi son voyage et parmi les enfants de l’Est s’ensuit une scène caractéristique qui n’a pas besoin d’être abordée de manière détaillée – l’introduction providentielle de ses expériences avec Laban et sa famille.

Les expériences sont admirables à leur manière en tant qu’école pour le cœur dans l’âme qui trouve son chemin vers Dieu, mais les expériences s’estompent complètement dans la présence de Dieu. Seul ceci et la grâce qui est connue en Celui qui est mort et ressuscité peuvent donner pleinement soit la fin de l’égo, soit la communion avec Dieu. Des expériences peuvent être nécessaires et saines, mais elles sont principalement saines comme faisant partie de la voie qui nous mène à Lui. Elles disparaissent devant ce que Dieu est pour nous en Christ – je ne parle pas des résultats, mais des processus. Nous le découvrirons avec Jacob. C’est un homme que Dieu a pris manifestement sous son aile. Il nous montre beaucoup de choses extrêmement douces et charmantes. Sans doute a-t-il souvent souffert de la tromperie de Laban, mais n’y avait-il pas, ici, un rappel de la tromperie avec laquelle il avait agi lui-même ? Il est trompé au sujet de sa femme – V.21, trompé sur son salaire, trompé sur tout ; mais comment avait-il traité son père, sans parler de son frère ? La tromperie doit rencontrer la tromperie sous les mains rétributives de Dieu. Ne vous étonnez pas trop de l’histoire de Jacob, mais bénissez de tout votre cœur le Dieu qui se montre soucieux de son serviteur et, après avoir souffert un certain temps, lui donne de prospérer lentement mais sûrement. À son départ, il n’était en aucun cas, un jeune homme. Il avait environ quatre-vingts ans lorsqu’il arriva chez Laban. Là, il recevra, involontairement, deux femmes au lieu d’une. Il ne voulait pas de Léa, il voulait Rachel.

 

30    Genèse 30

Dans sa course à obstacles, comme nous le savons, elles donnèrent leurs servantes comme concubines, qui auront plus d’un enfant et causeront beaucoup de chagrin*. Et malgré Laban, Jacob prospéra et s’acquit un bétail nombreux.

 

*Peut-on douter que cette partie de la Genèse soit typique de ce qui se passe avant et après ? L’amour de Jacob pour Rachel d’abord, pour qui néanmoins il doit attendre et accomplir la semaine attribuée à Léa n’est pas sans rapport évident avec la relation du Seigneur et Israël, d’abord aimé, pour qui entretemps le Gentil méprisé a été remplacé de riches résultats dans Sa grâce. Rachel se souvient enfin de Dieu, qui lui ôte son reproche en lui donnant un fils – Joseph – type de Celui qui est glorifié parmi les Gentils et qui délivre ses frères juifs après avoir souffert à la fois parmi les Juifs et les Gentils. L’histoire de Rachel se termine donc par la mort de la douleur de la mère - son fils Benoni – et de la main droite du père – Benjamin, tout comme le peuple de Dieu finira par le prouver. Je saisis cette opportunité pour faire remarquer la beauté de l’Écriture dans l’utilisation des noms divins dans ces chapitres, la meilleure réponse à la folie superficielle qui les attribue à différents écrivains et documents. Dans le cas de Léa – Ge 29 – qui était haïe par rapport à Rachel, c’est en tant que tel que l’Éternel s’est interposé avec son attention particulière pour celle qui souffre et cela a été exprimé avec le nom de son fils aîné, Ruben – Voici, un fils – et par son second fils, Siméon – Entendu. À la naissance de Lévi – Attachement – elle ne va pas plus loin que l’espoir de voir son mari la joindre, mais l’Éternel est loué lorsqu’elle enfante Juda – Louange. Dans le cas de Rachel – Ge 30 – il n’y a pas d’abord une telle expression de confiance dans l’intérêt compatissant de l’Éternel, mais avec un cœur déçu, elle donne sa servante à Jacob et quand Dan – Juge – est né, elle l’accepte comme le jugement de Dieu, et parle de ses luttes à la naissance de Nephtali – Ma lutte. Léa, suivant son exemple, gagne grâce à Zilpa, deux autres fils, Gad – Bonne Fortune – et Asher – Heureux, mais on ne reconnaît pas un nom divin sous aucune forme. Après cela vient l’incident de l’utilisation des mandragores pour la location du mari quand l’Éternel agit pour Léa avec son pouvoir souverain et elle le reconnaît comme tel quand Issacar – Salaire – naît, et avec la naissance de Zabulon – Habitation, sur la promesse de la demeure de son mari avec elle. Avec ce même pouvoir, l’Éternel se souvient de Rachel qui non seulement avoue que le Dieu Créateur a ôté son opprobre, mais appelle son fils Joseph en disant : « Que l’Éternel m’ajoute un autre fils » - V.24. Ceci est d’autant plus frappant qu’il s’agit d’un exemple de l’utilisation combinée de ces noms illustrant admirablement les deux côtés de la vérité, et inconciliable avec l’hypothèse du double document. Rachel est passée de la pensée de Sa puissance à la reconnaissance de Ses voies avec les siennes propres. Et même Laban – V.39 – est obligé de confesser que Jacob a bénéficié de la bénédiction de Celui qui était en relation spéciale avec lui – l’Éternel.

 

31    Genèse 31

Enfin, lorsque les fils de Laban murmurent et leur père ne regardait plus Jacob comme avant, l’Éternel lui ordonne de retourner au pays de ses pères – V.3. Sa décision est aussitôt prise. Il donne une explication touchante à Rachel et Léa et part secrètement car il n’avait pas une telle confiance en Dieu, avec une conscience pure comme s’il cédait à la peur. La main de Dieu était invisible, mais la puissance et l’honneur de Dieu ne pouvaient pas être trouvés de manière juste dans une telle voie. La grâce leur donnerait un autre jour. Ils seraient justifiés plus tard.  Il s’enfuit donc timidement poursuivi, comme s’il était un voleur, par son beau-père que Dieu, cependant, prend sérieusement en main, venant à lui en songe durant la nuit. L’Araméen – Laban – est averti de prendre garde à ce qu’il dit ou fait à Jacob et est même obligé de le confesser lui-même – V.29. Alors que Jacob lui expose son blâme, Laban ne peut que rechercher l’aide de celui qu’il avait rattrapé dans sa fuite et conclut une alliance avec lui.

 

32    Genèse 32

Après cela, nous trouvons les anges de Dieu qui rencontrent Jacob. « Et Jacob dit, quand il les vit : C’est l’armée de Dieu. » Ils étaient les témoins de la pleine sollicitude providentielle de Dieu; mais aucune intervention de ce genre ne pourra jamais remettre le cœur ou la conscience en ordre avec Dieu. Cela est prouvé immédiatement après. Les messagers que Jacob envoya pour apaiser Ésaü revinrent en lui disant que le redouté chef de Séhir venait à sa rencontre avec quatre cents hommes. L’armée de Dieu n’a alors donné aucun réconfort à Jacob contre l’armée d’Ésaü. Il craint plus que jamais et se met au travail à sa manière. Il fait son plan et ensuite, il fait sa prière, mais après tout cela, il n’est pas à l’aise. Son plan a été conçu avec une habileté considérable ; sa foi était faible et où pouvait-on voir un amour généreux et altruiste pour la famille ? Tout porte le sceau de l’anxiété, de l’habileté et même de stratagème. C’était son caractère naturel car quoiqu’éminemment un homme de Dieu, ce n’est pas encore Dieu qu’il voit devant lui, non plus qu’il ne s’appuie sur Lui mais sur ses propres ressources humaines. Mal à l’aise, Il se place – je regrette de la dire – le dernier ! Ce qu’il appréciait le plus venait en dernier. Jacob n’était pas parmi les premiers ! Ses troupeaux, son bétail et ses chameaux sont passés devant, les femmes et les enfants ensuite, et Jacob en dernier. L’ordre des diverses bandes étaient destiné à servir de brise-lames entre Ésaü, le frère offensé, et Jacob qui tremblait. Mais enfin, quand tout fut pris ou envoyé sur le gué de Jabbok, il en arriva un autre auquel Jacob ne s’attendait pas quand il était seul. Un homme s’est battu avec lui cette nuit-là, jusqu’au lever du jour.

Il est bon de rappeler ce qui a été souvent remarqué à savoir que la lutte de Jacob avec l’homme n’est pas présentée à l’honneur de Jacob car c’était plutôt l’homme, ou Dieu Lui-même, qui luttait avec lui. Dieu avait toujours plus d’un sujet de controverse avec lui, et non sans son humiliation. En bref, Dieu traitait et réduisait la dépendance de Son serviteur sur sa propre force, ses propres machinations et toutes sortes de ressources. Par conséquent, c’est en tant que symbole de cela que ce qui est le signe de la force de l’homme soit touché. Le tendon de la cuisse est luxé. Cependant, la main même qui touchait le siège de la force naturelle communiquait une force d’en haut et Jacob reçoit un nouveau nom. « Ton nom ne sera plus appelé Jacob, mais Israël – Vainqueur – car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes, et tu as prévalu » - V.28.  Jacob demande à Dieu son nom, mais il ne pouvait pas le révéler pour le moment, conformément à Son caractère, Il le garde donc secret. Jacob lutte toute la nuit afin d’être béni. Ce n’était pas une question de communion pacifique, encore moins d’intercession sincère pour les autres. En effet, ce qui ressort le plus est la miséricorde de Dieu, mais dans les ténèbres, là où il ne pouvait pas encore y avoir de communion. Ainsi, rien ne pouvait répondre mieux à l’état de Jacob. Il était sans aucun doute fortifié par Dieu, mais c’était une miséricorde compatissante qui le fortifiait pour profiter d’un abattement nécessaire et permanent de toutes ses propres forces – un amour qui devait l’affaiblir mais tout de même le soutenir.

 

33    Genèse 33

La réunion a lieu dans ce chapitre. Ésaü l’accueille avec toute l’apparence d’une affection généreuse, refusant d’abord les cadeaux offerts, et finit par les accepter. En même temps, Jacob prouve que sa confiance était loin d’être rétablie. Il est inquiet de la présence d’Ésaü, il n’avait pas bonne conscience. Ésaü offre sa protection. Il ne se trouvait rien de plus éloigné du désir de Jacob. Est-ce trop dire que l’excuse n’était pas tout à fait vraie ? Peut-on croire que Jacob avait l’intention de lui rendre visite sur le mont Séhir ? Il est certain que dès qu’Ésaü a le dos tourné, il va ailleurs. « Et Jacob s’en alla à Succoth, et bâtit une maison pour lui, et fit des cabanes pour son bétail ; c’est pourquoi on appela le nom du lieu Succoth – cabanes. Et Jacob arriva en paix* à la ville de Sichem, qui est dans le pays de Canaan, comme il venait de Paddan-Aram ; et il campa en face de la ville. Et il acheta de la main des fils d’Hamor, père de Sichem… la portion du champ où il avait dressé sa tente ; et il dressa là un autel et l’appela El-Elohé-Israël – Dieu, le Dieu d’Israël » – V.17-20. Il me semble donc évident que, malgré les progrès incontestables dans l’âme de Jacob, il était loin de l’état qu’Abraham avait dès le début. Il est toujours en errance – toujours sous le gouvernement correctif. Tout ce qui empêchait la jouissance de la grâce n’était pas encore supprimé.  Il pensait suffisamment à la terre pour quitter la tente des pèlerins et construire une maison ainsi que pour acheter un terrain. Pourquoi le voulait-il ? Il a, sans aucun doute, érigé un autel. Il y a un progrès incontestable, mais il ne va pense pas au-delà de sa connexion avec Dieu. Ce n’était en aucun cas l’hommage de celui qui considérait Dieu selon Sa personne et Sa majesté. L’esprit d’adoration ne peut jamais exister tant que nous ne prenons pas plaisir à Dieu pour ce qu’il est Lui-même, pas simplement pour ce qu’il a été pour vous ou pour moi. Je vous concède qu’il est normal d’apprécier ce qu’il a fait pour nous, mais c’est plutôt la préparation du culte ou tout au plus le culte sous sa forme la plus élémentaire. C’est davantage une action de grâces qu’une adoration appropriée, et en fait, une limite en réduisant l’appréciation de Dieu à nos propres circonstances. J’admets pleinement que la grâce de Dieu répond à nos besoins, mais alors il s’agit de nous élever au-dessus d’eux et de leur sens, afin que nous puissions jouir librement et pleinement de ce qu’est Dieu, et non pas simplement apprécier ce qu’il a fait pour nous. Jacob n’avait pas encore atteint cela ; Il ne peut dire que « Dieu, le Dieu d’Israël ». Sichem n’est pas Béthel.

 

*Comparer Genèse 28 :21; 34 :21.

 

34    Genèse 34

La conclusion de l’état de Jacob d’alors semble être confirmée par ce chapitre. Bientôt, l’installation dans la ville devint une histoire douloureuse pour Jacob qui l’éprouva par une personne qui lui était proche et chère. Ce fut l’occasion de la honte de sa fille, Dina, ainsi que de la vengeance cruelle et trompeuse de ses frères qui causa des ennuis à Jacob et le rendit de mauvaise odeur pour les habitants du pays, comme Jacob l’a si cruellement avoué.

 

35    Genèse 35

Une fois de plus, Dieu parle à Jacob. « Lève-toi » mais maintenant c’est pour aller « à Bethel, et habite là, et fais-y un autel au Dieu qui t’apparut comme tu t’enfuyais de devant la face d’Ésaü, ton frère ». Ici, il n’est pas accueilli par une armée d’anges, et le mystérieux étranger ne lutte pas dans les ténèbres de la nuit, paralysant la force de la nature en lui et rendant les faibles forts. C’est un appel plus ouvert.

Il est maintenant étrange d’entendre Jacob parler à sa maison et à tous ceux qui sont avec lui : « Ôtez les dieux étrangers qui sont au milieu de vous, et purifiez-vous, et changez vos vêtements » - V.2. Les dieux étrangers ? Oui, ils étaient là et il le savait depuis le début, mais il n’en a jamais ressenti la gravité avant d’être sommé d’aller à Béthel. Sa conscience est maintenant éveillée à ce qui auparavant n’impressionnait pas son esprit. Nous oublions facilement ce que notre cœur ne juge pas comme Dieu le voit, mais comme Il sait réveiller la conscience, de même c’est une chose triste, en revanche, quand un saint oublie ce qui devait être l’objet permanent de son âme, encore plus solennelle quand sa conscience n’est pas sensible à ce qui souille complètement la gloire de Dieu. C’était malheureusement le cas pour Jacob, mais maintenant, la présence de Dieu, non pas le pouvoir providentiel, non plus que ses relations disciplinaires, mais c’est l’appel à Béthel qui amène la lumière dans son âme, et les faux dieux doivent être abandonnés. Jacob souhaite une maisonnée en accord avec un autel à Béthel. « Purifiez-vous et changez vos vêtements; et nous nous lèverons, et nous monterons à Béthel, et je ferai là un autel à Dieu qui m’a répondu au jour de ma détresse, et qui a été avec moi dans le chemin où j’ai marché » - v2-3. Qu’y a-t-il, que nous puissions imaginer, de plus merveilleux dans les voies de Dieu que sa patiente fidélité ? Maintenant, Jacob est conscient de sa responsabilité envers Dieu. « Et ils donnèrent à Jacob tous les dieux étrangers qui étaient dans leurs mains, et les anneaux qui étaient à leurs oreilles, et Jacob les cacha sous le térébinthe qui était près de Sichem. Et ils partirent » - V.4-5.

Était-ce maintenant une fuite ? « Et la frayeur de Dieu fut sur les villes qui les entouraient, et on ne poursuivit pas les fils de Jacob » - V.5. Tout était changé à partir de ce point. « Et Jacob vint à Luz (c’est Béthel), qui est dans le pays de Canaan, lui et tout le peuple qui était avec lui; et il bâtit là un autel, et il appela le lieu El-Bethel (Dieu de la Maison de Dieu) » - V.6-7. Là, Débora, la nourrice de Rébecca, mourut et fut enterrée. Sur ce, Dieu apparaît de nouveau et tandis qu’Il répète le nom d’Israël au lieu de Jacob, Il se révèle comme étant le Dieu Tout-Puissant, El-Shaddaï. « Et Dieu lui dit : Ton nom est Jacob; ton nom ne sera plus appelé Jacob, mais Israël sera ton nom. Et il appela son nom Israël* » - effaçant en un sens toute l’histoire du jour quand ce nom lui a été attribué pour la première fois. C’est une réflexion douloureuse pour le cœur lorsque le temps passé est, pour ainsi dire, du temps perdu. Ce n’est pas que Dieu ne puisse l’utiliser lorsque la grâce est à l’œuvre, mais il y a des reproches mérités, comme nous le savons très bien.

 

*Dr. Davidson (Introduction OT, pp. 65-66), dans ses arguments contre l’unité de la paternité par rapport aux diversités, de la confusion et des contradictions, allègue ceci : « De la même manière, le nom de Jacob a été changé en Israël quand il a lutté avec un être surnaturel, étant sous forme humaine, toute la nuit avant de rencontrer son frère Ésaü, à son retour de Mésopotamie (Ge 32 :28); lors que selon Ge 35 :10 il a reçu le nom à une autre occasion à Béthel, et non à Peniel, comme le dit le premier passage. C’est un simple subterfuge d’affirmer que, parce qu’aucune raison n’est attribuée au changement de nom dans 35 :10, il ne s’agit que d’une confirmation solennelle de ce qui avait déjà été fait. Une raison du changement n’accompagne pas nécessairement son rapport. Les mots sont explicites : « Et Dieu lui dit : Ton nom est Jacob; ton nom ne sera plus appelé Jacob, mais Israël sera ton nom ». Si son nom était Israël auparavant, les mots affirment nettement le contraire. Les passages sont d’un Élohistique Junior, et respectivement Élohistique. Un exemple similaire se trouve dans le cas de Béthel, auparavant Luz, qui av ait été ainsi nommé par Jacob au cours de son voyage vers la Mésopotamie – Ge 28 :19; 30 :13, mais selon Ge 35 :15, sur le chemin du retour. Des noms identiques d’endroits ne sont pas imposés deux fois ». Il est évident que l’approche rationaliste de l’Écriture, non comme croyant ou disciple, mais comme juge rend sa critique captivante et irrévérencieuse. Rien n’empêche la répétition des noms à des personnes ou à des lieux. Que ceux qui sont affectés par de tels petits caprices pèsent deux fois que notre Seigneur a donné à Simon le nom de Pierre – Jean 1 :42, Matt 16 :18, et la deuxième fois avec encore plus d’emphase que la première. C’est d’autant plus absurde dans le cas de Jacob changé en Israël puis confirmé parce que le plaidoyer habituel de l’Éternel et du Dieu Créateur ne s’applique pas ici. Dans les deux cas, c’est le Dieu Créateur d’où la nécessité d’inventer un élohiste junior afin de maintenir leur illusion. Encore une fois, le premier verset de Genèse 35 fournit la preuve la plus directe et concluante que des noms de lieux identiques peuvent être imposés deux fois car Dieu est représenté, à cette deuxième occasion, comme demandant à Jacob de monter à Béthel (et non à Luz) avant d’appeler la place pour la deuxième fois Béthel. Quelle est la valeur du refus du Dr D. de ce qu’affirme clairement l’Écriture ?

 

Non seulement Jacob reçoit à nouveau son nouveau nom, mais Dieu n’enveloppe plus son nom de secret. Maintenant, Jacob n’a plus à demander « Quel est ton nom? » pas plus que celui qui a lutté une fois n’a dû lui demander pourquoi il le demandait. Il n’était pas alors en état de profiter de ce nom, il n’était pas non plus cohérent à l’honneur de Dieu qu’Il le fasse savoir. Maintenant, Dieu peut se révéler à son serviteur, en disant : « Je suis le Dieu Tout-Puissant -El-Shaddaï- fructifie et multiplie; une nation et une multitude de nations proviendra de toi; et des rois sortiront de tes reins. Et le pays que j’ai donné à Abraham et à Isaac, je te le donnerai et je le donnerai à ta semence après toi » - V11-12. En une occasion similaire, il est dit de Jacob, et ce n’est pas différent de ce qui a été dit à Abraham – d’un grand honneur pour quelqu’un après une telle expérience – que « Et Dieu monta d’auprès de lui, dans le lieu où il avait parlé avec lui ». Si c’était un moment glorieux dans l’histoire d’Abraham, il était particulièrement gracieux dans les voies de Dieu avec Jacob. « Et Jacob érigea une stèle au lieu où il avait parlé avec lui, une stèle de pierre, et il répandit dessus une libation, et y versa de l’huile. Et Jacob appela le nom du lieu où Dieu avait parlé avec lui Béthel » - V.13-15. Vient ensuite le décès de Rachel à un moment de grand intérêt déjà remarqué, la naissance de son deuxième fils et son enterrement près de Bethléem. Et pendant ce voyage, le vieux père a une nouvelle tristesse et une nouvelle honte avec le péché immonde de son premier-né.

Puis suit la généalogie des fils de Jacob et un dernier regard sur Isaac à Hébron où il meurt à l’âge de 180 ans et il fut enterré par ses fils Ésaü et Jacob.

 

36    Genèse 36

Voici une autre généalogie, et introduit à cet endroit de manière significative. L’Édomite interrompt le fil de la lignée des relations de Dieu. Nous discernons tout de suite quelle remarquable maturité il s’y trouvait. Il en est toujours ainsi – d’abord ce qui est naturel, ensuite ce qui est spirituel. Même alors, nous trouvons un développement rapide de la puissance de la famille d’Ésaü. Ils étaient tous formidables, bien sûr, chef un tel, et encore chef untel, jusqu’à la fin du chapitre – même les rois, comme on nous le dit, régnaient avant qu’il n’y en ait eu en Israël. Je n’ai aucun doute que cela nous est donné comme un élément important pour marquer la rapidité avec laquelle ce qui n’est pas de Dieu surgit. La croissance, selon Dieu, est plus lente mais elle est alors permanente.

 

37    Genèse 37

Ce chapitre nous présente une nouvelle gamme d’événements tout à fait différente – le récit très attrayant de Joseph. Ce n’est plus un fugitif du pays sous la main juste de Dieu, mais un être souffrant qui sera élevé en temps voulu. Ce sont les deux grandes lignes de l’histoire de Joseph – un type, une image, de Christ davantage que d’habitude, en ce sens qu’il a brillé au-dessus de tous ses semblables par l’intégrité d’un cœur immaculé sous les nombreuses épreuves. Il n’y a pas de patriarche sur lequel l’Esprit de Dieu habite avec plus de plaisir; et parmi ceux qui ont précédé le Christ notre Seigneur, on peut se demander s’il y en ait eu un autre qui ait tant souffert. Et sa souffrance n’était pas non plus que simplement extérieure; il souffrait tout aussi profondément de la part de ses frères. Partout où il a vécu, en Palestine ou en Égypte, il a souffert, et cela avec une grâce étonnante, toujours plus élevée moralement lorsqu’il était la cible des plus viles reproches. Il avait une véritable compréhension, et la connaissance du saint est la compréhension. Tel était le grand trait caractéristique de Joseph. Ainsi, nous trouvons que cela le place, tout d’abord, en butte avec la maison de son père. Jacob le percevait en effet très différemment. Il était impossible à celui qui valorisait la sainteté d’apporter un bon rapport de ses frères, mais son père l’aimait et, quand ses frères ont vu à quel point leur père l’estimait, ils pouvaient d’autant moins endurer Joseph. « Ils le haïssaient et ne pouvaient lui parler paisiblement » - V.4. La sagesse suit la fidélité – et je crois qu’il en est toujours ainsi en règle générale – est donnée et exercée dans les communications de Dieu car s’Il forme un cœur pour Lui, il donne aussi la provision dont Il a besoin. Il s’occupe des rêves de Joseph qui montrent les desseins gracieux qu’il préparait pour lui. Ce sont d’abord les gerbes qui se ploient et il raconte tout à ses frères avec la plus grande simplicité de cœur; car il ne pensait jamais à lui-même et pouvait donc parler avec candeur. Cependant, c’est avec une aversion instinctive et une jalousie de ce qui glorifiait leur frère qu’ils ne manquèrent pas de faire l’application détestée de ses rêves. Même le père est éprouvé, quoiqu’il l’aimât, car Joseph a un autre rêve dans lequel le soleil et la lune, ainsi que onze étoiles se prosternent devant lui. Jacob compris ce qu’il racontait.

L’histoire continue : Joseph est envoyé pour voir si ses frères vont bien et il les suit jusqu’à Dothan. Là, cette dernière course d’amour fait ressortir leur haine la plus profonde. Ils décident de se débarrasser de lui. Ils n’auront plus ce rêveur. Ruben s’oppose à leur intention meurtrière, mais le résultat est que, sur la proposition de Juda, il est jeté dans la fosse, abandonné pour mourir, mais en est sorti et vendu aux Ismaélites – un type merveilleux d’un plus grand que Joseph. C’était mal de le vendre pour vingt pièces d’argent, mais ce n’était pas toute l’étendue du tort car les mêmes cœurs cruels qui disposaient ainsi d’un frère saint et aimant n’avaient aucun scrupule à infliger la blessure la plus meurtrière à leur vieux père. Le péché contre le frère et le péché contre le père – telle est la triste conclusion de ce chapitre de l’histoire de Joseph.

 

38    Genèse 38

Nous avons ici, encore, une nouvelle interruption dans le récit, mais ne croyez jamais un seul instant que la Parole de Dieu puisse être moins que parfaite. Il est juste que nous voyions quel était le chef de file de cette méchanceté, il est bon que nous sachions quel était le caractère et la conduite de Juda et que nous voyons ensuite l’objet des conseils merveilleux de la part de Dieu. La réponse réside dans le récit honteux de Juda, de ses fils et de sa belle-fille. Pourtant, de cette même lignée est né le Seigneur, avec le nom de Tamar spécifié – Matt 1 :2 – qui indique peut-être l’histoire de l’humiliation la plus douloureuse que nous puissions trouver dans le livre de la Genèse. Mais quelle humiliation n’était-Il pas prêt à supporter, Celui qui possédait sans contredit beaucoup plus d’amour et de gloire que Joseph !

 

39    Genèse 39

Nous voyons maintenant Joseph dans le pays d’Égypte car c’est là que les Ismaélites l’ont vendu. Il est esclave, d’abord dans la maison de Potiphar, chef de la garde. « Et l’Éternel fut avec Joseph; et il était un homme qui faisait tout prospérer, et il était dans la maison de son seigneur, l’Égyptien ». Là encore, il trouve la souffrance; là encore, on le médit et on le méprise de la manière la plus indigne et il est jeté rapidement au cachot. Mais l’Éternel était avec Joseph dans la prison, tout autant que dans la maison de Potiphar. Comme il est dit qu’il était avec Joseph au verset 2, il est dit de même au verset 21. « Et Il étendit sa bonté sur lui, et lui fit trouver grâce aux yeux du chef de la tour… et le chef de la tour ne regardait rien de tout ce qui était en sa main » - V.21-23. Peu importe où il se trouvait puisque l’Éternel était avec lui. Quelle différence cela fait quand Dieu est avec nous – avec cette relation spéciale qui est impliquée dans l’utilisation de « l’Éternel » ici, comme partout. « le chef de la tour ne regardait rien de tout ce qui était en sa main, parce que l’Éternel était avec lui; et ce qu’il faisait, l’Éternel le faisait prospérer » V.23.

 

40    Genèse 40

Mais Dieu travaille pour Joseph et, dans la prison, le met en contact avec le chef des échansons et le chef des panetiers du roi d’Égypte. Eux aussi ont des rêves qu’ils racontent. Joseph les écoute volontiers et les interprète selon la sagesse que Dieu lui a donné. Son interprétation est bientôt vérifiée. Avec la prudence remarquable qui marque son caractère, il avait supplié de ne pas être oublié, mais, pour encore un peu de temps, « son âme entra dans les fers » - Ps 105 :18. La Parole de l’Éternel le mit à l’épreuve. Dieu peut travailler à Sa manière. Si le chef des échansons, quand il fut prospère, oublia Joseph, Dieu lui, ne l’a pas oublié.

 

41    Genèse 41

C’est maintenant au tour de Pharaon de rêver, mais il n’a trouvé personne pour interpréter le songe. C’était deux ans après la restauration de l’échanson, une longue attente particulièrement quand on est dans un donjon, mais le serviteur du Pharaon se rappelle ses fautes et les avoue en parlant à son maître du jeune hébreu de la prison, serviteur du chef des gardes, qui avait si justement interprété son rêve.

« Et le pharaon envoya, et appela Joseph; et on le fit accourir de la fosse » - V14. Et on le présenta dûment au roi. Son interprétation emportait avec elle sa propre lumière et ses propres preuves; et Pharaon reconnut la sagesse de Dieu non seulement en cela mais également dans le conseil que Joseph a donné. Quel homme plus sage que Joseph pouvait prendre en main le cas critique de l’Égypte, pour en gérer les ressources pendants les sept années d’abondance, et pour administrer les réserves pendant les sept années de famine qui, assurément, suivraient ? Ainsi le roi sentit tout de suite, et ses serviteurs aussi malgré la jalousie habituelle d’une cour. Joseph était l’homme de la situation et il pourrait réaliser ce qu’il avait vu d’avance de Dieu. Il devient en conséquence, le dirigeant, après Pharaon de tout le pays d’Égypte.

« Et le Pharaon dit à Joseph : Vois, je t’ai établi sur tout le pays d’Égypte. Et le Pharaon ôta son anneau de sa main, et le mit à la main de Joseph, et il le revêtit de vêtements de byssus*, et mit un collier d’or à son cou; et il le fit monter sur le second char qui était à lui; et on criait devant lui : Abrec** ! Et il l’établit sur tout le pays d’Égypte. Et Pharaon dit à Joseph : Moi, je suis le Pharaon : sans toi nul ne lèvera la main ni le pied dans tout le pays d’Égypte. Et Pharaon changea le nom de Joseph pour Tsapnath-Pahnéakh***, et il lui donna pour femme Asnath, fille de Poti-Phéra, sacrificateur d’On. Et Joseph parcourut le pays d’Égypte. Et Joseph était âgé de trente ans lorsqu’il se tint devant le Pharaon, le roi d’Égypte; et Joseph sortit de devant le Pharaon, et passa sur tout le pays d’Égypte » - V.41-46.

 

*fin coton

** Qu’on s’agenouille

***Révélateur de secrets d’après l’égyptien, sauveur du monde ou soutien de la vie.

 

« Et la terre rapporta à pleines mains pendant les sept années d’abondance. Et Joseph rassembla tous les vivres des sept années qui furent dans le pays d’Égypte, et mit les vivres dans les villes; il mit dans chaque ville les vivres provenant des champs qui étaient autour d’elle. Et Joseph amassa du blé, comme le sable de la mer, une immense quantité, jusqu’à ce qu’on cessât de compter, parce qu’il était sans nombre. Et avant que vint l’année de la famine, il naquit à Joseph deux fils qu’Asnath, fille de Poti-Phéra, sacrificateur d’On, lui enfanta. Et Joseph appela nom du premier-né Manassé* ; car Dieu m’a fait oublier toute ma peine, et toute la maison de mon père. Et il appela le nom du second Éphraïm**; car Dieu m’a fait fructifier dans le pays de mon affliction. » - V. 47-52.

*Oubli

** Double Fertilité

 

« Et les sept années de l’abondance qui avait été dans le pays d’Égypte finirent ; et les sept années de la famine commencèrent à venir, comme Joseph avait dit. Et il y eut famine dans tous les pays ; mais dans tout le pays d’Égypte il y avait du pain. Et tout le pays d’Égypte eut faim, et le peuple cria au Pharaon pour du pain ; et le Pharaon dit à tous les Égyptiens : Allez à Joseph ; faites ce qu’il vous dira. Et la famine était sur toute la face de la terre*; et Joseph ouvrit tous les lieux de dépôt, et vendit du blé aux Égyptiens ; et la famine sévissait dans le pays d’Égypte. Et de toute la terre on venait en Égypte, vers Joseph, pour acheter du blé ; car la famine sévissait sur toute la terre » - V.53-57.

 

*Du pays

 

42    Genèse 42

Puis vient une autre œuvre merveilleuse de Dieu. Les gerbes ne s’étaient pas encore levées et ne s’étaient pas inclinées; le soleil, la lune et les étoiles n’avaient pas encore rendu hommage; mais tout devait suivre peu de temps après. La famine pesait sur le pays où Jacob séjournait tandis que Joseph était en Égypte avec une nouvelle famille, les enfants de l’épouse qui lui avait été donnée par le roi, correspondant évidemment à la place du Christ chassé par Israël, vendu aux Gentils, mais exalté et glorifié dans un lieu tout à fait nouveaux, où lui aussi peut dire pendant son rejet sa séparation d’Israël : « Voici, moi et les enfants que l’Éternel m’a donnés » - Esaïe 8 :18. Il n’y a rien de plus transparent que l’application du type. 

Il y a plus dans le type que ce que nous venons de voir. Les frères qui sont restés avec Israël n’ont pas encore été jugés et la pression de la famine est sur eux. Il en est ainsi maintenant avec Israël – une famine en effet, et dans le sens le plus profond. Dix des frères sont descendus acheter du blé en Égypte, et c’est là que Dieu œuvre à merveille par Joseph. Il reconnaît ses frères. Son cœur tend vers eux alors qu’ils ignorent complètement qui était celui qui jouissait de la gloire de l’Égypte. Le résultat est que Joseph se met à rechercher d’une manière très solennel l’état des cœurs et de la conscience de ses frères. C’est exactement ce que le Seigneur, de Sa gloire, fera bientôt avec ses frères juifs. Il est maintenant à l’extérieur, dans une position nouvelle qu’ils ne recherchent pas, ils ne le reconnaissent pas. Mais lui aussi fera peser sur eux la pincée de la famine. Et, en conséquence, il travaillera aussi dans leur cœur afin qu’il leur soit fait justement reconnu en temps voulu.

Ainsi, nous trouvons d’abord que l’un des frères est pris, Siméon; et la charge est donnée de faire descendre Benjamin. En fait, il ne peut y avoir ni restauration ni réconciliation ou soulagement, et pas de délivrance pour Israël tant que Joseph et Benjamin ne sont pas réunis. Celui qui avait été séparé de ses frères et qui était maintenant dans la gloire se devait d’avoir le fils de la main droite de son père. C’est Christ rejeté mais exalté dans les cieux et prenant aussi le caractère de l’homme de puissance pour traiter avec la terre. Telle est la signification des types combinés des fils de Jacob, Joseph et Benjamin. Le Christ n’a encore rien à voir avec ce dernier; il répond admirablement au type de Joseph, mais pas encore à celui de Benjamin. Tant qu’il remplit simplement le type de Joseph, ses frères ne le reconnaissent nullement. Par conséquent, c’est devenu la grande question à savoir comment faire descendre Benjamin – comment le mettre en relation avec Joseph. Mais en vérité, il y avait une autre nécessité morale à laquelle il fallait répondre : comment remettre en ordre leurs cœurs et leurs consciences. Cette partie de ce merveilleux récit est typique des relations du Seigneur Jésus, longtemps coupées et exaltées dans une autre sphère, d’abord avec le résidu, puis avec toute la maison d’Israël. Il y a plusieurs portions. Nous voyons Ruben et Siméon, puis d’autres s’avancent – Juda plus particulièrement à la fin, et Benjamin.

 

43    Genèse 43

La famine est toujours pressante et Jacob, cruellement contre son gré, est obligé de se séparer de Benjamin et c’est ici que nous trouvons des affections totalement inconnues auparavant chez les frères de Joseph. Nous aurions pu les croire incapables de quoi que ce soit de bon, et il est très évident que leurs cœurs étaient maintenant sous une puissante pression qui les forçaient à nouveau, en autant bien sûr, où le type est concerné. Nous voyons plus particulièrement comment ceux-là mêmes qui ont failli si honteusement sont maintenant clairement placé en communion avec l’esprit de Dieu au sujet de leurs voies. Ruben est sensible, rappelle la vérité pour autant qu’il la savait sur Joseph et montre des sentiments justes envers son père. Pourtant, nous savons ce qu’il avait été. C’est encore plus frappant chez Juda qui connaissait clairement des recherches du cœur encore plus profondes, et en particulier aussi sur la voie des affections justes à la fois pour son père et son frère. Il est clair que ces points étaient précisément ce qui leur avaient fait défaut auparavant. Ils devaient, maintenant, être corrigés divinement et donc, ils l’étaient.

 

44    Genèse 44

Le problème de tout ceci est que Juda et ses frères retournent à la maison de Joseph. Juda parle. Ici, en effet, nous voyons un plaidoyer des plus sincères et rempli d’affection touchante. « Mon seigneur, je te prie, que ton serviteur dise un mot aux oreilles de mon seigneur, et que ta colère ne s’enflamme pas contre ton serviteur; car tu es comme Pharaon. Mon seigneur a interrogé ses serviteurs, en disant : Avez-vous un père ou un frère ? » - V.18-19. Voilà évidemment un cœur qui a été redressé exactement à l’endroit où se trouve le péché. « Et nous dîmes à mon seigneur : nous avons un père âgé ». Ah ! il n’y avait plus de lacération dans son cœur maintenant ! « Et un enfant de sa vieillesse, encore jeune ». Combien peu y avaient-ils pensé autrefois. « Et son frère est mort, et il reste seul de sa mère, et son père l’aime » - V.20. Ne sentons-nous pas, maintenant, à quel point les cœurs de ses frères étaient loin de haïr Joseph à cause de l’amour de Jacob pour lui ! « Et tu as dit à tes serviteurs : Faites-le descendre vers moi, afin que je le voie de mes yeux. Et nous avons dit à mon seigneur : Le jeune homme ne peut quitter son père ; s’il le quitte, son père mourra. Et tu dis à tes serviteurs : Si votre jeune frère ne descend pas avec vous, vous ne reverrez pas ma face. Et il est arrivé, quand nous sommes montés vers ton serviteur, mon père, que nous lui avons rapporté les paroles de mon seigneur. Et notre père dit : Retournez, achetez-nous un peu de vivre; mais nous dimes : nous ne pouvons descendre. Si notre jeune frère est avec nous, alors nous descendrons ; car nous ne pouvons voir la face de cet homme, si notre jeune frère n’est plus avec nous. Et ton serviteur, mon père, nous dit : Vous savez que ma femme m’a enfanté deux fils; et l’un s’en est allé d’avec moi, et j’ai dit : Certainement il a été déchiré; et je ne l’ai pas revu jusqu’à présent. Et si vous prenez aussi celui-ci de devant moi, et qu’un accident lui arrive, vous ferez descendre mes cheveux blancs avec tristesse au Schéol. Et maintenant, si je viens vers ton serviteur, mon père, et que le jeune homme à l’âme duquel son âme est étroitement liée ne soit pas avec nous, il arrivera qu’il mourra en voyant que le jeune homme n’y est pas; et tes serviteurs feront descendre les cheveux blancs de ton serviteur, notre père, avec douleur au Schéol. Car ton serviteur a répondu du jeune homme auprès de mon père, en disant : Si je ne te le ramène, je serai coupable envers mon père tous mes jours. Et maintenant, que ton serviteur, je te prie, reste serviteur de mon seigneur à la place du jeune homme, et le jeune homme montera avec ses frères; car comment monterai-je vers mon père, si le jeune homme n’est pas avec moi ? – de peur que je ne voie le malheur qui atteindrait mon père ! » - V.21-34. La restauration morale était complète.

 

45    Genèse 45

Suit, maintenant, le dévoilement de l’étranger typique, l’homme glorifié, à ses frères qui jusque là l’ignoraient totalement. « Et Joseph ne put plus se contenir devant tous ceux qui se tenaient près de lui, et il cria : Faites sortir tout le monde d’auprès de moi. Et personne ne se tint près de Joseph quand il se fit connaître à ses frères. Et il laissa éclater sa voix en pleurs, et les Égyptiens l’entendirent et la maison du Pharaon l’entendit. Et Joseph dit à ses frères : Je suis Joseph. Mon père vit-il encore ? Et ses frères ne pouvaient lui répondre, car ils étaient troublés devant lui.  Et Joseph dit à ses frères : Approchez-vous de moi. Et ils s’approchèrent. Et il dit : Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour l’Égypte. Et maintenant, ne soyez pas attristés et ne voyez pas d’un œil chagrin que vous m’avez vendu ici, car c’est pour la conservation de la vie que Dieu m’a envoyé devant vous. Car voici deux ans que la famine est dans le pays, et il y a encore cinq ans, pendant lesquels il n’y aura ni labour, ni moisson. Et Dieu m’a envoyé devant vous pour vous conserver de reste sur la terre, et pour vous conserver la vie par une grande délivrance. Et maintenant, ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais c’est Dieu; et il m’a établi père du Pharaon, et seigneur de toute sa maison, et gouverneur sur tout le pays d’Égypte. Hâtez-vous, et montez vers mon père » - V.1-9. Et ils le font. Benjamin est alors embrassé par Joseph; et maintenant, il n’y a plus de retenu à l’accomplissement du dessein de Dieu pour la restauration d’Israël – pour cette bénédiction complète où la réalité se trouve sous Christ et à la nouvelle alliance.

 

46    Genèse 46

Jacob descend enfin, et sur son chemin Dieu lui parle « dans les visions de la nuit, et Il dit : Jacob ! Jacob ! Et il dit : Me voici. Et Il dit : Moi, Je suis Dieu, le Dieu de ton père; ne crains pas de descendre en Égypte car je t’y ferai devenir une grande nation. Moi, je descendrai avec toi en Égypte, et moi je t’en ferai certainement aussi remonter; et Joseph mettra sa main sur tes yeux » – V. 2-4. Après les généalogies du chapitre*, nous voyons la rencontre de Jacob et Joseph.

 

*Il est bon d’observer dans cette généalogie et d’autres encore qui sont peu souvent la cible d’infidèles que les différences de formes entre la Genèse, les Nombres et les Chroniques sont dues au motif de leur introduction dans chaque cas particulier; que les difficultés surgissent clairement du style et en aucune manière ne sont une erreur de l’écrivain. En fait, certains lecteurs comprennent mal à cause de leur ignorance et que la preuve la plus forte de leur vérité et de leur caractère inspiré se trouve autant dans la différence que les difficultés car rien n’aurait été plus facile que d’avoir assimilé leurs diverses formes et d’éliminer ce qui semble étrange aux oreilles occidentales.

Ce dénombrement énumère 32 descendants de Léa, 16 de Zilpa, 14 de Rachel et 7 de Bilha = 69. Mais la tête est également comptée avec sa maison et nous voyons donc, avec la plus grande liste des enfants de Léa, que Jacob est compté – V.8, ce qui est confirmé par le fait que 33 descendants sont attribués à Léa alors que 32 sont littéralement nommés, en tenant compte de Dina, et en excluant Er et Onan qui sont morts en Canaan, comme on nous le dit expressément. Les objecteurs n’ont pas tenu compte de la particularité de la mention de Hetsron et Hamul au verset 12. Il est simplement dit – et dit seulement dans leur cas – que les fils de Pérets « furent » Hetsron et Hamul, non qu’ils étaient nés en Canaan, où étaient morts ceux dont ils étaient les remplaçants; ensuite, que l’hébreu du verset 26 ne va pas jusqu’à dire, avec la version autorisée, « sont venus avec Jacob en Égypte », mais que Léa les enfanta à Jacob. Il faut garder à l’esprit qu’il n’y a pas de raison scripturaire d’interpréter « à ce moment-là » comme un moment isolé mais plutôt une période générale, consistant comme ici en un certain nombre d’événements. Le dernier, et non le premier pourrait se synchroniser avec l’événement enregistré juste avant. Il semble clair qu’Étienne – Actes 7 :14 – cite la Septante où le nombre de 76 est donné puisque la version grecque ajoute cinq fils et petits-fils de Manassé et d’Éphraïm**. N’est-il pas monstrueux pour un homme professant le christianisme et dans la position d’évêque, de surcroît, de négliger des éléments si nécessaires à un jugement de la question et de déclarer le récit biblique comme étant « certainement incroyable », principalement en supposant que les fils de Pérets sont nés en Canaan, ce qui n’est affirmé nulle part mais qu’on voit plutôt de la place pour l’interférence qu’il n’en était pas ainsi vu la forme exceptionnelle de Genèse 46 :12 ? Pourtant, après avoir cité ce verset, on nous dit : « Il me paraît certain (!) que l’écrivain veut dire ici que Hetsron et Hamul sont nés au pays de Canaan ». Le scepticisme est-il seulement aussi certain que ses propres rêves sont vrais et que l’Écriture est fausse ? Il y avait un motif naturel et important pour sélectionner deux petits-fils de Juda bien qu’aucun autre arrière-petit-fils de Jacob ne soit mentionné dans la liste. Ils n’étaient que substitutionnels, comme l’implique le verset même dans lequel ils sont mentionnés. C’était également d’un intérêt plus profond car l’un d’eux – Hetsron – se trouve dans la ligne directe du Messie, ce qui était, comme il me semble, l’une des principales raisons pour introduire les détails de l’histoire de Juda et sa honte dans Genèse 38. Il est vain de citer Nombres 3 :17 pour mettre de côté la force particulière de l’allusion aux fils de Pérets dans Genèse 46 :12 avec laquelle il n’y a pas d’analogie réelle.

**NdT Manassé et Éphraïm étant nés en Égypte et ne l’ayant jamais quitté ne sont évidemment pas venus avec Jacob dans ce pays, ni leurs enfants. Ils n’ont été inclus dans la Septante que parce qu’ils sont descendants de Jacob.

 

47    Genèse 47

De plus, quelques-uns des frères de Joseph sont présentés à Pharaon. Joseph lui présente également Jacob, et ce dernier bénit le Pharaon. Spirituellement, c’était une belle vue – d’autant plus qu’inconsciemment, sans une pensée précise, je présume, de sa part – que « le moindre est béni par celui qui est plus excellent » - Hébreux 7 :7. Mais il en est ainsi. Un pauvre pèlerin bénit le monarque du royaume le plus puissant de cette époque, mais le plus grand de la terre est petit en comparaison du bienheureux de Dieu. Jacob n’est plus simplement béni, mais est un bénisseur. Il connaît Dieu assez bien pour être assuré que rien de ce que possède Pharaon ne peut vraiment l’enrichir et que Jacob pouvait compter sur Dieu pour lui donner et même aussi pour Pharaon.

 

48    Genèse 48

La nouvelle de la maladie de Jacob amène Joseph et ses deux fils au chevet du patriarche. La scène finale de Jacob approche et je ne connais guère de chose plus touchante dans la Bible. C’est une restauration morale complète. Non seulement nous voyons ce qui la caractérise bientôt pour Israël, mais la propre âme de Jacob est comme elle ne l’a jamais été auparavant. Il n’y a pas de moment aussi brillant dans sa vie passée que dans les circonstances de son lit de mort. Je vous accorde qu’il doit en être ainsi pour un croyant, comme cela est en réalité, quand l’âme se repose simplement sur le Seigneur. Mais quoi que nous puissions voir dans certains cas, et craindre dans d’autres, dans celui de Jacob, la lumière de la présence de Dieu était évidente. Il est frappant que ce fût la seule occasion où l’éclat de la vision de Joseph n’était pas aussi apparent. Toute chair est comme l’herbe. Le croyant est exposé à tout mal lorsqu’il cesse d’être dépendant ou cède à ses propres pensées qui ne sont pas de la foi. Jésus est le seul « témoin fidèle ». On peut trouver un échec chez le serviteur le plus béni de Dieu. D’ailleurs, c’est ce que l’Écriture enseigne. Joseph, ignorant le dessein de Dieu au sujet de ses fils, laisse ses désirs naturels le gouverner, place l’aîné à la droite de son père mourant et le plus jeune à sa gauche. C’est ainsi que Joseph l’aurait voulu, mais pas Jacob. Sa vue était voilée par l’âge, mais après tout, il était plus clairvoyant que Joseph. Il n’y a jamais eu un homme qui ait pu voir plus brillamment que Joseph; mais Jacob, mourant, voit l’avenir avec un regard plus ferme et plus complet que le plus célèbre interprète de rêves et de visions depuis le commencement du monde.

Quelles pensées et quels sentiments ont dû se précipiter dans le cœur du vieil homme alors qu’il regardait vers ses propres débuts ! N’a-t-il pas pu discerner alors avec quelle facilité Dieu aurait pu croiser les mains de son père Isaac contre sa propre volonté ? Certes, Dieu aurait infailliblement maintenu Sa propre vérité et, comme il avait promis la meilleure bénédiction à Jacob, et non à Ésaü, malgré ce dernier et les fruits de son succès à la chasse, il aurait prouvé que ce n’était pas que la volonté d’Isaac ou la chasse d’Ésaü qui primait. Tout tourne autour de Dieu qui fait miséricorde et tient parole.

À cette occasion, donc, Jacob prononce la bénédiction – la bénédiction supérieure – pour le plus jeune des deux garçons ; et ceci en des termes qu’on peut affirmer avec assurance être d’égale valeur dans une si extraordinaire conjoncture – en des termes que seul l’Esprit de Dieu n’aurait pu permettre à n’importe quelle bouche de prononcer.

 

49    Genèse 49

Nous trouvons ici la bénédiction prophétique générale des fils de Jacob. Ici, on peut transmettre sa portée sans cesser d’être bref. Comme les bénédictions font allusion à l’histoire des douze chefs de la nation, nous trouvons naturellement l’avenir qui attend les tribus d’Israël. Comme c’est une question de connaissance assez largement répandue parmi les chrétiens, il n’y a pas besoin d’en parler beaucoup.

Ruben est le point de départ et malheureusement, comme c’est toujours le cas avec l’homme, la corruption. C’était le premier trait de faute dans la créature. Le second n’est pas meilleur – plutôt pire à certains égards – la violence. Siméon et Lévi étaient aussi remarquables pour ce dernier que Ruben pour le premier – c’était une vision douloureuse pour le cœur de Jacob que de sentir que non seulement cela avait été mais allait se reproduire car il savait, sans aucun doute, comme il le dit, que ce qu’il annonçait alors ne manquerait pas d’arriver au peuple « à la fin des jours ». Savoir cela n’a pas empêché ses débuts avec l’histoire d’Israël durant ses propres jours. La corruption et la violence, comme elles avaient été les deux caractéristiques fatales de ses trois fils aînés, marqueraient le peuple au début de leur histoire. Israël sous la loi a enfreint la loi et a toujours quitté l’Éternel pour Baal; pourtant les fils ne seraient pas meilleurs, plutôt pires que le père, mais la grâce de Dieu interférerait pour les générations à venir comme pour leur père Jacob, et le dernier jour brillerait pour eux comme il en était vraiment pour lui.

Puis vient Juda. On pourrait penser que maintenant nous verrions une pleine bénédiction. « Juda est un jeune lion. Tu es monté d’auprès de la proie, mon fils. Il se courbe, il se couche comme un lion, et comme une lionne ; qui le fera lever ? Le sceptre ne se retirera point de Juda, ni un législateur d’entre ses pieds, jusqu’à ce que Shilo vienne, et à lui sera l’obéissance des peuples. Il attache* à la vigne son ânon, et au cep excellent le petit de son ânesse; il lave dans le vin son vêtement, et dans le sang des raisins son manteau. Ses yeux sont rouges de vin, et ses dents blanches de lait » - V. 9-12.

*La vraie difficulté dans 49 :10 n’est pas tant l’application inhabituelle du mot Shilo, ni le zèle doctrinal que le désir de se débarrasser d’une prophétie. L’incrédulité commence d’avance avec la conclusion qu’il n’y a pas et peut y avoir une telle chose. De là vient l’effort pour détruire son seul sens juste et valable. « La déité – dit le Dr. D. Introduction A.T. i.198 – n’a pas jugé bon, pour autant que nous puissions en juger, de communiquer à un homme comme Jacob la préscience d’événements futurs et lointains. S’il l’avait fait, il ne l’aurait pas laissé dans les ténèbres en respectant l’immortalité de l’âme (!) et un état futur de récompenses et de châtiments (!) ne l’aurait pas laissé parler sur son lit de mort, comme un chef arabe, d’aucune bénédiction supérieure à ses fils que le pillage et le meurtre sans la moindre référence à un autre état d’existence, et meilleur, dans lequel il croyait devoir entrer, et par rapport auquel il pourrait conseiller ses fils d’agir continuellement. La vraie manière de traiter la prophétie est simplement de déterminer par des preuves internes l’époque à laquelle elle a été rédigé, sur le seul motif soutenable et philosophique d’avoir été mis dans la bouche du patriarche mourant par un écrivain successeur. Elle a la forme d’une prédiction, mais ça en est une après l’événement… Nous croyons que le temps des paroles prophétiques se trouve sous les rois. Les tribus sont appelées habitant dans les localités qu’elles ont obtenues à l’époque de Josué. L’annonce concernant la prééminence de Juda fait tomber la composition beaucoup plus tard que Josué puisqu’il est représenté comme prenant la direction des tribus en soumettant les nations voisines. Nous expliquons le dixième verset de manière à impliquer que David était roi des tribus et avait humilié leurs ennemis. ». La traduction appropriée selon ce sceptique est :

« Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda, ni le bâton du pouvoir entre ses pieds, jusqu’à ce qu’il vienne à Silo et à lui l’obéissance des peuples soit. »

Mais premièrement, la position dominante de Juda n’était pas avant mais après son arrivée à Silo. Que quiconque, par conséquent, pendant les rois falsifie les événements dans une prétendue prophétie mise sur les lèvres de Jacob mourant, c’est trop pour la crédulité de qui que ce soit d’autre qu’un rationaliste. Deuxièmement, celui qui parle des autres avec autant de mépris que cet écrivain n’aurait pas dû s’exposer à l’accusation d’une ignorance telle que confondre « les peuples » ou les nations avec le peuple ou les tribus d’Israël. Je crois, par conséquent, avec l’autorité la plus large en hébreu, que comme la langue admet que nous prenons Shilo comme sujet et non comme objet, de même le sens dans le contexte exige que nous le rendions « jusqu’à ce que Shilo – c’est-à-dire la paix, ou l’homme de Paix, le Messie – vienne.

Oui, Jacob parle de Silo. Mais Shilo fut d’abord présenté à la responsabilité du juif et, par conséquent, tout semblait s’effondrer, et dans un sens, tout le fut vraiment. « À lui sera l’obéissance des peuples »; et si certainement ce sera, mais ça ne l’est pas encore. Shiloh est venu, mais Israël n’était pas prêt et l’a rejeté. Par conséquent, le rassemblement – ou l’obéissance – des peuples, si sûr soit-il, est encore dans le futur. Le conseil de Dieu semblait avorté, mais il était vraiment établi dans le sang de la croix, dont l’incrédulité juge sa ruine. Il est reporté, mais pas perdu.

 

Zabulon nous donne la prochaine image de l’histoire d’Israël. Maintenant que Shiloh leur aura été présenté et qu’ils l’auront refusé, les juifs trouve leurs consolations dans les relations avec les Gentils. C’est ce qu’ils font maintenant – chercher à se rendre heureux quand, s’ils considèrent leurs propres prophètes, ils doivent soupçonner une erreur fatale quelque part dans leur histoire. Ils ont perdu leur Messie et courtisent le monde. « Zabulon logera sur la côte des mers, et sera sur la côte des navires; et son côté sera près de Sidon

 

La conséquence est que les juifs ploient sous le fardeau, tombant complètement sous l’influence des nations. C’est ce que démontre Issacar – un âne ossu, couché entre deux parcs ».

 

Puis nous arrivons à la crise des douleurs pour le peuple juif. En Dan, nous entendons parler de ce qui est bien plus terrible que les fardeaux infligés par les Gentils, et leur propre soumission, au lieu de s’attacher à leurs propres espérances particulières. Dans le cas de Dan, la puissance de Satan est exposée – V.17. « Dan sera un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, qui mord les talons du cheval, et celui qui le monte tombe à la renverse ». Nous voyons ici l’ennemi dans le serpent qui mord et le désastre qui en résulte pour le cavalier. C’est le moment de la ruine totale parmi les juifs, mais exactement aussi le point de changement pour la bénédiction.

 

C’est alors que nous entendons le cri qui s’élève : « J’ai attendu ton salut, Ô Éternel ! » C’est le changement soudain de l’énergie de Satan vers le cœur qi regarde à l’Éternel Lui-Même.

 

À partir de là, tout est changé. « Gad, une troupe lui tombera dessus ; et lui, il leur tombera sur les talons ». Maintenant, nous avons la victoire du côté d’Israël.

 

Ce n’est pas tout. Il y a aussi l’abondance. « D’Aser viendra le pain excellent et lui, il fournira les délices royales ».

 

Encore une fois, il y aura une liberté inconnue sous la loi – impossible lorsqu’elle est simplement traitée sous la main dirigeante de Dieu à cause de leurs fautes. « Nephtali est une biche lâchée; il profère de belles paroles ». Quelle différence avec celui qui portait comme un âne, deux fardeaux.

 

Mais plus que cela, nous voyons Joseph. Maintenant, nous avons la gloire en relation avec Israël; et enfin le pouvoir sur la terre : Joseph et Benjamin sont maintenant comme ils ont été trouvés ensemble. Ce qui a été réalisé dans les faits de l’histoire se termine enfin par la béatitude – la béatitude prédite – d’Israël.

 

50    Genèse 50

Avec le dernier chapitre, nous avons la conclusion du livre, l’ensevelissement de Jacob, la réapparition de ses fils laissés avec Joseph, et finalement la mort même de Joseph, aussi admirable qu’avait été sa vie. Celui qui se tenait sur les plus hauts sommets du pays, au plus proche du trône, type de Celui qui détiendra le royaume à la gloire de Dieu le Père, ce saint à l’œil simple rend maintenant le souffle de son âme à Dieu. « Par la foi, Joseph en terminant sa vie, fit mention de la sortie des fils d’Israël et donna un ordre touchant ses os » - Hébreux 11 :22. Son cœur est maintenant hors de la scène où il jouissait d’une gloire passagère et au mieux, typique. C’est avec espoir qu’il va de l’avant vers ce qui serait durable et fidèle à la gloire de Dieu, quand Israël devrait se trouver dans la terre d’Emmanuel, et lui-même dans un état encore meilleur, la résurrection. Il avait été exalté en Égypte, mais il a solennellement prêté serment aux fils d’Israël, que lorsque Dieu sûrement les visitera, ils rapporteront ses os là-bas. Il avait servi Dieu en Égypte, mais pour lui, c’était toujours la terre étrangère. Bien qu’il y habitât, y régnât, y eut une famille et qu’il y mourut avec plus d’honneurs que d’années, âgé de cent dix ans, il sent que l’Égypte n’est pas la terre de Dieu et sait qu’il en rachètera son peuple et le ramènera en Canaan. C’était un merveilleux fruit en sa saison : aucun changement de circonstances n’interférerait avec les promesses de Dieu aux pères. Joseph a attendu comme Abraham, Isaac et Jacob. Il ne s’est pas reposé sur les honneurs terrestres de l’Égypte.

Un autre jour, nous pourrons voir comment ce serment a été tenu lorsque Dieu a amené l’accomplissement de la délivrance d’Israël, le type de son accomplissement ultime.